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Avec Cap Solidarité, Tagérim accélère l’accè...

Avec Cap Solidarité, Tagérim accélère l’accès au logement pour les handicapés

Des logements accessibles aux personnes handicapées… mais aussi solidaires ! Hervé Puybouffat est un homme de solutions. Entretien avec Ariane Artinian.

Ariane Artinian : Je vous reçois ce matin avec votre casquette de promoteur solidaire ! Pouvez-vous m’expliquer votre partenariat avec Cap Solidarité ?

Hervé Puybouffat : Il s’agit d’une socité fondée par Maïlys Cantzler, dont le but est d’aider les porteurs de handicap à s’intégrer dans le milieu social classique traditionnel à travers le logement. Concrètement, il s’agit de construire des logements partagés par 6 porteurs de handicap, installés au rez-de-chaussée des résidences que l’on fait construire.
Cap Solidarité achète plusieurs logements sociaux type prêt locatif social (PLS), et essaie ensuite de passer un deal avec les locataires qui s’y installent : ils s’engagent à aider les handicapés à s’insérer dans leur résidence.

Concrètement, comment ça fonctionne ?

Ca peut être le simple fait de passer les voir, de les saluer… Parfois ça va plus loin : ils organisent des parties de carte, il les accompagnent pour des sorties extérieures…

Et tout cela permet de créer du lien humain ?

Absolument, ça crée un véritable lien social. On l’a vu dans la première résidence de la Croix-Valmer (Var) : cela fonctionne très bien ! Toute l’idée vient à l’origine de Maïlys Cantzler : sa soeur est restée handicapée après un accident de moto. Elle dépérissait progressivement : ses parents se sentaient impuissants, ils vieillissaient… Donc Maïlys a eu l’idée de créer cette résidence, et aujourd’hui sa soeur a complètement repris goût à la vie. Tout a changé dans son existence, dans celle de sa famille…

Et vous, qu’est-ce qui vous a poussé à vous diriger vers Cap Solidarité ?

C’est simplement un rapprochement entre des gens qui se connaissent ! Le projet m’a tout de suite plu, il est facile à réaliser, ça s’intègre très facilement dans nos résidences aujourd’hui et c’est très novateur.

Vous avez un projet en cours de construction dans lequel 6 appartements sont réservés à Cap Solidarité…

Exactement, à Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise) ! Nous avons remporté un concours avec Grand-Paris aménagement, et nous sommes désormais attributeurs sur un terrain. Nous avons proposé à Cap Solidarité de nous acheter le rez-de-chaussée pour ce logement en cohabitation ! Il y aura donc 6 chambres, avec une chambre supplémentaire pour une éventuelle arrivée d’un nouveau colocataire porteur de handicap, et une 8e pour les familles qui viennent visiter leurs proches le weekend par exemple. Il y aura en plus dix logements type PLS… En tout dans cette résidence, il y aura donc 64 logements dont 53 en accession classique.

L’architecte, Christian Plateau, a dessiné une résidence qui a été approuvée par le conseil municipal, et ce sera une construction de grande qualité ! On a privilégié les espaces extérieurs, certains logements auront plus de 70m² de terrasse !

La commercialisation est déjà ouverte ?

Pas encore. Nous espérons obtenir le permis de construire dans les trois mois, et la commercialisation pourrait avoir lieu dès la fin du premier semestre 2017.

Quels seront les prix ?

Ils tourneront autour de 4 200 euros le m² habitable. Pour des deux pièces, comptez environ 170 000 euros et des 4 pièces autour de 300 000 euros !

Comment les futurs propriétaires réagissent-ils à ce concept ? J’imagine que vous avez mené des études de marché…

Les gens ont une vraie envie d’aider leurs voisins handicapés, de faire cette démarche. Notre clientèle n’est pas différente du reste de la population française : il y a une vraie volonté de s’engager. Et puis vous savez, le simple fait de dire bonjour à votre voisin handicapé est déjà important. Alors imaginez le fait de passer l’après-midi avec lui, de l’accompagner au centre commercial ou de faire le tour du quartier… A la Croix-Valmer par exemple, les loctaires handicapés invitent maintenant les gens du quartier à venir prendre le petit-déjeuner, le goûter… Le lien est là !

Et au niveau des communautés, comment votre initative est-elle perçue ?

Notre projet est particulièrement bien accueilli par tous les élus que nous rencontrons ! C’est la raison pour laquelle nous sommes en train d’étendre ce concept dans toutes nos agences françaises !

Vous connaissez d’autres initiatives du même ordre ?

Non, à ma connaissance, c’est la seule qui existe…

Vous avez aussi lancé un autre programme, Easydom, pour faire baisser les coûts de construction des programmes neufs…

Notre métier est contraint par des normes très nombreuses, la construction en France est extrêmement encadrée : le point positif, c’est que ça donne des logements de très grande qualité, puisque c’est contrôlé depuis la conception jusqu’à la réalisation. On ne peut pas faire n’importe quoi !

Le problème, c’est que les municipalités renchérissent parfois sur ce côté normatif… et c’est là qu’Easydom intervient ! A Rambouillet par exemple, avant de construire, on a pu dialoguer avec la mairie : on a respecté les exigences de la municipalité, celles des architectes des Bâtiments de France… Résultat : on a pu sortir un programme de 200 logements, vendus entre 15 et 20 % sous les prix du marché.

Sur quoi la municipalité a-t-elle fait marche arrière ?

Justement, ils n’ont pas fait marche arrière. Disons qu’ils ont évité de faire trop marche avant ! On a pu négocier avec eux en amont pour qu’ils n’imposent pas de contrainte qui auraient inutilement renchéri le prix du bien !
Le podcast de l’interview d’Hervé Puybouffat pour Radio-Immo est disponible ici !


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