Les Français de plus en plus séduits par la prime énergie

Isolation, chauffage, puis fenêtres… Les Français bénéficient-ils des primes énergie, ce dispositif qui permet de se faire rembourser une partie de ses travaux de rénovation énergétique par les fournisseurs d’énergie ? PrimesEnergie.fr a mené l’enquête. Et le niveau de demandes et de primes reversées en 2018 est sans précédent !

58% des Français (54% propriétaires / 61% locataires) estiment nécessaire de rénover leur logement pour en améliorer les performances énergétiques. Qu’il s’agisse de l’identification d’un besoin d’isolation des murs/planchers (39%), de remplacement de système de chauffage ou fenêtres (38%) ou d’isolation des combles (30%), la question de leur coût reste cependant, bien souvent, au cœur de toutes les préoccupations.

1 700 Térawattheures cumac économisés depuis 2006

Entre hausse du prix de l’énergie et dégradation du pouvoir d’achat, PrimesEnergie.fr, spécialiste du financement des travaux d’économie d’énergie, a souhaité revenir sur cette année riche en éco-mesures gouvernementales et analyser l’impact des aides financières sur la concrétisation des projets de rénovation des Français, à travers leur recours aux CEE, plus communément appelés « primes énergie ».

Encore méconnu du grand public il y a peu, le dispositif s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux leviers pour accélérer la transition énergétique du pays. Ainsi, depuis leur lancement en 2006, les CEE auraient permis d’économiser 1 700 Térawattheures cumac* (TWhc), soit l’équivalent de la consommation énergétique de 17 millions de Français pendant 15 ans. Et entre 2018 et 2020, on estime à 10 milliards d’euros les économies réalisées chaque année par les consommateurs par leur intermédiaire.

De plus en plus de ménages touchent cette prime

Avec 205 800 000 euros versés à plus de 180 000 bénéficiaires en 2018 (en hausse de 44% en termes de financement et 20% en nombre de ménages par rapport à 2017), PrimesEnergie.fr a étudié la manière dont les Français ont adhéré au dispositif des CEE à travers tout le territoire ainsi que les travaux qu’ils ont privilégiés.

« 2018 a été une année exceptionnelle à bien des égards, commente Nicolas Moulin, fondateur de PrimesEnergie.fr. Tout d’abord, il n’y a jamais eu autant de demandes de CEE, ce qui signifie que les particuliers n’ont jamais été aussi nombreux à engager des travaux de rénovation énergétique. Le montant des primes que nous avons reversées a atteint un niveau record, et il continue à augmenter en 2019. La prime énergie séduit aujourd’hui l’ensemble des ménages, quels que soient leurs revenus, leur localisation géographique ou la nature de leur projet. Très clairement, le dispositif a profité d’une mobilisation gouvernementale sans précédent : les opérations « coups de pouce » permettant notamment d’isoler ses combles pour 1€ symbolique ou bien de remplacer sa chaudière à moindre coût ont jeté un éclairage nouveau le rendant encore plus attractif pour le grand public.»

L’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand-Est en tête du classement des régions ayant le plus bénéficié des CEE en 2018

Après un hiver 2017/2018 particulièrement rugueux, les Français ont été nombreux à réaliser des travaux de rénovation énergétique l’an passé. Au-delà du climat, le renforcement des aides de l’Etat semble également avoir eu un impact bénéfique en encourageant les ménages à passer à l’acte. Concernant la seule prime énergie, PrimesEnergie.fr a ainsi constaté une hausse de 20% du nombre de dossiers déposés en 2018 par rapport à l’année précédente… Sur 5 ans, cette évolution est de 520%.

Concentrant respectivement 18% et 14% du nombre total de primes reversées, les ménages d’Auvergne-Rhône-Alpes et du Grand Est, deux régions par ailleurs particulièrement touchées par la précarité énergétique, ont le plus bénéficié du dispositif. La Nouvelle Aquitaine (12,2%), l’Occitanie (10,9%) et l’Ile-de-France (9,1%) complètent le TOP 5 national.

