« A l’heure de l’intelligence artificielle, il faut développer l’intelligence alimentaire », Thierry Blandinières, In Vivo

Thierry Blandinières directeur Général d’InVivo est passé au micro d’Ariane Artinian à l’occasion du premier forum Gobal Cities Makers. il donne les clefs pour mieux imaginer comment la ville de demain va nourrir ses habitants.

Les grandes métropoles évoluent et elles tentent de s’adapter à l’impératif environnemental qui est le nôtre et au besoin de renouveler nos manières de consommer dans la ville. Thierry Blandinières, le directeur Général d’InVivo, était l’invité de la toute première conférence du tout premier forum des Global Cities Makers, le 14 février dernier à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ile-de-France. Et ce n’est pas par hasard qu’InVivo se retrouve invité de cette conférence, en tant que premier groupe coopératif agricole français. « On intervient dans le secteur du végétal, de l’animal mais aussi dans les magasins comme les jardineries, précise Thierry Blandinières, nous sommes un écosystème de l’agriculture et de l’alimentation française ». InVivo est également présent à l’international. Thierry Blandinières assure qu’il s’agit d’un échange de connaissances et de savoirs-faire, « on leur apprend aussi une nouvelle agriculture, plus en phase avec les attentes sociétales et environnementales (…) on a un vrai savoir-faire en France donc on essaie de l’exporter ».

Nourrir la ville de demain

Si le directeur général d’InVivo assure que la ville ne pourra jamais à elle seule combler tous les besoins de ses habitants, les futures grandes métropoles doivent intégrer l’agriculture dans leur fonctionnement et leur composition. « C’est pédagogique déjà, ça permet au citadin de se repositionner proche de la terre, de se reconnecter avec l’agriculture et de mesurer que l’agriculture c’est du vivant » explique Thierry Blandinières. Il ajoute : « à l’heure où les citadins sont plutôt recentrés sur leurs outils informatiques, la robotique et l’intelligence artificielle, nous on parle d’intelligence alimentaire » s’amuse-t-il. L’idée est donc simple : il faut reconnecter le monde agricole et le monde urbain et les faire correspondre de nouveau.

Un modèle économique qui reste à trouver

Ruches sur les toits, murs végétaux, fermes urbaines… les projets d’agricultures urbaines ne manquent pas et la créativité est au rendez-vous. « Tout cela doit se traduire par des investissements, et des produits de qualité » précise le directeur général d’InVivo, d’où l’importance de trouver le modèle économique qui conjugue tous ces critères et permet également au consommateur de ne pas trop dépenser. « L’idée ce serait peut-être de développer des produits à valeur ajoutée, spécifiques à Paris » explique Thierry Blandinières, « par exemple des micro-pousses ou des nouvelles plantes, parce que c’est différenciant par rapport à la production de l’Ile-de-France ». Il donne l’exemple de Singapour, où la ville peut se lancer dans la production de carottes et de salade car personne n’en produit autour. Ce n’est pas le cas de Paris car l’Ile-de-France compte environ 5600 exploitations. Une concurrence rurale avec laquelle Paris ne peut rivaliser, d’où l’importance pour la capitale de se démarquer.

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