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« L’immobilier, c’est du logement, et de l’emploi ...

« L’immobilier, c’est du logement, et de l’emploi », Christophe Tanay, Président de l’UNIS

Comment mobiliser le parc locatif privé ? Les recommandation de Christophe Tanay, Président de l’UNIS.

Les aides au logement sont dans le collimateur de l’exécutif

Ce mercredi 20 septembre sera présentée en Conseil des ministres une stratégie d’ensemble « pour construire plus de logements, qui soient moins chers et qui répondent mieux aux besoins des Français ; Les discussions avec les bailleurs sociaux, les professionnels du logement, les représentants des locataires vont continuer pour affiner le dispositif. Le projet de loi proprement dit arrivera en Conseil des ministres avant la fin de l’année »[1].

Le gouvernement est conscient que malgré toutes les aides débloquées en faveur du logement, le mal logement persiste et l’offre locative se réduit. Les annonces égrainées depuis l’été permettent d’en cerner les contours : simplification des normes de construction pour construire mieux, plus vite et au bon endroit.  Sont dans le collimateur de l’exécutif : les aides à la pierre et à la personne, le recentrage probable aux zones tendues des dispositifs d’investissement locatif.

Inciter les propriétaires à louer

Pour les professionnels de l’UNIS, il s’agit de poursuivre le dialogue autour de propositions en faveur du parc locatif privé existant. Aujourd’hui, ce parc s’effrite : le marché de la transaction se porte bien mais au profit de l’accession à la propriété et au détriment du locatif. Les ventes se font pour occuper, et non pas pour louer, réduisant ainsi l’offre locative. Il s’agit d’inciter les propriétaires à louer, faute de quoi « le choc d’offre » n’aura pour conséquence que de compenser une perte, sans créer de logements supplémentaires ce qui bloque aussi, pour les plus modestes, l’accession à l’emploi.

D’ici 2050, il faudra loger 11 millions de personnes supplémentaires. Pour cela, il faut construire 450.000 logements par an, et ce pendant 25 ans. L’objectif est ambitieux mais est-il réaliste de faire encore appel aux fonds publics lorsque tout le monde doit se serrer la ceinture pour réduire les déficits et qu’il faut surtout agir vite ? Selon l’UNIS, Il faut mobiliser l’épargne privée et l’orienter vers une offre de logements à loyers abordables dans le parc privé existant, notamment dans les zones tendues.

L’immobilier rapporte 65 milliards € de taxes à l’État ou aux collectives locales. Cela dépasse les 40 milliards de dépenses. Pour mémoire, l’immobilier est taxé à la construction, à la détention, à la revente, à la rénovation, lors de la succession etc.

L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) serait une erreur monumentale

L’immobilier est trop taxé, alors qu’il est indispensable d’appuyer la nouvelle politique du logement sur le parc privé existant, de s’appuyer sur le bailleur privé. Il faut un dispositif pérenne pour investir dans l’immobilier locatif à loyer abordable. Il faut l’encourager. L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) serait une erreur monumentale. Au contraire, l’investisseur privé dans le logement intermédiaire ou social mérite des encouragements. L’Etat n’y perdra pas : en adaptant les dispositifs fiscaux, il permettra d’accroître le parc de logements, dans un marché en attente de fluidité.

En s’appuyant sur les professionnels de l’immobilier, il est possible de mobiliser cette épargne privée, par un dispositif fiscal, incitatif, simple en termes de mise en place et universel. Chacun y gagnera : État, bailleurs, locataires, copropriétés, collectivités.

Les professionnels de l’immobilier sont indispensables : ils s’emploient au quotidien à valoriser, entretenir, pérenniser le patrimoine, de leurs clients propriétaires, copropriétaires et locataires. C’est leur vocation.  Leurs métiers, ils l’exercent dans un décor trop mouvant de textes français et européens. Tout texte à venir devra concerner la simplification et l’harmonisation de l’existant.

Arrêtons de stigmatiser le secteur de l’immobilier et de considérer les propriétaires comme des rentiers. L’immobilier, c’est du logement, et de l’emploi. Le bailleur est la clé de la réussite des politiques du logement.

Un logement accessible à tous et performant favorise l’emploi et l’attractivité de la France.

[1] Julien DENORMANDIE, secrétaire d’Etat, au JDD le 17/9/2017


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