Si le coq chante, c’est à Oléron, pas en Haute-Savoie

© mysweetimmo/adobestock

Alors que le coq Maurice a pu été autorisé à continuer à chanter sur l’île d’Oléron, une décision de justice rendue par le tribunal d’Annecy condamne deux coqs à se taire. Une nouvelle affaire de trouble de voisinage dans laquelle cette fois, les animaux vont devoir la mettre en sourdine.

« Faire cesser les nuisances sonores excessives provenant de son poulailler », c’est l’ordre qu’a reçu Daniel Bauquis, 57 ans, du tribunal d’Annecy. Cet habitant du village de Saint-Sylvestre, en Haute-Savoie, doit donc faire taire, et au plus vite, ses deux coqs jugés trop bavards. Le tout, assorti d’une condamnation le 15 juillet dernier, pour « trouble anormaux du voisinage », 3000 euros de dommages et intérêts et 1200 euros d’amende. Mais alors pourquoi eux et pas Maurice, qui a eu le droit de continuer à brailler sur l’île d’Oléron, sans même une petite remontrance par la justice.« La justice doit être la même pour tous les coqs » déclare le propriétaire des animaux fautifs, dans le journal Le Parisien.

Prouver les nuisances

Les deux coqs de Daniel Bauquis ont été dénoncés par un couple, vivant à près de quarante mètres de là. « La continuité d’embrouilles » que subit le propriétaire des animaux depuis l’installation de ses voisins, a-t’il indiqué à l’AFP. Dans le cas de Saint-Sylvestre, les chants des coqs ont été mesurés à 37,9 décibels par un huissier mandaté par les voisins en colère. C’est trop élevé pour la justice, les coqs doivent se taire. Et pourtant Daniel Bauquis a tenté de leur faire arrêter le chant. Il a notamment essayé de recouvrir les fenêtres du poulailler pour faire croire que le jour ne s’était pas encore installé et déclencher leur chant plus tardivement. Rien n’y a fait. Dans le cas de Maurice, le tribunal correctionnel de Rochefort, en Charente-Maritime, vient d’autoriser le coq à pousser son Cocorico. Maurice a gagné – la preuve d’une nuisance n’a pas été faite, et les plaignants devront verser 1 000 euros de dommages et intérêts ainsi que les frais de justice à sa propriétaire. A Saint-Sylvestre en tout cas, le propriétaire ne compte pas se laisser faire. Il a décidé de faire appel et ses amis ont lancé une pétition en ligne.

Le chant du coq, un patrimoine français ?

Cela fait donc deux histoires de ce type en moins de deux mois. Va-t’il falloir légiférer une bonne fois pour toute ? C’est bien ce que croit le député UDI de Lozère Pierre Morel-À-L’Huissier, qui a déposé une proposition de loi destinée à protéger les éléments du « patrimoine français (…) sensoriel et rural », comme on peut le lire dans Ouest-France. Dedans, outre le chant du coq, on peut trouver celui d’un autre animal, la cigale, enfant béni de Provence, mais aussi le bruit des tracteurs, toile de fond de nos campagnes ou encore les clochers qui surplombent la plupart de nos villages. Dans l’article, on peut lire que l’élu est las des touristes qui se plaignent face aux désagréments de la campagne. Et puis d’abord, comment est-ce qu’on fait taire un coq ?

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