Immobilier : La morosité s’installe dans les dix plus grandes villes de France

Immobilier Paris
© adobestock

Que nous apprend le Baromètre des prix de l’immobilier de Meilleurs Agents pour le mois de décembre ? Que l’immobilier est en berne dans les grandes villes et que les prix parisiens perdent même 1% en un mois. Tous les détails …

À Paris, l’érosion continue. Selon le Baromètre des prix de l’immobilier de Meilleurs Agents pour le mois de décembre, à raison de 10 275 € le m², les prix intra-muros poursuivent leur lente décrue entamée en août 2020. Cette tendance semble d’ailleurs s’accentuer au fil des semaines depuis la rentrée. En seulement un mois, la capitale a en effet vu ses tarifs chuter de 1%. Du jamais vu depuis 2014, époque où le marché immobilier était en plein cœur d’un cycle baissier ! D’autant qu’aucune catégorie de biens n’est épargnée par ce phénomène ; les petites surfaces chutant de 1% et les grandes de 0,9%. Oubliée la stabilité tarifaire du printemps 2021, confirmée par les notaires dans leur note de conjoncture de novembre, l’heure est aujourd’hui à la baisse.

La capitale ne fait plus recette

Loin d’être anodin, ce net recul des prix ramène Paris à ses niveaux d’avant la crise sanitaire. Pour mémoire, en janvier 2020, la pierre parisienne pointait autour des 10 300 € le m². Un montant rapidement effacé par l’euphorie acheteuse suite à la sortie du premier confinement et d’actualité jusque fin août 2020.

Depuis, la capitale ne fait plus recette auprès d’acheteurs en quête d’espace, de pouvoir d’achat et de verdure, entraînant un ralentissement des prix de l’ordre de 3,4% en à peine quatorze mois.

Si un retour aux 10 000 € le m² apparaissait difficile à croire il y a encore quelques semaines, l’accélération de ce mouvement pourrait changer la donne. Il suffirait en effet d’un nouveau recul des prix de 2,7% pour repasser sous ce seuil symbolique. Or, cela pourrait se produire dans moins de trois mois si la pression baissière se poursuivait sur le même rythme qu’à l’heure actuelle. Un scénario crédible, alors même que les mois de décembre et janvier sont connus comme étant des périodes plutôt mornes du calendrier immobilier. Cependant il faudra très certainement attendre le printemps, période souvent déterminante et qui donne le ton de l’année, pour savoir si le phénomène est appelé à perdurer. Par ailleurs, il faudra également quelques semaines supplémentaires pour apprécier les effets d’une possible cinquième vague de l’épidémie de la Covid-19.

Immobilier en berne dans les grandes villes sauf à Marseille

À l’exception de Marseille dont les prix ont grimpé de 0,9%, toutes ont vu leurs tarifs faire quasiment du sur-place pendant le mois de novembre. Certaines sont restées dans le vert mais de manière timide. À l’image de Toulouse (+0,2%), Rennes (+0,2%) et Montpellier (+0,1%). Les autres ont toutes basculé dans le rouge. Mais, là aussi, sans excès : -0,2% à Nice, Strasbourg ainsi qu’à Bordeaux et -0,1% à Lyon, Nantes et Lille.

Un marché atone, conséquence d’une demande en berne. L’Indice de Tension Immobilière (ITI) de Meilleurs Agents fait en effet état d’un nouveau tassement du nombre d’acquéreurs potentiels. Huit des onze principales métropoles françaises (Paris incluse) affichent désormais un surplus d’acheteurs par rapport au nombre de vendeurs de moins de 10%. Pour ce qui est des trois autres, elles présentent un ratio à peine plus élevé (10% à Strasbourg, 12% à Nice et Lille). Autant de paramètres qui témoignent d’un retour à l’équilibre du marché tel qu’observé douze mois en arrière.

Nantes sort du lot avec un ITI nul

La grande surprise du mois vient de Nantes qui, pour la première fois, présente un ITI nul, alors qu’il était de plus de 25% d’acheteurs de plus que de vendeurs début 2020. Quant aux délais de transactions, ils s’allongent. Alors qu’il fallait à peine 42 jours pour qu’un bien change de main en avril 2021 à Nantes, il faut compter actuellement 58 jours. Soit 16 de plus. Cependant la baisse des prix constatée dans la préfecture de Loire-Atlantique reste encore modérée et n’efface en rien l’explosion tarifaire enregistrée depuis janvier 2015 (+57%). Des trois locomotives du marché des grandes villes, c’est donc la deuxième – après Strasbourg cet été – qui connaît un brusque coup de frein. Un signal fort que toutes les grandes agglomérations de l’Hexagone sont en passe de se stabiliser.

Le prix des maisons augmente 2 fois plus vite que celui des appartements

Si l’immobilier des grandes métropoles françaises peine aujourd’hui, c’est loin d’être le cas du reste du territoire. En effet, le marché français a vu ses tarifs augmenter de +4,8% depuis le début de l’année. Et ce sont plus particulièrement les maisons qui ont la côte et voient leurs prix augmenter deux fois plus vite que ceux des appartements (+6,1%, contre +3,2% depuis le 1er janvier). D’ailleurs les prix des maisons dans les zones rurales sont encore nettement orientés à la hausse. Depuis janvier, ils ont ainsi augmenté de 8,3% (+0,8% au cours du seul dernier mois).

En parallèle, le désamour des acquéreurs pour les grandes villes se reporte principalement sur les zones péri-urbaines. Les grandes banlieues des 10 plus grandes villes de France ont connu une hausse de prix de +1,8% depuis la rentrée, quand les centres-villes voyaient leurs prix stagner (+0,3%). La région parisienne en est le meilleur exemple. Alors que les tarifs dans la capitale ont reculé de -1,7% depuis 3 mois, ils ont grimpé dans le même temps de +1,5% dans la grande couronne.

A retenir

  • Prix moyen au m² en France : 2 997 €/m² (+0,3% )
  • Prix moyen au m² à Paris : 10 275 €/m² (- 0,1% )
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