Taxation des plus values immobilières sur la résidence principale : Julien Denormandie y est défavorable !

Alors que le ministre de l’économie Bruno Lemaire a évoqué la taxations des plus-values réalisées sur certains biens, Julien Denormandie ministre du Logement vient de déclarer qu’il n’était pas favorable à la taxation des plus-values sur la résidence principale. La fiscalité immobilière sera t-elle l’objet d’un nouveau cafouillage gouvernemental ?

Le ministre du Logement déclare ne pas être favorable à la taxation sur les plus-values des résidences…

De son côté, Julien Denormandie, ministre du Logement, qui était invité  mardi 12 février sur RMC et BFMTV, a déclaré qu’il n’était pas favorable à la taxation des plus-values lors de la revente d’une résidence principale. « L’immobilier est un secteur d’activité essentiel, a-t-il affirmé. Je soutiens fortement l’immobilier et les propriétaires(…) Et j’essaye de protéger les locataires. La question, c’est plutôt de savoir comment mieux utiliser l’argent que nous dépensons.» Ce qu’il souhaite également ? Que la taxe d’habitation soit totalement supprimée, y compris pour les 20% des Français les plus aisés. « Quand un impôt n’est pas bon pour 80% (des ménages), il n’est généralement pas bon pour 100%.

… quelques jours après que Bercy ait évoqué un taxation pour les très gros biens

Des propos qui font échos à ceux de Bruno Lemaire. Le  ministre de l’Economie et des Finances, a en effet déclaré sur France 2, le 6 février dernier, que cette taxation est « une piste de travail ». Et d’ajouter : « Les Français qui ont acheté une résidence principale 100 000, 150 000, voire 200 000 €… Ils la revendent, ils font un bénéfice, on ne va pas taxer ce bénéfice. L’exonération est « une bonne chose », a-t-il précisé, avant de conclure : « En revanche pour les très gros biens immobiliers, pourquoi pas ! ».

Qu’entendait-il par les très gros biens immobiliers ? Il ne l’a pas précisé. Faisait-il référence au marché immobilier bordelais où les prix se sont envolés ces dernières années, permettant ainsi aux propriétaires de réaliser, lors à la revente d’un bien, un gain substantiel ? Il est vrai que Président Emmanuel Macron  a qualifié les plus-values réalisées par certains à Bordeaux d’injustes puisqu’ils s’enrichissent sans travailler. Il a aussi jugé « très bonne » l’idée d’un interlocuteur, dans un débat public, de taxer les plus-values sur les biens immobiliers, quel que soit le montant de la vente.

Rappelons qu’aujourd’hui, contrairement aux résidences secondaires, la plus-value réalisée lors de la cession d’une résidence principale est totalement exonérée d’impôts et de prélèvements sociaux. Et ce, quel que soit le montant de la plus-value (différence entre le prix de vente et celui d’achat) et la durée de détention du bien. L

Faut-il  alourdir les plus-values sur la résidence principale ?

Comment mieux utiliser l’argent public dans l’immobilier ? C’est la question que se pose Julien Denormandie au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. A n’en pas douter, la question de la fiscalité immobilière fera sans doute l’objet de mesures émanant du Grand Débat alimentera. En attendant que le Président de la République tranche, la question des plus-values sur la résidence agite le microcosme des professionnels de l’immobilier.

Une mauvaise idée pour Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.  « Taxer la plus-value des grosses résidence principale est une très mauvaise idée, estime Sébastien de Lafond, fondateur de MeilleursAgents. Je m’interroge sur le but recherché. Certains propriétaires vont renoncer à leurs projets, de peur d’être trop lourdement taxés. Dans les secteurs où l’offre est limitée parce que les prix sont élevés, cette politique va encore réduire l’offre et tendre le marché. Si le but recherché est de faire baisser les prix, cela aura l’effet inverse. Ne pensez pas que les biens les plus chers sont isolés du marché. L’immobilier est une chaîne. Taxer les gros biens, comme par exemple un appartement familial à Paris, aura une répercussion sur l’ensemble. Une telle mesure contribuera à réduire le nombre de transactions, donc à bloquer le marché. L’immobilier est un secteur économique majeur : s’acharner contre lui sera forcément contre-productif. Sans compter que si, le but de la manœuvre est de récolter plus d’argent, la baisse du nombre de transactions engendrera forcément une baisse des recettes de l’Etat… ».

Une mesure de rééquilibrage pour Benjamin Salah, directeur général de la Bourse de l’immobilier. L’analyse du président de MeilleursAgents, partagée par nombre de professionnels de l’immobilier ne fait toutefois pas l’unanimité. « Les prix de l’immobilier ont connu des hausses extrêmement fortes ces dernières années, souligne Benjamin Salah, directeur général de la Bourse de l’Immobilier. On s’enrichit plus aujourd’hui en achetant des logements qu’en travaillant. Cela crée des déséquilibres. L’immobilier est devenu un vrai vecteur d’inégalité. Est-il déraisonnable alors de rééquilibrer un petit peu les choses ? Je ne le pense pas. » et de poursuivre : ‘Personne n’avait imaginé gagner autant d’argent en achetant de l’immobilier dans les métropoles il y a 15 ou 20 ans ! Evidemment, je n’imagine pas que l’idée du gouvernement soit de taxer lourdement la plus-value. Même amputée légèrement, elle pourra être réinjectée dans un nouveau projet d’acquisition car elle constituera un bel apport pour un financement.»

 

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