Immobilier et crise sanitaire : « Les acquéreurs sont toujours là, mais ils sont moins nombreux qu’au printemps »

Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents est l’invité Alexis Thiebaut pour Mon Podcast Immo.

A l’occasion de la publication du dernier Baromètre National des prix de l’immobilier, Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents fait le point sur le marché immobilier confiné pour la deuxième fois. Extraits choisis.

La France a connu un second confinement, le marché de l’immobilier a-t-il y résisté a celui-ci ?

Contrairement au premier confinement, l’activité immobilière a continué durant le mois de novembre, c’est une grande distinction par rapport à la période de printemps, malgré l’interdiction des visites.

Elle a pu continuer car les agences et l’ensemble de la chaîne de transactions immobilières, a su s’adapter. En effet, elle était bien plus préparée qu’au printemps, avec le déploiement d’outils numériques comme la signature électronique, comme différents dispositifs de prospection à distance ou encore l’utilisation de la visite virtuelle, ce qui a permis la conclusion des projets bien avancés.

Depuis septembre/octobre, on estime avoir perdu un peu moins de 10 000 ventes en novembre, c’est 10% du marché habituel de novembre, des promesses signées en novembre, alors que lors du premier confinement on avait perdu 180 000 transactions ce qui était de l’ordre de 75% du marché.

La sortie du premier confinement, en mai dernier, s’était accompagnée d’une euphorie avec une explosion du nombre de promesses de vente signées, sera-t-il le cas après ce nouveau confinement ?

Ce sera moins le cas, l’euphorie sera beaucoup moins forte, cela s’explique par plusieurs choses.

La première est que le mois de décembre est plus calme en termes d’activité contrairement aux mois de mai/juin. La deuxième chose, c’est qu’au printemps il y avait une certaine fièvre acheteuse car on avait une réserve de l’acheteur, il était présent avec nous à l’envie de conclure des projets immobiliers.

Aujourd’hui on mesure que le nombre d’acheteurs sur le marché a fondu par rapport au printemps et on a un dynamisme qui est moins aguerri.

Vous parlez dans ce baromètre de l’indice de tension immobilière qui est particulièrement bas dans de nombreuses grandes villes, rappelez-nous ce qu’est l’ITI ?

L’ITI c’est l’indice de la tension immobilière, c’est un indicateur développé chez Meilleurs Agents, qui mesure le rapport de force entre le nombre de biens à la vente et le nombre d’acheteurs. Il s’exprime en pourcentage, quand il est positif, il y a un surplus d’acheteurs par rapport au nombre de biens à la vente.

Typiquement avant la crise sanitaire et le confinement, on avait un ITI dans la plupart des grandes villes de France qui était au-delà de 20%. Ce qui signifie qu’il y avait 20% d’acheteur en plus par rapport au nombre de biens à la vente.

L’ITI a fondu par rapport au dernier confinement, à la rentrée, à Paris, il était de 23% et il est passé à 6% aujourd’hui.

Cette euphorie qui décrivait ce marché de l’immobilier poussé par les acheteurs, ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

Je sais que c’est difficile de faire des prévisions, mais pensez-vous que cet ITI pourrait basculer en négatif l’année prochaine ?

Cela dépendra de beaucoup de choses… C’est effectivement compliqué de le dire aujourd’hui. Ce que l’on constate c’est qu’il stagne et qu’il a beaucoup baissé ces derniers mois (23 à 6%). Le marché de l’immobilier ne restera pas indemne et il sera très fortement corrélé à l’impact de la crise économique. Tout cela va dépendre de l’ampleur de celle-ci. Pour bien répondre à cette question, il faut regarder les fondamentaux du marché, en termes d’emploi et de crédit qui sont aujourd’hui sont pas très réjouissants pour la suite.

Malgré tout, les ménages gardent-ils confiance dans la pierre ?

Effectivement, c’est la bonne nouvelle de cette fin d’année, nous avons fait un sondage, qui accompagne notre baromètre mensuel, pour prendre le pouls des porteurs de projets immobiliers.

Ce sondage nous apprend que les Français gardent confiance dans la pierre et ils sont plus de 70% des vendeurs et des acheteurs a déclarer rester positif et serein face à l’avenir.

L’autre chiffre intéressant est qu’il y a très peu de gens qui ont annulé leur projet immobilier face au second confinement, ce qui permet de se dire que le marché ne va pas s’effondrer dans les prochains mois.

 

Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents
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