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Dernière ligne droite pour profiter du marché immobilier

Avec des niveaux de prix encore corrects et des taux de crédit immobilier toujours bas, le pouvoir d’achat des ménages reste solide… mais jusqu’à quand ?

Le marché de l’immobilier n’a pas dit son dernier mot. Selon le spécialiste de l’estimation immobilière MeilleursAgents, assure que le retournement du marché n’est pas encore arrivé. « On parle de hausse spectaculaire des prix, mais mis à part Paris, les prix n’ont pas explosé dans le pays. Nous ne sommes toujours pas au même niveau que la période haute de 2011 », rassure Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents. En effet, si aujourd’hui dans l’ancien les prix sont estimés en moyenne à 2 495 €, ils avoisinaient en 2011 près de 2 600 €.

Les huit premiers mois de l’année 2018 marquent, selon les données de MeilleursAgents, le début d’un ralentissement de la hausse des prix. Ainsi, même Bordeaux, dont les prix ont augmenté de 16,5 % en 1 an en 2017, enregistre pour l’année 2018 une baisse des prix de l’ordre de 0,1 %. « La situation bordelaise était anormale. Il y a eu une flambée d’investisseurs qui ont envahi le marché en 2017 et aujourd’hui, tout cela est retombé », ajoute le président de MeilleursAgents. Sans compter que la hausse des prix, estimée aujourd’hui en moyenne à 4 300 €/m², a empêché de nombreux Bordelais d’acheter, faute d’un pouvoir d’achat suffisant.

Un retournement à retardement

Ailleurs, les prix augmentent raisonnablement entre 0,8 % et 5 % selon que l’on achète à Nantes, Lyon, Lille ou Montpellier. Et si à Paris ils flambent pour atteindre aujourd’hui les 9 300 €/m², « ils n’atteindront pas en 2018 les 10 000 € du mètre comme certains l’affirment », souligne Sébastien de Lafond. Quant à la baisse du volume des transactions, il ne passera que de 960 000 en 2017 à 940 000 cette année. « La meilleure illustration de la vigueur du marché, ce sont les délais de vente, précise le président de MeilleursAgents. Si ce n’est à Bordeaux et Strasbourg, ils se réduisent dans l’ensemble des grandes métropoles. Rien qu’à Paris, où les prix sont élevés, les délais passent de 47 jours en 2017 pour vendre son bien à 39 jours en 2018 ».

Tout n’est toutefois pas si rose au pays de l’immobilier français. Malgré ces bons indicateurs, et la preuve que le marché est encore actif, quelques nuages semblent s’installer. Tout d’abord les taux de crédit immobilier, qui ne devraient plus reculer et commencer leur lente ascension. Un phénomène qui, s’il se produisait, ne pourrait être compensé par l’allongement des durées d’emprunt, elles aussi déjà à leur maximum. « Il y aura bien un retournement du marché, mais selon nos calculs, il ne se produira pas avant l’été prochain », assure Thomas Lebfèvre, directeur scientifique pour MeilleursAgents. Rendez-vous dans un an.

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