Observatoire Crédit Logement : La hausse des taux s’accélère, le nombre de crédits immobiliers accordés recule

Credit Immobilier
© adobestock

La guerre en Ukraine, l’inflation et l’accélération de la hausse des taux affectent considérablement le marché et la demande au mois d’avril 2022. Analyse de l’Observatoire Crédit Logement CSA.

La hausse des taux de crédit immobilier reste encore limitée par la réduction des taux d’usure

Après une augmentation de 4 points de base (pdb) en janvier et février 2022, l’augmentation a été plus rapide ces deux derniers mois, avec + 17 pdb pour un taux moyen à 1.27% en avril.

Alors que la demande est déstabilisée par la baisse du pouvoir d’achat, la hausse des prix des logements et la guerre en Ukraine, les établissements bancaires tentent de contenir la hausse des taux pour préserver la solvabilité des emprunteurs. Dans le même temps, la remontée des taux reste limitée par des taux d’usure qui ont encore été réduits par la Banque de France, pour une large part de la production.

Néanmoins, depuis décembre 2021 les taux des prêts ont tous augmenté de l’ordre de 25 pdb, quelle que soit leur durée à l’octroi. En revanche, le renforcement de la part des durées les plus longues permet encore d’atténuer une partie de l’impact de ces hausses sur le taux moyen.

Il faut souligner que la totalité des emprunteurs bénéficient toujours de crédits à des taux largement inférieurs à l’inflation : ce qui ne s’était jamais constaté depuis le début des années 60, même à la suite du 1er choc pétrolier lorsque l’inflation culminait à 14.2 % en 1974.

Des durées longues pour amortir l’impact des taux d’apport exigés

Selon l’Observatoire Crédit Logement / CSA, la durée moyenne des prêts immobiliers s’est légèrement réduite à 239 mois en avril, après 242 mois en mars. 

En dépit d’une légère réduction, une durée des prêts élevée a permis jusqu’à présent d’atténuer les conséquences de la hausse des prix des logements, et de garder possible l’accès au crédit pour de nombreux candidats à l’accession à la propriété et à l’investissement locatif, qui sont les emprunteurs les plus impactés par l’augmentation des taux d’apport personnel exigés.

Ainsi en avril, 65.1 % des prêts bancaires à l’accession à la propriété ont été octroyés sur une durée comprise entre plus de 20 ans et 25 ans : le poids relatif de cette tranche de durées est le plus important jamais constaté. Dans le même temps, la part de la production à plus de 25 ans a quasiment disparu du paysage. Et celle des prêts de 15 ans et moins ne représente plus que pour 13.2 % du total de la production.

Le nombre de prêts accordés recule de 14,5% sur mars-avril

Le nombre de prêts accordés s’est affaibli dès le début de l’année 2022, dans le contexte d’une stricte application des recommandations du HCSF. Les conditions de crédit ne s’améliorant plus, la demande a diminué en réponse à la dégradation du pouvoir d’achat.

Le déclenchement de la crise en Ukraine a amplifié cette dégradation du marché, renforçant les pressions inflationnistes et leur impact sur les taux des crédits, alors que le moral des ménages fléchissait nettement.

Ce choc supplémentaire sur la demande de crédits se traduit sur les mois de mars et avril avec un nombre de prêts bancaires accordés en recul de 14.5 %, en glissement annuel. Quant à la production en montant, la baisse est de 11.7 % : un recul moins important en raison d’un recours à des montants moyens empruntés élevés par des acheteurs qui disposent d’un apport personnel plus important et acquièrent des logements plus coûteux.

Dans ces conditions, si on observe le niveau annuel glissant, la production de crédits ne progresse plus que 2.6 % à fin avril, (contre – 9.6 % il y a un an à la même époque), essentiellement grâce à la comparaison avec un mauvais début d’année 2021. En revanche, le nombre de prêts accordés a déjà commencé à reculer : avec – 1.6 % (- 8.7 % il y a un an à la même époque).

La transformation du marché se renforce

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, les emprunteurs modestes ou faiblement dotés en apport personnel rencontrent des difficultés supplémentaires pour accéder au crédit et le déplacement de la demande vers les tranches de revenus supérieures se renforce.

Voir les commentaires
Je soutiens MySweet'Immo