Crédit immobilier : « Nous nous attendons à une baisse d’au moins 20% en nombre de crédits immobiliers distribués en 2021 », Sophie Ho Thong

Sophie Ho Thong

La rétractation de la demande est nette depuis l’annonce du second confinement. La baisse des transactions sur cette fin d’année va se ressentir de manière beaucoup plus prégnante en 2021 ! Seule une augmentation des taux permettait d’alléger globalement les critères inéquitables du HCSF et de relancer le marché ! L’analyse de Sophie Ho Thong, Porte-parole de LFC courtage.

La rétractation de la demande est nette depuis l’annonce du second confinement, et la baisse se poursuit jusqu’à atteindre – 60% fin novembre par rapport au mois de septembre. Les projets en cours se sont poursuivis mais l’incertitude et l’insécurité induits par la crise sanitaire et économique empêchent les acquéreurs de se projeter.

Le niveau de production globale de crédits immobiliers sur l’année en projection au 31 décembre 2020 reste néanmoins bon et proche des niveaux de 2019, et les ménages- même si une véritable sélection s’est opérée au niveau des revenus- ont été accompagnés par les établissements de crédit malgré des critères d’octroi plus restrictifs.

« Nous constatons en effet que le nombre de primo accédants a baissé de 7 % par rapport à l’année dernière et que près d’un tiers des acquéreurs apportent désormais au moins 15% du montant du bien financé », précise explique Sophie Ho Thong, Porte-parole de LFC courtage.

Un trou d’air attendu le premier semestre 2021

 « La baisse des transactions que nous subissons sur cette fin d’année va se ressentir de manière beaucoup plus prégnante en 2021. Nous nous attendons à un début d’année très difficile. L’interdiction pour les agents immobiliers d’effectuer des visites est en majeure partie responsable de ce trou d’air auquel nous nous préparons. De plus, la fin des aides de l’Etat et les vagues de licenciements attendues vont dégrader le profil des acquéreurs », explique Sophie Ho Thong. L’impact est également considérable pour les communes et départements, dont le budget dépend significativement des transactions immobilières et pour lesquels une compensation par la hausse des droits de mutation ou l’augmentation de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires est largement envisagé, notamment à Paris.

Cette situation dégradée couplée aux conditions d’octroi restrictives du Haut Conseil de la stabilité financière qui vont être suivies de près par les banques en raison des contrôles de l’Autorité de Contrôle prudentiel et de résolution, risque de créer un immobilisme du marché de l’immobilier.

« Si les propriétaires envisagent de reporter leur projet d’achat, les biens immobiliers ne se libèrent pas pour les primo-accédants qui reste en location et l’offre globale de logement se tarie progressivement.  De surcroît, la chute vertigineuse de l’immobilier neuf qui souffre des contraintes d’octroi au crédit écartant près de 40% des primo-accédants, impacte encore davantage l’offre. Il devient alors difficile de compter sur une baisse des prix de l’immobilier là où les biens se raréfient », poursuit Sophie Ho Thong.

Les effets de l’immobilisme du marché de l’immobilier sont d’autant plus grands que le marché de l’emploi se rétracte fortement et l’impossibilité d’accéder à davantage de mobilité faute de logements disponibles et accessibles compte tenu de la dégradation des profils tant pour l’accès au crédit qu’à la location, va impacter encore davantage le chômage.

Ce cercle infernal est inévitable sauf si une augmentation des taux permettait de détendre l’appréciation des critères d’octroi et d’alléger globalement les critères inéquitables du Haut Conseil de la stabilité financière qui se refuse toujours de prendre en compte le reste à vivre ou d’analyser les seuils imposés en nombre de crédits plutôt qu’en volume.

Mais l’heure est plutôt à la stabilisation des taux encore pendant plusieurs années. Dès lors, nous nous attendons à une baisse d’au moins 20% en nombre de crédits immobiliers distribués en 2021, dans les meilleures conditions en espérant un desserrement des conditions du HCSF.

L’espoir d’une relance du marché de l’immobilier à la main du Haut Conseil de la stabilité financière d’ici l’été 2021

La confiance des Français pourrait revenir à la sortie de la crise sanitaire d’ici le début de l’été 2021 et pourrait se traduire par une augmentation soudaine de la consommation des ménages avec une forte volonté de concrétiser leur rêve immobilier. Les tendances de taux en 2021 seraient identiques à celles d’aujourd’hui à savoir en moyenne 1% sur 20 ans, 0,80 % sur 15 ans et 0,70 % sur 10 ans, voire même en deçà pour les meilleurs dossiers.

« La demande serait de nouveau au rendez-vous, les taux seraient encore bas, mais les critères du Haut Conseil de la stabilité financière risquent clairement d’empêcher cette relance. Nous espérons donc être enfin entendus sur ce sujet qui conditionne l’ensemble de la chaîne de l’immobilier et le rebond tant espéré. Sans accès au financement, nous privons les Français de logements », conclut Sophie Ho Thong.

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