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Women House : la femme nous ouvre sa maison à la Monnaie de Paris

40 artistes féminines et féministes mettent en scène leur intérieur dans l’exposition Women House, la maison selon elles.

« Women House est la rencontre entre deux notions : un genre -le féminin- et un espace -le domestique » li,t-on dès l’entrée de l’exposition. Le domestique, l’intérieur de la maison, présenté comme à la fois cocon doux et réconfortant, et en même temps cage aux barreaux infranchissables, dont la femme finit par se libérer. Dans cette exposition, quarante femmes artistes donnent à voir l’intérieur comme elles se le représentent, ce qui nous amène à l’impression d’un espace de création sans limite.

Dans le texte descriptif de l’exposition, on peut lire : « les artistes femmes mettent la maison sans dessus dessous, le lieu symbolique de l’enfermement devient celui de la construction de l’identité, l’intime devient politique, l’espace privé devient public, le corps se transforme en architecture ». Dans les couloirs de la Monnaie de Paris se côtoient les autoportraits de la photographe américaine Cindy Sherman, « Hon » de Niki de Saint-Phalle, cette maison surréaliste intégrée dans un corps de femme disproportionné, ou encore les sculptures de la plasticienne Louise Bourgeois. Elle-même qui clôt l’exposition avec son araignée sous laquelle les visiteurs courageux peuvent se réfugier.

 

La maison, avant la libération : la blessure

Le musée de la Monnaie de Paris s’est associé avec le National Museum of Women In the Arts de Washington D.C pour réaliser cette exposition. Le musée américain, qui lui-même accueillera « Women House » en mars 2018. L’exposition commence en en 1930, alors que Virginia Woolf vient de créer le concept de « la chambre à soi » dans son livre du même nom sorti en 1929. Dans cet ouvrage fondateur, l’auteure explique que chaque femme doit avoir son espace où elle peut se recueillir, s’exprimer et se laisser aller à l’expression, sans être dérangée. Le titre de l’exposition rend hommage à l’exposition « Womanhouse » organisée par Miriam Schapiro et Judy Chicago en 1972 à Los Angeles.

Il est parfois difficile de ne pas sourire en se promenant dans les couloirs de « Women House ». Par exemple devant la pièce « Semiotic of the kitchen », une vidéo réalisée par Martha Rosler en 1975, ou encore devant les images de Leticia Parente sur lesquelles une femme noire repasse sur sa maîtresse. Ce, afin de dénoncer l’esclavage dont sont victimes les femmes dans les maisons, ainsi que le racisme. Même les sourires finissent par faire réfléchir. Notamment à cette liberté dont on jouit aujourd’hui, sans que nos « prédecesseuses » n’aient pu en profiter. La chanteuse Camille trouve également sa place sur les murs de « Women House », avec les paroles de sa chanson « Home is where it hurts » sortie en 2008. Une blessure de laquelle s’extirpe une envie de rébellion de la part de ces femmes. Révolte qui passera par l’expression artistique.

Cette araignée, sculptée par Louise Bourgeois, est comme une maison sous laquelle les visiteurs courageux peuvent se réfugier.

 

Ma maison, c’est moi

 

Ce qui est certain, c’est qu’à travers toutes les pièces de cette exposition, le visiteur peut également suivre l’évolution des droits accordés aux femmes, et ainsi voir muer leur rapport à la maison. De plus en plus, l’habitat devient refuge, terrain de jeux comme avec cet échiquier où les pièces sont des objets domestiques, dessiné par Rachel Whiteread en 2005. Finalement, au fur et à mesure que la maison devient nomade et impalpable, jusqu’à Niki de Saint-Phalle qui transpose l’habitat dans un corps de femme, le visiteur comprend que ce qui reste c’est bien la femme et sa force. L’exposition s’achève d’ailleurs par les sculptures de la céramiste Elsa Sahel. Cette dernière crée des autoportraits de femmes en céramique, sous la forme de grottes sombres et sinueuses, sensées représenter l’utérus maternel, qui accueille et abrite.

En parallèle de l’exposition sont prévues diverses conférences et tables-rondes. Celles-ci sont organisées par les étudiant(e)s du Master Sciences et Techniques de l’Exposition de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sous la direction de Françoise Docquiert, avec l’association AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions. Ces conférences sont sur le thème de l’« Art : genre féminin », et font se confronter artistes, chercheur(e)s et professionnel(le)s du monde de l’art autour de la création contemporaine des femmes artistes. Des femmes artistes, qui s’expriment tant en paroles qu’en dessins, peintures, vidéos, photographies, sculptures ou poésies. Elles nous emmènent dans cet intérieur, avec elles, et c’est bouleversant.

Quand ? Jusqu’au 28 janvier 2018- Du mardi au dimanche de 11h à 19h- Nocturne le jeudi jusqu’à 21h  Où ? Monnaie de Paris– 11 quai de Conti- 75006 Paris  Combien ça coûte ? Tarifs Plein 12€ (web 11€), Réduit 10 € (web 9€), Jeune 8€, Nocturne 8 € (gratuit le 1er jeudi du mois pour les moins de 26 ans.

 

 


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