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« Les conditions de crédit et les condi...

« Les conditions de crédit et les conditions de marché resteront excellentes en 2017 », Michel Mouillart, Professeur d’économie à l’Université de Paris Ouest, FRICS

Cette année encore, les ménages pouvoir réaliser leurs projets immobiliers dans de très bonnes conditions. Entretien avec Michel Mouillart.

Ariane Artinian : En 2016, les observateurs craignaient que les taux d’intérêt ne remontent… finalement, ont-ils eu raison ?

Michel Mouillart : Il faut bien replacer l’année dans son contexte : les spécialistes estimaient que les deux grands évènements de 2016, le référendum sur le Brexit et l’élection présidentielle américaine, auraient des répercussions sur les taux. Ils tablaient aussi sur une reprise progressive de l’inflation de nouveau, avec une prévision de la hausse comprise entre 1,1 et 1,2 % pour 2017. Enfin, ils savaient bien que la réserve fédérale américaine s’engagerait dans une période de hausse progressive de ses taux directeurs…

Alors certes, il y a bien eu une remontée des taux des obligations à 10 ans pendant l’automne 2016 … Mais cette hausse a été très mesurée. Et d’ailleurs, les taux des obligations ont de nouveau reculé durant la seconde quinzaine de décembre !

Ariane Artinian : Cela permet-il de dessiner un scénario pour 2017 ?

Michel Mouillart : On ne peut bien sûr pas anticiper un désastre ou une crise monétaire internationale, mais hormis ces scénarios, on peut déjà établir quelques prévisions. La Banque de France, par exemple, parie sur une augmentation de l’OAT à 10 ans qui s’établirait à 1 ou 1,1 % à la fin de l’année. Ce scénario est extrêmement probable : d’ailleurs la plupart des grands établissements de crédit qui en France réalisent des prévisions conviennent d’un tel scénario.

Ariane Artinian : Quel impact cela aurait-il pour les crédits immobiliers ?

Michel Mouillart :  Comme d’habitude, cette augmentation de l’OAT sera répercutée tout au plus à hauteur de moitié, et toujours avec un trimestre ou quatre mois de décalage. Les taux devraient donc prendre 15 ou 20 points de base cette année, et terminer aux alentours de 1,65 % (voire 1,75 %, au maximum).

Cette prévision tient compte des chiffres encore très bas constatés au mois décembre. D’après les derniers relevés, le taux des crédits immobiliers était, en moyenne, de 1,34 % Comptez même que pour les 25 % de dossiers les plus solides (meilleur situation, apport personnel plus important…), on tombait jusqu’à 1,11 % pour des crédits à 20 ans !

De plus, les durées des crédits octroyés restent très élevées. Pour des acquisitions dans l’ancien, on n’avait pratiquement plus vu de telles durées depuis le début des années 2000… Il faut bien se souvenir qu’en France, les taux de crédit tiennent compte des conditions de rémunération de l’épargne dictées par la Banque centrale européenne. Et la BCE ne relèvera pas ses propres taux avant mi-2018, au plus tôt ! Tant que la reprise économique de l’Union européenne ne sera pas pleinement engagée, elle ne durcira pas ses conditions monétaires.

Ariane Artinian : Quelles sont vos propres prévisions pour cette nouvelle année ?

Michel Mouillart : Les évolutions constatées en 2015-2016 ne seront probablement plus aussi rapides, mais 2017 s’annonce quand même comme une belle année. Comme les conditions de crédit, l’activité des marchés restera excellente. En outre, les prix vont continuer à augmenter lentement (2 à 3 %), les ménages reviennent et ils proposent des produits qu’ils n’osaient pas vendre il y a encore deux ans. Le marché va donc continuer à proposer une vaste gamme de produits, diversifiée en qualité, en localisation et en prix.

J’anticipe un volume de transactions en hausse de 4 ou 5 %, et le maintien d’une offre de crédits abondante. Comme cela s’est constaté en 2016, les ménages vont pouvoir réaliser leurs projets immobiliers dans de très bonnes conditions et, à cet égard, il n’y a guère de craintes à avoir sur ce que seront les soutiens publics à l’accession à la propriété ou à l’investissement locatif privé après l’élection présidentielle.


  1. […] marché immobilier n’en serait que très peu affecté. Comme le rappelle l’économiste Michel Mouillart, la Banque de France a bien prévu une remontée des taux obligataires, mais cette hausse sera […]

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