La remontée des taux de crédit : Une conséquence de la guerre en Ukraine ?

Olivier Landrevie
© DR.Cafpi

La remontée progressive des taux de crédit enclenchée en début d’année se poursuit. Mais, selon Olivier Lendrevie, Président de Cafpi, elle est sans surprise et à ce stade sans lien direct avec la guerre en Ukraine à ce stade.

En mars, les taux moyens obtenus pour les clients chez Cafpi sont de 0,90% (+ 16 centièmes) sur 10 ans ; 1,02% (+9 centièmes) sur 15 ans ; 1,11% (+ 8 centièmes) sur 20 ans et 1,30% (+ 9 centièmes) sur 25 ans. Les meilleurs taux barèmes des partenaires bancaires de Cafpi restent bas, même s’ils connaissent de légères augmentations sur certaines durées : 0,55% (stable) sur 10 ans ; 0,78% (+ 8 centièmes) sur 15 ans ; 0,90% (+ 10 centièmes) sur 20 ans et 1,04% (- 1 centième) sur 25 ans.

Le confit russo-ukrainien : Quelles conséquences pour notre économie et le crédit ?

L’invasion de l’Ukraine par les forces russes crée les conditions de ce qui pourrait être un troisième choc pétrolier. Le cours du pétrole, qui était autour de 80$ le baril en début d’année, est monté jusqu’à 139$ (actuellement 118$), envoyant une onde de choc inflationniste dans toute l’économie qui vient s’ajouter aux disruptions de chaînes logistiques liées à la crise sanitaire. On ne peut exclure que ce phénomène puisse entraîner l’apparition d’une spirale inflationniste auto-entretenue à l’instar de celle connue dans les années 70. Afin de lutter contre ce risque, la Banque Centrale Européenne a annoncé de premières mesures de resserrement de sa politique monétaire qui pourraient déboucher sur des relèvements de ses taux directeurs à horizon de quelques mois.

En réponse à cette annonce, le taux de l’OAT 10 ans a repris sa hausse : après avoir atteint 0,65% le 28 février, il atteint aujourd’hui 0,93%. Dès lors, il faut s’attendre à de nouvelles hausses des taux de crédit dans les semaines qui viennent.

Ce resserrement des conditions de crédit pourrait venir aggraver les effets d’éviction que nous observions déjà sur les ménages aux revenus modestes depuis le durcissement des normes du Haut Conseil à la Stabilité Financière (plafonnement à 35% du taux d’endettement). Rappelons enfin que l’immobilier résidentiel, en tant que classe d’actifs, a toujours été très résilient en période de forte inflation.

Délais bancaires : des banques toujours aussi réactives !

Les banques restent très réactives en mars, avec un délai moyen de 15 jours entre l’envoi d’un dossier complet et la confirmation d’une proposition commerciale.

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