Crédit immobilier : Statu quo avant la réunion du HCSF

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Le HCSF fera-t-il évoluer ses recommandations de décembre 2019 lors de la réunion de ce mois ? Rien n’est moins sûr ! L’exigence d’apport et de revenus beaucoup plus marquée qu’il y a un an affectera du coup sans doute de manière sensible la production de crédits immobiliers de cette fin d’année et du début 2021. Le point avec Emprunt-direct.com.

Les taux de crédit immobilier évoluent très peu en décembre, au vu des premiers barèmes communiqués en ce début de mois par les banques partenaires d’Emprunt-direct.com. La tendance à une relative stabilité des taux observée depuis le mois d’août se poursuit. Les établissements financiers, depuis lors, n’ont quasiment plus fait bouger leurs barèmes, même lors du traditionnel temps fort habitat qui court de septembre à novembre.

Une production de crédits et des transactions en baisse

Le marché du financement immobilier devrait être affecté à rebours par le reconfinement. Une baisse des transactions liée à ce dernier et à l’absence de visites immobilières pendant un mois peut être anticipée. Le redémarrage des ventes immobilières pourrait en outre être plus graduel que lors du premier déconfinement. La fin du deuxième confinement est en effet beaucoup plus progressive qu’en mai, avec un protocole sanitaire applicable aux visites qui s’avère être très restrictif, et qui limitera mécaniquement le nombre d’opérations, et de fait, la production de crédit. La production mensuelle, hors renégociations, qui s’est élevée à 18,9 milliards d’euros en septembre, est susceptible dans les prochaines semaines d’être affectée par le reconfinement, qui devrait avoir des conséquences négatives sur les volumes de transaction et sur le dynamisme du marché immobilier dans son ensemble.

Une hausse des refus de prêt

La crise économique se traduit par ailleurs par une hausse des refus de prêt. On peut ainsi observer une proportion toujours plus importante de ces derniers après étude des dossiers. En amont de celle-ci, on constate même un refus d’examen de certaines demandes de crédits de la part d’un nombre sans cesse plus important d’établissements. Une part croissante de ménages éligibles au financement est exclue, comme les primo-accédants et investisseurs, mais aussi des travailleurs salariés ou indépendants de certains secteurs comme la restauration, les commerces, l’aérien, ou encore l’événementiel.

Jouer sur la durée des prêts

On notera que nombre de candidats acquéreurs sont de plus en plus contraints de jouer sur la durée des prêts, avec une moyenne des maturités qui tend à augmenter, en se situant désormais un peu au-delà des 20 ans. Du fait des recommandations édictées il y a un an par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), les banques refusent encore d’accorder des prêts à des candidats emprunteurs dont le taux d’effort serait supérieur à 33%, et pour lesquels la maturité de prêt dépasserait les 25 ans, voire même chez certaines banques, 20 ans. Ceci pourrait, dans les prochaines semaines, faire pression de manière importante sur le périmètre du marché du crédit à l’habitat.

La production devrait continuer à se restreindre

Avec la crise, une augmentation du taux de défaut est à anticiper, ce qui est de nature à exacerber la prudence des banques qui font face à une hausse du coût du risque. Ceci pourrait de facto inciter le HCSF, lors de la réunion de ce mois, à ne faire évoluer qu’à la marge ses recommandations de décembre 2019. La production devrait ainsi continuer à se restreindre, avec des profils d’emprunteurs en cours d’évolution. L’exigence d’apport et de revenus beaucoup plus marquée qu’il y a un an, couplée aux conséquences de la crise sur les entreprises et les ménages, affectera sans doute de manière sensible la production de cette fin d’année et du début 2021.

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