Immobilier : Le marché entre en zone de turbulences

Immonot.com publie tous les deux mois la tendance du marché immobilier. Cette dernière est issue d’une enquête nationale réalisée en mars 2022 auprès d’études notariales réparties sur toute la France, décryptée par le Professeur Bernard Thion pour Immonot.com.

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Abordant ce début d’année 2022 avec une très belle vitesse de croisière, l’immobilier semblait sur orbite pour transporter un maximum d’acquéreurs vers une nouvelle demeure. Cependant, sa trajectoire vient d’être déviée par la guerre en Ukraine qui risque de freiner les ardeurs des acheteurs. Le point avec le Professeur Bernard Thion qui décrypte le marché pour Immonot.com.

L’activité : des transactions menacées

Les effets du virus Covid et de ses variants paraissant se diluer, chacun se réjouissait d’un retour à une vie plus normale, sans masque et sans pass sanitaire. Et puis, patatras ! La Russie déclare la guerre à l’Ukraine le 24 février 2022. Ne pouvant deviner l’issue de ce conflit, personne n’est en mesure d’en évaluer ses conséquences sur le marché immobilier.

Néanmoins, les négociateurs qui participent à notre enquête prévoient, même à très court terme, une contraction de leur activité. Ils sont maintenant 42 % contre 31 % il y a deux mois à craindre une diminution des transactions sur leur marché et 10 % contre 22 % à prévoir sa hausse. Ce qui graphiquement fait replonger la courbe du solde des opinions.

Des prix immobiliers en retrait ?

Ces incertitudes sur l’avenir, notamment au niveau de l’inflation résultant de l’augmentation du prix de l’énergie et de certains produits de première nécessité, comme le blé dont les deux pays belligérants sont de très gros producteurs, induisent une tension sur les taux d’intérêt. Celle-ci entraînera naturellement une baisse des prix immobiliers. C’est ainsi que la proportion de nos correspondants à prévoir une baisse des prix des logements atteint maintenant 29 % contre 13 % anticipant une hausse.

Pour les terrains, ces chiffres sont moins contrastés avec 13 % prévoyant une baisse des prix contre 19 % leur hausse et les deux tiers d’entre eux pour la stabilité. Quant à l’évolution du prix des commerces, le solde des opinions poursuit sa chute avec 46 % d’opinions négatives.

La vente à privilégier par mesure de sécurité

À plus long terme, les incertitudes sur la durée du conflit et ses conséquences inflationnistes conduisent naturellement à beaucoup de prudence. Aussi n’est-on pas surpris du changement assez radical de l’orientation des conseils. Pour les logements, les trois quarts des réponses redeviennent favorables à la vente. En période de crise, mieux vaut être sûr de pouvoir vendre son bien avant d’en acquérir un autre.

Pour les terrains, les avis sont beaucoup plus nuancés. La répartition entre partisans de la vente en premier (47 %) ou de son achat (46 %) est presque équilibrée. L’achat d’un terrain à bâtir en période de crise peut en effet se révéler un excellent investissement en cas de forte inflation.