Rénovations et logement à caractère social : le point sur les affaires immobilières de François de Rugy

Le ministre de la Transition écologique est sous le feu des critiques depuis les révélations du site Mediapart. Il est notamment mis en cause pour d’onéreux travaux de réfection de son appartement de fonction, ainsi que pour un appartement à loyer modéré à côté de Nantes.

À chaque jour ses révélations : depuis le mercredi 10 juillet et les premières salves de Mediapart, François de Rugy fait la une de la presse. Le site d’investigation a publié une série d’enquêtes qui révèlent des dépenses fastueuses engagées par l’actuel ministre de la Transition énergétique. Outre les homards et les grands crus qui ont pu composer les dîners de l’ancien président de l’Assemblée nationale, le site révèle également les dépenses engagées pour des travaux de rénovation de son logement de fonction, ainsi que le faible loyer dont François de Rugy aurait bénéficié pour la location d’un appartement à côté de Nantes.

Plus de 63 000 euros de travaux

En tant que ministre de la Transition énergétique, François de Rugy bénéficie d’un logement de fonctions au sein de l’hôtel de Roquelaure, dans le VIIe arrondissement de Paris. Construit au XVIIIe siècle, c’est lui qui a subi une cure de jouvence entre la fin de l’année 2018 et l’année 2019. Des peintures, des salles d’eau, la réfection de certains sols (moquettes et parquets)… Mediapart énumère dans son article le détail des travaux effectués dans ce logement de fonctions occupé par le ministre et son épouse. Au total, ces travaux ont coûté plus de 63 000 euros.

Le point le plus polémique reste tout de même la création d’un vaste dressing, qui occuperait une bonne partie du couloir de l’appartement et dont le coût avoisinerait les 17 000 euros. Autre controverse : les entreprises engagées pour mener ces réfections ne sont pas, et de loin, celles qui présentaient les devis les moins onéreux.

Je le dis depuis le début de mon engagement en politique : la transparence est un progrès. Elle consiste à assumer ce…

Publiée par François de Rugy sur Mercredi 10 juillet 2019

Pièces vétustes ou coquetterie ?

S’agissait-il de travaux de confort ou d’une vraie nécessité de remettre les lieux à neuf ? Les versions divergent. François de Rugy explique dans un texte publié sur son compte Facebook que les derniers travaux remontaient à plus de quinze ans, et qu’ils ne concernaient pas les pièces évoquées par Mediapart. Toujours selon lui, les services du ministère auraient d’ailleurs reconnu la « vétusté » de certaines pièces et la nécessité de les rafraîchir. L’Agence France-Presse, quant à elle, a interrogé l’ancien locataire des lieux pour se faire une idée de l’état de l’appartement : Nicolas Hulot semble confirmer ce que dit son successeur, parlant d’un appartement qui « baigne dans son jus ». Il dit d’ailleurs comprendre qu’une famille vivant dans les murs ait souhaité lui donner un coup de jeune.

Ce n’est néanmoins pas l’avis de l’un des entrepreneurs qui n’a pas été retenu pour la réfection des peintures de ce logement de fonctions. Lui parle d’un appartement dans un état « très correct », dans lequel « on aurait pu habiter encore, avec confort ».

Le logement d’Orvault

C’est l’autre mise en cause du site d’investigation. François de Rugy bénéficierait d’un loyer préférentiel pour l’appartement qu’il loue à Orvault (Loire-Atlantique). Il s’agirait précisément d’un « logement à loyer social préférentiel », qui répond aux critères de l’ancien dispositif Scellier. D’après le ministre, il paierait 622 euros de loyer mensuel pour ce T2 de 48 mètres carré. Cet appartement lui servirait à accueillir ses enfants lorsqu’il en a la garde, et il l’aurait d’ailleurs loué après une séparation d’avec son ex-compagne, il y a trois ans.

François de Rugy ne conteste pas le montant du loyer ni le fait qu’il occupe ponctuellement cet appartement, mais il affirme découvrir qu’il bénéficie d’un dispositif spécial à propos duquel personne ne l’aurait mis au courant. Le journal Ouest-France publie de son côté une enquête, qui semble étayer les propos du ministre : à l’époque où il a loué cet appartement, ses revenus n’auraient pas dépassé le plafond au delà duquel il était possible de prétendre au dispositif Scellier, et la location aurait été conclue dans les règles.

© Édouard du Penhoat