Les Femmes de l’Immo/ Emilie Vazquez (Le Shack) : « J’ai voulu ouvrir une maison géante à la croisée de plusieurs mondes »

© adobestock

Le Shack est une histoire de famille… Avec son père et son frère, Emilie Vazquez a ouvert une adresse de 1 500 m² à Paris 9e, à mi-chemin entre « la maison et le bureau », en phase avec les nouveaux modes de travail et de consommation. Portrait d’une femme pleine d’idées qui veut faire bouger les lignes !

Mysweet’immo : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer ?

Emilie Vazquez : Vice-présidente du secteur e-commerce et digital du Groupe AccorHotels pendant dix ans, j’ai souhaité, en 2018, changer de vie ! J’ai passé de très belles années au sein de ce Groupe mais je travaillais beaucoup, je voyageais énormément, je voyais très peu mes enfants, un jour, je me suis dit : « si je travaille comme une dingue, autant que ce soit pour moi et que j’essaye de développer quelque chose qui me soit propre et qui me ressemble ».

Comme j’avais été chargée d’apporter des idées disruptives au Groupe AccorHotel pour lui permettre de trouver de nouveaux relais de croissance et de business, et que, du coup, j’avais beaucoup travaillé sur l’étude des nouveaux comportements, des nouveaux usages, des nouvelles attentes en matière de consommation, de voyage, de travail …, ma réflexion a évolué. Elle s’est nourrit. Et ce, d’autant plus que, si j’avais adoré travailler sur le digital durant toutes ces années, avoir quelque chose d’un peu plus concret dans mon quotidien me manquait.

MS’I : Qu’est-ce qui caractérise votre projet ?

E V : Je savais que je voulais ouvrir un établissement. Pas un hôtel, ni un restaurant, ni un espace de bien-être, ni encore un espace de coworking qui est aujourd’hui, à mon sens, une commodité, très impersonnel, dans lequel il manque un « petit supplément d’âme » … Plutôt quelque chose à la croisée de tous ces mondes. Je m’étais rendue compte qu’il n’y avait pas dans l’offre parisienne de proposition de valeur qui ressemble à une sorte de « maison géante » dans laquelle on se sentirait comme chez soi et qui proposerait tout une série de services … J’ai toujours trouvé que, par habitude, tout est souvent rangé dans des cases. C’est très rare de trouver des lieux où il y a un mélange des genres.

MS’I : Le Shack, une histoire de famille ?

E V : Depuis quelques années, nous échangions avec mon père, Philippe Bourguignon, sur l’éventualité de nous associer et de monter un business ensemble. Avant de nous lancer dans ce projet, nous sommes partis faire un road-trip durant 15 jours aux Etats-Unis, pays qu’on adore, à New-York, Washington, San Fransisco qui sont des hubs assez intéressants en termes de nouveaux concepts, de lieux de vie… pour prendre de belles idées. Aujourd’hui, mon père est co-fondateur du Shack. Il n’intervient pas au quotidien dans l’entreprise. En revanche, il est président du conseil d’administration et le garant du concept de façon à ce que nous restions fidèles à la vision que nous avons pour le Shack.  Moi, je suis la co-fondatrice et la présidente de la société. Je suis une sorte de chef d’orchestre. Je m’assure que tout va dans la bonne direction. Sébastien, hôtelier de formation, est aux commandes de l’établissement.

MS’I : Qu’est-ce que vous proposez de différent ?

E V : Le Shack est un lieu magique, très standing en raison de son histoire, son architecture et en même temps très relax. Nous aimons le qualifier d’ « oasis urbaine ». Le Shack est un lieu où il fait bon vivre et travailler. Situé dans une impasse, au 3 rue Aubert, dans un hôtel particulier de style haussmannien somptueux, conçu fin 19e par un architecte et son ingénieur béton, Gustave Eiffel, il abritait les éditions Calmann-Lévy. Notre idée ? Que les espaces de travail ne ressemblent en rien à des bureaux ! Certes, le bâtiment, sa localisation, l’agencement, la luminosité … sont des éléments très importants mais je trouve que ce qui est essentiel pour donner envie de revenir et de re revenir encore dans un lieu, ce sont les hommes et les femmes qui le font vivre ! Au Shack, nous avons réalisé un vrai casting de personnalités : j’ai recruté des personnes pétillantes, qui ont le sourire, un vrai sens de la relation client, qui sont heureuses d’exercer leur travail, aiment faire plaisir aux autres  …

Le Shack est un espace ouvert à tout le monde. Il n’est pas nécessaire d’être membre de nos espaces de travail pour accéder à notre restaurant, nos activités de bien-être ou à notre boutique. Le cœur du réacteur, c’est le grand salon au rez-de-chaussée, lieu d’échanges, de rencontres, de « collision » … Au Shack,  tout est fait pour se sentir bien : la cuisine est une cuisine saine tout en étant savoureuse et gourmande. Nous proposons des activités tout au long de la semaine car il est difficile dans les grandes villes de dégager du temps pour s’occuper de soi : yoga aérien, méditation flottante, méditation sonore, une ostéopathe, boxe anglaise, renforcement musculaire …  Au Shack, tout est fait pour faciliter la vie de nos clients.

MS’I : Auriez-vous imaginé une telle réussite ?

Le Shack devait ouvrir deux jours avant que le confinement ne soit déclaré … Il a finalement ouvert le 11 mai et notre restaurant le 15 juin. La période est certes compliquée mais nous avons très rapidement trouvé notre public, à la fois dans les espaces de travail (qui sont tous occupés aujourd’hui) que dans le restaurant. Tous soulignent la vraie différence chez nous par rapport à des espaces de coworking. Au Shack, ils ressentent cette convivialité, ce partage et cette chaleur que me tiennent à coeur. Mon objectif ? Que le Shack fasse des petits …

Emilie Vazquez, fondatrice du Shack
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