Immobilier : profitez de la fenêtre de tir actuelle pour acheter !

Investir avant que la donne ne change, c’est le conseil d’ Henry Buzy Cazaux, Président de l’Insitut du Management des Services Immobiliers.

La politique du logement n’est pas stabilisée. On sent la volonté réformatrice de l’exécutif, le Président de la République en tête. Refaisons le chemin: un programme du candidat Macron dans lequel on sent l’envie de frapper un grand coup, avec notamment la promesse d’un choc d’offre. Et puis le moment de la mise en œuvre par l’h&omme qui a gagné l’élection et l’équipe qui l’entoure. Très vite, on sent que le système est menacé: trop d’aides d’État, trop de taxes des collectivités locales, trop de complexité et de blocage. Tout semble dans le viseur: le Pinel, le prêt à taux zéro, les APL, le CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique), les avantages des HLM, le niveau des loyers pratiqués dans le privé et dans le public, le régime de la copropriété. Le grand chambardement s’annonce.

Si les intentions ne font de doute, la méthode est, elle, hésitante : des annonces brutales, de la part du Chef de l’État, des nuances apportées par ses ministres, des négociations…et des reculades. Non, des reculades apparentes. Parce qu’Emmanuel Macron n’est pas du genre qui recule, sauf pour mieux sauter, tels les meilleurs cavaliers de chasse à courre. Ici, la proie est l’immobilisme et l’envie que rien ne bouge, par habitude, par paresse et par prudence.

On attend de nos nouveaux dirigeants qu’ils améliorent, pas qu’ils refassent le monde

De la prudence, il lui en faut pour ne pas casser ce qui fonctionne, car au fond le logement en France ne va pas mal, à deux réserves près: la plus grave touche les mal logés et les sans abris, insupportablement trop nombreux, malade qu’on ait cru que la prospérité leur profiterait aussi et qu’ils sortiraient de l’ornière comme par miracle, alors qu’ils sont de plus en plus exclus. L’autre réserve tient au fait que ce qui va bien pourrait aller mieux: les prix sont trop élevés et la croissance en pâtit, la construction pourrait être encore plus dynamique, le marché de la revente encore plus actif. Bref, on attend de nos nouveaux dirigeants qu’ils améliorent, pas qu’ils refassent le monde. L’exercice est délicat: on les sent vouloir tout mettre à bas, mais le danger que le malade meure guéri est un péril qu’on ne peut s’offrir. Alors que va-t-il se passer?

Le Président et le gouvernement, après avoir inquiété, doivent rassurer par le discernement

Le Président et le gouvernement, après avoir inquiété, doivent rassurer par le discernement. Il faut regarder de plus près de quels maux le logement souffre et ne pas travailler à l’emporte-pièce. Supprimer l’APL? Non, pour certains oui, pas pour d’autres. La moduler? Oui, certes. Le Pinel? Réfléchir à un autre statut plus large de l’investisseur, et alors seulement retirer la perfusion.. peut-être sans attendre la fin des quatre ans de vie finalement concédés. La taxe d’habitation? Victoire à la Pyrrhus pour les ménages si les communes doivent reporter la charge sur la taxe foncière ou encore ne plus délivrer de permis de construire faute de pouvoir financer les services pour les entrants dans la ville. L’emballement n’est pas de mise au moment de traiter l’un des dossiers les plus cruciaux pour les Français.

L’inquiétude ambiante rend 2018 plus aléatoire qu’il y paraît pour le logement

Alors un conseil: achetez maintenant votre résidence principale, investissez, parce que la donne de demain est inconnue. Demain sera-t-il meilleur qu’aujourd’hui pour le logement? C’est la farouche volonté du Chef de l’État, dans tous les domaines, mais l’équation est si difficile à équilibrer qu’il se pourrait que le secteur connaisse des secousses telluriques avant que le paysage définitif et serein ne se stabilise. Tenir plutôt que voir venir. L’arsenal actuel des aides de toutes sortes est puissant. Les taux d’intérêt sont encore digestes. Les prix, après avoir baissé, sont de nouveau sous tension dans les grandes agglomérations. L’offre neuve, sans être abondante, reste large selon les régions. L’inquiétude des promoteurs, des maires, des entreprises en bâtiment, des agents immobiliers, des propriétaires vendeurs, la remontée du prix de l’argent, tout cela rend 2018 plus aléatoire qu’il y paraît pour le logement.

© Henry Buzy Cazaux