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Primaire de la droite : demandez le programme de Jean-Frédéric Poisson

A deux jours de la primaire de la droite, voici le programme logement de Jean-Frédéric Poisson.

A deux jours de la primaire de la droite, voici le programme logement de Jean-Frédéric Poisson. Extraits choisis d’une interview réalisée pour Explorimmo par Colette Sabarly, Olivier Marin et Franck Thiebaux.

Quel bilan tirez-vous de la politique du logement du Gouvernement actuel et que pensez-vous de la loi ALUR ?

Jean-Frédéric Poisson : Le Gouvernement actuel a considérablement renforcé et de manière uniforme les contraintes pesant sur les communes sans tenir compte des réalités de terrain. Au point que des communes situées dans des parcs naturels régionaux, par nature protégées, loin des bassins d’emplois et des transports, sont tenues de construire pour atteindre l’objectif de 25 % de logements sociaux ou bien de payer de lourdes amendes.
Il faudra impérativement lors du prochain quinquennat revenir sur la loi Alur et ses obligations renforcées en matière SRU. La loi ALUR a également renforcé le déséquilibre qui existe entre locataire et bailleur, ce qui conduit à une hausse des loyers du parc privé. C’est le deuxième point sur lequel il faudra revenir.

Les Français ont des difficultés à se loger et les loyers sont chers. Faut-il poursuivre l’encadrement des loyers mis en place à Paris et prévu dans d’autres agglomérations?

Jean-Frédéric Poisson : Je suis très réservé à l’égard de ces politiques d’encadrement : rôle beaucoup trop important (et pas au juste niveau) de la puissance publique pour des résultats médiocres. Le meilleur moyen de baisser les loyers du parc privé est de restaurer la confiance des bailleurs, en facilitant par exemple, et des deux côtés, les possibilités de rupture du contrat de location. Il faut admettre que des règles trop contraignantes pour les bailleurs se répercutent sur les locataires, notamment en termes de prix. C’est cette logique que je veux renverser.

Que préconisez-vous dans le domaine de la fiscalité immobilière? Le logement est-il trop taxé ?

Jean-Frédéric Poisson : Le logement est un secteur à la fois trop taxé et trop aidé. Le cap que nous devons fixer pour le prochain mandat présidentiel est le suivant : supprimer progressivement tous les dispositifs d’exception (allègements fiscaux), qui rendent le système opaque et baisser la fiscalité pesant sur le secteur. Je pense notamment aux droits de mutation qui sont trop élevés et freinent la mobilité. L’essentiel est ce sur quoi devra s’engager le prochain Président de la République est d’assurer une stabilité fiscale et réglementaire pour au moins 5 ans.

Si vous êtes élu, poursuivrez-vous la politique d’incitation à l’investissement locatif qui existe depuis plus de 30 ans, le dispositif Pinel s’éteignant fin 2017 ?

Jean-Frédéric Poisson : Je suis pour réserver ces dispositifs d’incitation aux zones tendues. Nous devons concentrer l’action de l’État dans ces zones. Pour le reste, je suis favorable à une suppression de ces systèmes d’incitation : le cadre réglementaire et fiscal doit être allégé, stabilisé et le même pour tous.  C’est le cap que je veux fixer.

Faut-il revoir les aides à la pierre ?

Jean-Frédéric Poisson : La politique actuelle d’aide à la pierre est coûteuse et ne correspond pas aux réalités locales et besoins des personnes. Nous devons engager une profonde mutation : passer d’une aide à la pierre à une aide à la personne. Cette réforme suppose de renverser beaucoup d’intérêts et de dispositifs. Mais elle doit être engagée car c’est la seule façon d’avoir un système lisible et efficace. Je souhaite au minimum sa mise à l’étude.

Etes-vous favorable à l’instauration d’un statut du bailleur privé comme le réclame certains syndicats professionnels ?

Jean-Frédéric Poisson : Oui j’y suis favorable. Les bailleurs sociaux ne doivent pas avoir le monopole du Logement. Le rôle de l’État n’est pas de faire à la place des acteurs mais de fixer un cadre et d’assurer l’application des règles.

Si vous êtes élu, quelles sont les premières mesures que vous prendrez dans le domaine du logement ?

Jean-Frédéric Poisson : Je réformerai la loi SRU afin de faire en sorte que les obligations des collectivités locales en matière de logement s’établissent en termes de flux (nouvelles constructions) et non de stock (parc existant).

Comment construire plus, là où sont les besoins, et sans dépenser plus ? Construire 500 000 logements par an est-il un objectif atteignable ?

Jean-Frédéric Poisson : En concentrant les aides uniquement sur les zones tendues ; en réformant la loi SRU (appliquer le taux de 25% de logements sociaux aux nouvelles constructions et non au parc existant) ; en passant d’une logique d’aide à la pierre à une aide à la personne ; en mettant en œuvre la politique de logement au niveau intercommunal et non de l’Etat.

Faut-il régionaliser les politiques du logement ?

Jean-Frédéric Poisson :  Je pense que l’échelon intercommunal est l’échelon pertinent pour mettre en œuvre une politique adaptée et unifiée sur un territoire donné.

Faut-il revoir le processus d’attribution des logements sociaux ?

Jean-Frédéric Poisson : Oui. L’opacité actuelle est source d’injustices, qui minent le lien social. La transparence sur la politique d’attribution doit devenir la norme. Ensuite, nous devons favoriser le roulement dans le parc HLM, en instaurant un contrat de bail à durée déterminée.

 

La loi SRU remplit-elle sa mission ?

Jean-Frédéric Poisson : Ce dispositif est inopérant pour juguler la pénurie de logements tout comme pour lutter contre la ghettoïsation sociale, qui sont pourtant ces objectifs. Nous devons réduire les contraintes et les adapter aux réalités locales : passer d’une logique de stock à une logique de flux. Mais aussi, ne pas réserver au parc HLM le monopole de l’action sociale : l’accession sociale à la propriété doit être la priorité. C’est conforme à l’aspiration profonde des Français, et plus durable.

©Explorimmo


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