Guerre en Ukraine : Quel impact sur l’immobilier?

Guerre en Ukraine

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Comment le conflit en Ukraine a-t-il impacté le marché immobilier ? Qu’en pensent acheteurs et vendeurs ? Les prix vont-ils augmenter ? Faisons le point.

La crise aux portes de l’Europe renforce les certitudes : la pierre reste une valeur refuge. Si les acheteurs et les vendeurs tablent sur une hausse prochaine des taux d’intérêt, ils anticipent un marché dynamique en termes de transactions, selon l’Observatoire du Moral Immobilier réalisé par par OpinionWay pour le compte de SeLoger.

La guerre en Ukraine, un impact sur les taux d’intérêt

Pour une fois, ils sont unanimes ! Acheteurs et vendeurs s’accordent sur le fait que la guerre en Ukraine a un impact sur le marché immobilier français. Ils sont respectivement 83% et 84% à partager cet avis, selon l’Observatoire du Moral Immobilier SeLoger d’avril 2022 réalisé en collaboration avec OpinionWay. 

Dans le détail, les porteurs de projet estiment que le conflit russo-ukrainien aura un impact sur les taux d’intérêt. Ces derniers connaissent déjà une certaine hausse puisque s’il était encore possible d’emprunter aux alentours de 1% sur 20 ans en janvier 2022, les taux s’élèvent aujourd’hui à 1,5% en moyenne. Lorsqu’ils ont été interrogés en avril, 90% des acheteurs et 94% des vendeurs les anticipent à la hausse. Le taux moyen selon Crédit Logement était alors de 1,27% contre 1,18% en mars 2022. Une prévision plus marquée par rapport à février 2022, date de la précédente étude, puisqu’en augmentation de 11 points pour les deux cibles en deux mois ! Ce pourcentage est même plus élevé que celui enregistré suite à l’annonce du premier confinement, en mai 2020. A l’époque, 73% des acheteurs et 71% des vendeurs avaient le même pressentiment sur la hausse des taux d’intérêts. Soit respectivement 17 et 23 points de moins qu’aujourd’hui. 

La guerre en Ukraine, un impact sur le prix des matériaux

L’autre impact attendu  de la guerre en Ukraine concerne le prix des matériaux. La crise aux portes de l’Europe perturbe l’acheminement des matériaux et met le prix du gaz sous pression, une énergie largement utilisée par les usines produisant de l’acier, du béton… Résultat, 98% des acheteurs et 99% des vendeurs tablent sur une augmentation de leur prix. A quel point cette tendance pénalisera-t-elle dans les prochains mois le marché du neuf, de la construction et bon nombre de projets de rénovation ?

La guerre en Ukraine, un impact sur les prix de l’immobilier

Enfin, c’est le marché immobilier lui-même qui devrait évoluer suite à la guerre en Ukraine, selon les porteurs de projets. En matière de prix d’abord. Et de volume de transactions ensuite. 85% des porteurs de projets- qu’ils soient acheteurs ou vendeurs – pensent que le conflit pourrait modifier les prix des biens immobiliers. Pour plus de la moitié d’entre eux, les prix progresseraient (55%). Les acquéreurs dans le neuf ou qui se disent indécis entre l’existant et le neuf, sont même plus nombreux – certainement du fait de l’augmentation des prix des matières premières – à anticiper un coup de pression sur les tarifs (64% d’entre eux). En revanche, même si les porteurs de projet restent toujours plus nombreux à anticiper une hausse des prix que tout autre scénario, la perspective d’un affaissement  du marché immobilier renaît dans les deux camps. En effet, 3 sur 10 s’attendent à une diminution des prix des maisons et des appartements dans les 6 prochains mois, soit +9 points pour chacune des 2 cibles (par rapport à février 2022), certainement en anticipation d’une hausse des taux d’intérêt.

La guerre en Ukraine, un impact sur le volume de vente

Du côté des volumes de transactions, si les porteurs de projets (acheteurs et vendeurs) tablent majoritairement sur un impact dans les six prochains mois (75%), les avis divergent : près de 50% d’entre eux estiment que le nombre de logements proposés à la vente devrait baisser, alors que 30% tablent sur une augmentation de l’offre. 

Les vendeurs gardent le moral

Dans le détail, les vendeurs sont optimistes et misent plutôt sur une reprise des transactions. Si 25% d’entre eux en sont convaincus (+5 points par rapport à l’Observatoire du Moral Immobilier de février 2022, juste avant le déclenchement de la guerre), 31% tablent sur un état stationnaire (+5 points par rapport à février 2022). Et surtout : ceux qui envisagent une baisse du nombre de transactions (32%) sont beaucoup moins nombreux entre février et avril 2022 (-12 points sur la période). Les acheteurs, de leur côté, craignent davantage une baisse du nombre de biens mis en vente (38% d’entre eux, -2 points par rapport à février 2022).

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