Bruno Rouleau (APIC) : La baisse du taux d’usure n’est pas une bonne nouvelle pour les emprunteurs

Mon Podcast Immo reçoit Bruno Rouleau, Président de l’APIC et porte parole d’In&Fi crédits.

Bruno Rouleau, porte-parole du courtier In & Fi Crédits et président de l’APIC  est l’invité d’Ariane Artinian au micro de Mon Podcast Immo. Il explique pourquoi la baisse des taux de l’usure n’est pas une bonne nouvelle pour les emprunteurs. Extraits choisis.

Mon Podcast Immo : Pourquoi est-ce que les professionnels du crédit tiquent lorsque le taux d’usure baissent. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les emprunteurs ?

Bruno Rouleau :  Rappelons ce qu’est le taux d’usure, c’est un taux légal au-delà duquel une banque ne peut pas consentir de prêt à un particulier. Au-delà, le taux devient usuraire, c’est-à-dire qu’il dépasse les conditions légales autorisées ce qui est répréhensible d’un point de vue pénal.

Chaque trimestre le taux d’usure est fixé par la Banque de France, au regard des conditions pratiquées sur le trimestre précédent. Celui du 3e trimestre 2021 vient d’être annoncé, il tient compte des taux pratiqués sur le 2e trimestre 2021 auquel on ajoute une marge de 30 %, afin d’en donner le taux maximum.

A première vue, une baisse des taux d’usure, signifie que les conditions d’emprunt pour emprunter et que les taux d’intérêt sont moins chers.

Cependant, nous sommes dans une situation d’excès, puisqu’en baissant ses taux d’intérêt, la banque ne gagne plus d’argent. Celle-ci augmente alors sa pression sur les critères d’octroi du crédit, cible davantage une population lui permettant d’être rentable. De ce fait, il est difficile d’accéder aux crédits pour plus de personnes qu’auparavant.

Mon Podcast Immo : Les 30 % de marge ne suffisent-ils pas à faire vivre la banque ?

Bruno Rouleau : Les 30 % du calcul signifient que si la moyenne des taux d’intérêt est à 1, le taux d’usure du prochain trimestre sera de 1,30.

Ce qui est compliqué, c’est que l’on ne parle pas seulement du taux d’intérêt, on parle du taux annuel effectif global (TAEG). Outre le taux d’intérêt, le TAEG comprend aussi tous les frais et accessoires qui composent la réalisation de l’opération et du crédit (frais de dossier, frais de garantie, d’assurance). C’est ce taux annuel qui est soumis au plafond de verre du taux d’usure. Lorsque l’on connaît les conditions actuelles du marché sur les taux d’intérêt, chaque accessoire prend une place importante. Le poids de ces frais et de ces conditions sur l’assurance emprunteur, vont largement pénaliser le calcul global du TAEG et vont, de ce fait, obliger les banques à faire très attention à la qualité des emprunteurs sur le risque de provisionnement et de défaillance.

Mon Podcast Immo : Cela signifie qu’elles resserrent les conditions d’octroi ?

Bruno Rouleau : Effectivement. Les banques souhaitent avoir une rémunération sans risque, il faut donc qu’elle ait des taux d’intérêt suffisamment attractif pour attirer le consommateur à venir emprunter chez elle, tout en étant rentable et couverte contre d’éventuelles défaillances.

Nous sommes face à une situation de crise sanitaire pouvant déboucher sur une situation de crise économique plus grave qu’elle ne l’est actuellement, puisque nous bénéficions aujourd’hui soutien des pouvoirs publics aujourd’hui. Les banques sont regardantes sur le secteur d’évolution et la solidité de l’entreprise de l’emprunteur.

Elles sont regardantes sur pérennité des revenus sur la durée du prêt. La banque est tenue par les autorités de contrôle, de s’assurer que, à priori, client est capable de rembourser sur les 25 ans ou sur les 20 ans prévus à l’origine.

Quels conseils donner aux futurs emprunteurs pour qu’ils réussissent à financer leurs projets ?

Bruno Rouleau : Les taux d’intérêt bas profitent à tout le monde, c’est plutôt une bonne période. Nous n’avons jamais eu des conditions de prêt aussi intéressantes.  La normalisation des critères du Haut Conseil de Stabilité Financière a martelé le sujet impose aux banques  d’octroyer des prêts sur une durée maximale de 25 ans, et de vérifier que le taux d’endettement des emprunteurs n’excède pas 35% des revenus.

Pour éviter le risque de refus, il faut optimiser la présentation de son dossier en sécurisant sa situation professionnelle, présentant une gestion de compte non sujette à contradictions ou remarques de la part de la Banque, et en apportant un maximum d’argent possible dans son apport personnel.

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