72 % des Français ont des craintes sur le prélèvement à la source

A quelques jours de la mise en place du prélèvement à la source, près de trois quarts des Français expriment encore des craintes liées à son application avec en tête « des erreurs dans le montant prélevé ». Des inquiétudes qui concernent aussi les futurs acheteurs immobiliers qui sont près de 55 % à redouter des difficultés dans la souscription ou le remboursement de leur crédit.

Près de trois quarts des Français craignent des effets négatifs du prélèvement à la source

D’après un sondage OpinionWay pour Vousfinancer*, 72 % des français expriment au moins une crainte liée au PAS, avec en tête des erreurs dans le montant prélevé (pour 34 % des Français).  Sont aussi redoutés une baisse du pouvoir d’achat (24 % des réponses), le sentiment de gagner moins d’argent (19 %), la difficulté de gérer ses finances (16 %) et le sentiment de payer plus d’impôts (14 %). Ces inquiétudes sont encore plus fortes chez les ménages modestes qui sont 37 % à craindre des erreurs de prélèvement et 31 % une baisse de leur pouvoir d’achat. Au final, seuls 26 % des personnes interrogées déclarent ne ressentir aucune crainte liée à la mise en place du prélèvement à la source.

« Les inquiétudes exprimées sont naturelles mais elles pourraient ne pas durer… Les Français vont avoir besoin d’un peu de temps pour s’habituer à cette nouvelle gestion de leurs finances. Mais après quelques mois, si le dispositif est efficace et le nombre d’erreurs limité, ces inquiétudes pourraient se dissiper rapidement, ce qui limiterait l’impact négatif réel de la mise en place du prélèvement à la source », analyse Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion chez OpinionWay.

Bonne nouvelle en revanche : si 34 % des Français envisagent de réaliser des achats conséquents en 2019 (voiture, immobilier ou autre), pour deux tiers d’entre eux, la mise en place du prélèvement à la source ne changera pas le calendrier fixé pour les réaliser. Près d’un tiers pourrait tout de même différer ces achats, le temps sans doute d’appréhender cette nouvelle gestion de leurs finances…

Le prélèvement à la source inquiète plus d’1 futur acheteur immobilier sur 2 …

Plus précisément, 15% des Français déclarent avoir un projet immobilier dans les deux ans avec d’importantes différences selon l’âge : cette proportion monte à 24 % chez les personnes de 25 à 34 ans contre 9 % chez les 50 ans et plus.

Parmi ceux qui envisagent un achat immobilier dans les deux ans, plus de 1 sur 2, soit 55 %, craignent d’avoir plus de difficultés à faire face à leurs charges financières, notamment le paiement des mensualités, suite à la mise en place du prélèvement à la source. 55 % craignent également que la banque leur accorde un montant inférieur à ce qu’ils auraient pu avoir avant la mise en place du dispositif.

Si ces chiffres restent modérés, ils sont plus préoccupants pour la catégorie des moins de 35 ans – les primo-accédants donc – qui sont 75 % à redouter des difficultés à faire face à leurs charges financières et 72 % à craindre de voir leur capacité d’emprunt … De la même façon, chez ceux qui ont des revenus modestes, ces chiffres montent à 70 et 69 %… de quoi les décourager de réaliser un achat immobilier…

« Même si 60 % des Français qui paient l’impôt sur le revenu sont mensualisés, cette étude montre que les Français craignent d’emprunter un montant plus faible ou de boucler plus difficilement leurs fins de mois, même si dans les faits le prélèvement à la source ne changera rien. Comme le marché immobilier est souvent impacté par des effets psychologiques, on peut tout de même appréhender un attentisme des acheteurs au 1er trimestre, notamment des acquéreurs les plus jeunes ou les plus fragiles qui sont ceux qui ont le sentiment d’être le plus impactés… », analyse Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Pourtant les banques affirment que le prélèvement à la source ne changera rien …

D’après les partenaires bancaires que nous avons interrogés, la mise en place du prélèvement à la source ne devrait pas modifier les calculs d’endettement et de capacité d’emprunt. Les banques vont prendre en compte le « net à payer avant impôt sur le revenu » qui reste inscrit sur les fiches de paie en plus du nouveau « net à payer après prélèvement de l’impôt ». Le montant d’impôt déduit du salaire rentrera tout de même bien sûr en ligne de compte dans l’étude globale du dossier et l’évaluation du risque via le calcul du « reste-à-vivre » qui est la somme restante toutes charges déduites (mensualité de prêt, autres prêts en cours, charges diverses, pensions alimentaires, impôts) et dont le montant minimum varie selon les banques avec une moyenne de 750 € pour un célibataire, 1 200 € pour un couple et 250 € par enfants à charge.

Certaines banques font tout de même exception : elles prennent déjà en compte les impôts en les déduisant du salaire net mais avec la possibilité d’aller jusqu’à 40 ou 50 % de taux d’endettement (contre 33 % en moyenne).

*étude réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 15 novembre 2018 par OpinionWay auprès d’un échantillon de 1064 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

 

 

© SweetRédaction