Isolation, chauffage, puis fenêtres…, les Français font le choix d’une rénovation énergétique efficace

Sur 180 000 ménages accompagnés, 58% ont privilégié les travaux d’isolation (toitures, murs, planchers).Un choix doublement payant puisqu’il s’agit des travaux permettant de réduire au maximum les déperditions thermiques d’un logement (jusqu’à 30%), et c’est aussi le poste de dépense le plus valorisé (jusqu’à 100% remboursé) en raison de son efficacité énergétique.

En deuxième position, privilégié par environ 1/3 des Français, le remplacement d’un système de chauffage vétuste par une chaudière haute performance ou une pompe à chaleur. Avec 20% d’économies d’énergie possibles, ce choix s’avère également très bénéfique sur le long terme. Bien que moins efficace en termes d’économies d’énergie, le remplacement de fenêtres a été privilégié par 11% des ménages.

Des versements de CEE records en 2018…

1143 €. C’est le montant moyen des CEE reversés aux ménages en 2018, en hausse de +25% par rapport à 2017. Parmi les explications de cette augmentation : les obligations plus importantes imposées par le Ministère de la transition écologique et solidaire aux fournisseurs d’énergie en matière de financement de la rénovation énergétique, rendant le dispositif des primes énergie particulièrement avantageux.

Les résultats révèlent toutefois des disparités, liées d’une part aux revenus des ménages (les primes étant plus conséquentes pour les foyers en situation de précarité énergétique), mais aussi et souvent à la nature des travaux réalisés. L’isolation étant le poste favorisant le plus d’économies d’énergie, elle a en moyenne été remboursée à hauteur de 1556 € en 2018, contre 426 € pour les travaux de chauffage et 401€ pour le remplacement de fenêtres.

Nouveau « coup de pouce chauffage » : un impact direct sur le montant des CEE

Début 2019, le gouvernement lançait un nouveau « coup de pouce chauffage » afin d’accélérer le remplacement de vieilles chaudières par des systèmes à haute performance énergétique. A la clé, des primes pouvant atteindre 4 000 €, bien loin des 426 € reversés en moyenne l’an passé.

Lancée en 2017 dans le cadre de l’opération « coup de pouce économie d’énergie », la Prime Conversion Chaudière – ciblant en particulier les ménages les plus modestes pour encourager l’équipement d’un système de chauffage récent et écologique – a rencontré un tel succès, que les ménages ont été de plus en plus nombreux à entreprendre des travaux de chauffage.

Ils représentaient ainsi 32% du nombre total de travaux engagés par les ménages en 2018, contre 25% en 2017. Sur le premier T1 2019, au niveau national, le « coup de pouce chauffage » a généré plus de lancements de chantiers que le « coup de pouce isolation » (23 169 contre 21 465).

Ce coup de pouce a aussi favorisé une hausse de +69% du montant moyen des primes énergie reversées en un an, soit 1647€ en moyenne sur le T1 2019. Un niveau sans précédent, 4 fois supérieur aux primes reversées il y a à peine trois ans… Le nombre de ménages bénéficiaires est lui aussi en hausse de +78% sur le T1 2019 par rapport au T1 2018.

A propos des Certificats d’Economie d’Energie

Créés en 2006, les Certificats d’Economie d’Energie (CEE) ont pour objectif la réalisation d’économies d’énergie, principalement dans le domaine des bâtiments. Ce dispositif oblige les fournisseurs d’énergie (les « obligés ») à promouvoir l’efficacité énergétique auprès de leurs clients en les incitant à réaliser des travaux de rénovation énergétique. En contrepartie, les ménages se font rembourser une partie de ses travaux par les fournisseurs d’énergie sous forme de chèque en euros ou de bons d’achat. Depuis la création du dispositif, les CEE auraient notamment permis l’installation d’un million de chaudières individuelles ou encore l’isolation de 450 000 logements.

*L’unité de mesure des Certificats d’Economies d’Energie est le kWh d’énergie finale cumulée et actualisée sur la durée de vie du produit (kWh d’énergie finale cumac). Cela représente une quantité d’énergie qui aura été économisée grâce aux opérations d’économies d’énergie mises en place

   

 

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