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« Donald Trump a monté le son au maximum, et les Américains l’ont compris ! », François Gagnon, président d’Era Europe

Pour François Gagnon, président d’Era Europe, l’arrivée de Donald Trump à la maison blanche est avant tout la victoire d’un homme d’affaires. Entretien avec Ariane Artinian.

De nombreuses analyses ont été posées depuis la victoire de Donald Trump : populiste, candidat anti-système… On a rarement interrogé son élection sous l’angle de ce qu’est le nouveau président: un businessman. Pour François Gagnon, président d’Era Europe, c’est par ce biais qu’il faut aborder la victoire du magnat de l’immobilier.

Demandez à François Gagnon s’il faut avoir peur de l’élection de Donald Trump : son visage se barre d’un franc sourire, et il vous répond avec de grands gestes de la main : « Wrong ! Wrong ! Wrong ! » (C’est faux ! C’est faux ! C’est faux !). C’est l’un des rares mots en anglais qu’emploie le président d’Era Europe, qu’il dirige depuis Orlando (Floride). Parfaitement francophone, François Gagnon pose pourtant une analyse très éloignée des débats français sur l’accession à la présidence américaine de Donald Trump.

« Commencez bien par comprendre que les Français et les Américains perçoivent les choses de manière très différente, commence-t-il. Les Français sont beaucoup plus sensibles ! Si je vous dis ‘Ce n’est pas simple’, vous me comprenez tout de suite. Mais si vous dites à un Américain ‘It’s not simple’, il vous regardera avec de grands yeux… Il faut carrément lui dire ‘It is very, very difficult, c’est vraiment très, très compliqué… C’est ça qu’a fait Donald Trump : il a monté le son au maximum, et les Américains l’ont compris ! »

« Trump est un homme d’affaires… Il négocie avec tout le monde ! »

François Gagnon voit avant tout un homme d’affaires en Donald Trump, et c’est ainsi qu’il analyse les actions du président. « Regardez par exemple le coup de fil qu’il a passé à la présidente taïwannaise, il y a 5 jours [les Etats-Unis n’ont plus de contact diplomatique officiel avec Taïwan depuis quarante ans]. Tout le monde a crié que c’était idiot, qu’il provoquait les Chinois, que c’était irresponsable… C’est faux, c’est très habile ! Il s’en servira pour peser dans la balance ! Lors des prochaines négociations avec la Chine, il pourra dire ‘OK, j’abandonne Taïwan, mais en échange vous me donnez ceci, ou cela…' »

Même chose pour les promesses de campagne parfois criardes du candidat : »Quand il propose d’imposer une taxe de 35 % sur le chiffre d’affaires des sociétés qui délocalisent leurs production, même les élus Républicains viennent le contredire pour tenter de rassurer les industriels. Mais tout le monde sait que c’est faux, qu’il ne le fera jamais. Il veut simplement faire passer un message, ‘arrêtez de délocaliser, et restez aux Etats-Unis…’ D’ailleurs, on le voit bien, depuis qu’il a gagné, il commence à lever le pied et à mettre la pédale douce sur plusieurs de ses promesses », confesse François Gagnon.

« Je suis confiant… comme avec n’importe quel autre politique ! »

Quant à savoir si François Gagnon reste optimiste depuis cette élection, il élude : »Je suis confiant, comme avec n’importe quel autre politique. On ne sait jamais ce qu’ils pensent, ce qu’ils veulent faire. Disons que je n’ai pas peur ! Les Américains se disaient ; ‘avec Hillary Clinton, je sais ce que je vais avoir, et je n’en veux pas. Avec Trump, je ne sais pas ce que j’aurai, et j’espère simplement que ça va être mieux !' »


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