Crédit immobilier et Garantie perte d’emploi : Devez-vous céder à la « nouvelle » exigence des banques ?

© adobestock

Conséquence de la crise économique, les banques ont renforcé leurs exigences et réclament la souscription d’une garantie perte d’emploi, notamment aux candidats qui évoluent dans des secteurs actuellement sinistrés… Le courtier en assurance de prêt immobilier, Magnolia.fr, décrypte le phénomène.

Conséquence de la crise économique et des très faibles taux d’emprunt (1,14% toutes durées confondues), les banques sont de plus en plus sélectives dans la distribution des crédits immobiliers. Selon son secteur d’activité professionnel, elles peuvent exiger au sein de l’assurance de prêt la souscription à la garantie perte d’emploi. Font-elles vraiment cela pour se protéger de la crise ? En réalité, cette garantie (très chère), est difficilement activable et peut bloquer l’emprunteur qui souhaiterait changer de contrat d’assurance pour faire baisser ses mensualités d’emprunt.

Les banques sont-elles plus exigeantes qu’hier ?

Malgré des conditions d’emprunt très favorables (taux bas et taux d’endettement relevé à 35%), le secteur d’activité de l’emprunteur est scruté à la loupe : les candidats qui évoluent dans des secteurs actuellement  sinistrés ( hôtellerie/restauration, événementiel, aérien) rencontrent de grandes difficultés à trouver un financement bancaire même s’ils sont solvables. Ainsi certaines banques renforcent leurs exigences, en réclamant la souscription d’une garantie perte d’emploi. Le courtier Magnolia.fr a même constaté que le Crédit Agricole étend cette pratique à de nombreux profils d’emprunteurs pourtant hors secteurs sinistrés.

Une garantie perte d’emploi trop chère, et finalement peu protectrice

La couverture perte d’emploi est sensée permettre la protection en cas de chômage, avec la prise en charge par l’assurance des mensualités de crédit immobilier dans leur intégralité ou à la hauteur de la perte de revenus subie. Or, cette garantie n’entre en jeu qu’après un délai de carence de plusieurs mois, entre 6 et 18 mois à partir de la signature du contrat. De plus, l’emprunteur est frappé par un second délai de 3 à 9 mois, soit le délai de franchise qui débute à partir de la date de licenciement ou de perception des allocations de Pôle Emploi, condition sine qua non pour que la garantie perte d’emploi puisse être activée.

La garantie perte d’emploi est par ailleurs exclusivement réservée aux emprunteurs salariés en CDI, avec une ancienneté minimale dans leur entreprise (entre 6 et 12 mois, voire plus selon le contrat d’assurance). Les emprunteurs en CDD, les travailleurs indépendants, et les professions libérales n’y ont pas accès. Le chômage partiel, la rupture conventionnelle, la démission et le licenciement pour faute lourde sont exclus du champ d’intervention de la garantie perte d’emploi.

Autre grief, le coût de cette garantie : elle coûte entre 0,3% et 1% du capital emprunté selon l’âge et la profession de l’emprunteur. Certaines banques la facture même 5 € pour 100 € ne souhaitant pas dépasser les 1200 € de capital à assurer par mois. Concrètement, la garantie perte d’emploi peut doubler le coût de l’assurance et faire échec à la demande de financement.

Les difficultés à faire jouer la concurrence pour faire baisser le coût

Face aux taux d’intérêt très bas, faiblement rémunérateurs, les banques comptent sur l’assurance emprunteur pour dégager de la marge. Les tarifs bancaires sur ce produit exigé pour garantir le crédit sont entre deux et quatre fois plus chers que les prix des assureurs alternatifs. Un changement d’assurance pour un assureur externe à celui de la banque n’est accepté qu’à la seule condition de l’équivalence de niveau de garantie, ce qui signifie que le contrat alternatif et individualisé doit à minima présenter des garanties équivalentes à celles du contrat groupe bancaire.

« Il est primordial que l’emprunteur comprenne avant de signer que cette garantie reste optionnelle donc non obligatoire. Une fois souscrite, c’est le début des ennuis pour pouvoir s’en débarrasser », alerte Astrid Cousin, porte-parole de Magnolia.fr.

 

Voir les commentaires
Je soutiens MySweet'Immo