Élections présidentielles : Quelles mesures envisager dans un contexte immobilier tendu ?

Immobilier Paris
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Sylvain Lefèvre, président de la Centrale de Financement, propose les solutions qu’il souhaiterait que les candidats envisagent en vue d’un futur quinquennat et analyse les propositions des candidats au second tour.

Alors que le second tour des élections présidentielles approche à grands pas, le contexte immobilier n’a jamais été aussi tendu. Offre insuffisante par rapport à une demande de plus en plus grandissante, inflation et hausse des taux…. Sylvain Lefèvre, président de la Centrale de Financement, propose les solutions qu’il souhaiterait que les candidats envisagent en vue d’un futur quinquennat et analyse les propositions des candidats au second tour.

Professionnel du courtage immobilier, Sylvain Lefèvre se situe aux premières loges pour assister aux conséquences qu’ont des mesures gouvernementales sur les citoyens souhaitant investir en immobilier. Pour lui, le constat est sans appel : les premières victimes de la crise du logement sont les primo accédants, pourtant premier maillon de la chaîne d’investissement immobilier. Il lui semble donc absolument nécessaire de les soutenir dans leurs achats, de préférence dans le neuf.

La volonté de création d’un ministère dédié au logement

Les attentes des professionnels du prêt et de l’immobilier sont claires : ils souhaitent la création d’un ministère dédié au logement. Celui-ci permettrait de mettre en place une politique urbaine en accord avec les besoins des citoyens, tout en pensant l’aménagement du territoire dans son ensemble. Cette stratégie dédiée et définie avec l’ensemble des acteurs du marché du logement et du crédit immobilier, se traduirait par des actions concrètes pour la création de logements.

Ce ministère irait de pair avec la création d’un observatoire européen des politiques monétaire et du logement. Véritable analyste de l’ensemble des données statistiques et conjoncturelles, il permettrait la constitution d’un marché du crédit et du logement européen post-COVID qui tiendrait compte du volume des nouvelles affaires entrants, de l’évolution des taux, de l’évolution du coût des matières premières, de l’énergie…

Pour Sylvain Lefèvre, cette politique de logement devra s’articuler autour trois axes que sont la favorisation des constructions, celle des achats, et enfin l’octroi de liberté aux crédits immobiliers.

Favoriser les constructions

Le contexte immobilier tendu s’explique par un manque de logements, entraînant une inflation et une hausse de prix sur lesquels les primo accédants ne peuvent pas toujours s’aligner tant leur accession aux emprunts peut s’avérer tumultueuse. Pour faire face à cette crise, la solution est simple : il faut créer des logements, et redonner aux promoteurs l’envie de construire. Cela nécessite une politique incitative en faveur de la construction de logements neufs.

Favoriser l’achat

Outre la nécessité de favoriser les constructions, il est également nécessaire de favoriser l’achat. Pour cela, Sylvain Lefèvre demande au futur président de maintenir un dispositif fiscal avantageux pour les acheteurs, les poussant à l’achat (dispositif du type loi Pinel). Toujours dans une logique d’aide aux primo accédants, la favorisation de leur achat avec des prêts à taux zéro doit également être envisagée.

Redonner de la liberté aux banques

Le troisième point essentiel nécessaire à une relance est de redonner une liberté de crédits aux banques. La rigueur du cadre normatif des recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière freine le crédit et ainsi l’accession au logement. Si les banques ne sont jusqu’à présent jamais sorties de ce cadre, Sylvain Lefèvre appelle à leur laisser plus de souplesse que le faible pourcentage de dérogation qui leur ait accordé. Il souhaiterait ouvrir les discussions pour des potentielles dérogations aux normes pour empêcher un trop gros frein au crédit et de fait, un frein à l’accession au logement.

Les différentes propositions des candidats au second tour en termes de logement

Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui s’affronteront au second tour, portent deux programmes bien différents. Concernant le logement notamment, des divergences sont à noter entre les propositions de ces deux candidats à la présidence. Bien que le domaine du logement ne soit pas la priorité des deux programmes, passons en revue les mesures affichées par les candidats qui sont en lien avec les recommandations de Sylvain Lefèvre.

Emmanuel Macron

Sa priorité : Construire et innover et aider le “parcours résidentiel” 

Ce qu’il propose :
Construction et rénovation : 
●        Construire plus de logements là où c’est nécessaire, notamment dans les zones tendue
●        Accroître la responsabilité et les financements des communes et intercommunalités concernant les logements
●        Faciliter l’accès au logement pour les jeunes et les actifs en mobilité avec la construction de 80 000 logements pour les jeunes (60 000 logements pour les étudiants et 20 000 logements pour les jeunes actifs)
●        Miser sur la rénovation énergétique, en se fixant un objectif de 700 000 logements rénovés par an
●        Augmenter rapidement le nombre de logements abordables, en s’appuyant sur l’habitat modulaire et la transformation de bureaux en logements. 

Accession à la propriété :
●        Plutôt que de miser sur une France propriétaire, aider les Français à se loger dans leur “parcours résidentiel”

Marine Le Pen

Sa priorité : Miser sur la priorité nationale et sur une “France de propriétaires” 

Ce qu’elle propose : 
Construction et rénovation
●        Construire 100 000 logements sociaux par an, dont 20 000 en faveur des étudiants et jeunes travailleurs.
●        Lancer un plan de réhabilitation de l’habitat ancien
●        Permettre aux pouvoirs publics de céder à bas prix des logements situés en zones rurales, contre un engagement de rénovation ou d’une durée minimale d’occupation, qui permettrait de faciliter l’accueil des néoruraux.  

Accession à la propriété
●        Faciliter l’accès à la propriété avec la mise en place de prêts immobiliers au-delà de 25 ans
●        Mettre en place un prêt public à taux zéro sur dix ans, d’un montant maximal de 100 000€, dont le capital restant dû serait effacé dès la naissance du 3ème enfant, pour les jeunes couples dont l’un aurait la nationalité française
●        Rendre les prêts immobiliers portables d’un bien à un autre, mais aussi du vendeur à l’acheteur
●        Mettre en place une exonération d’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans
●        Permettre la constitution d’un apport personnel facilité, avec un élargissement de l’abattement sur les droits de donations 

Certaines propositions des deux candidats en matière de logement s’inscrivent donc dans la lignée des recommandations de Sylvain Lefèvre, notamment concernant les mesures qui devraient être mises en place par l’Etat en termes d’accession à la propriété mais aussi dans le domaine de la construction et de la rénovation. Il est possible de constater que le programme de Marine Le Pen concernant l’accession à la propriété est davantage en adéquation avec les préconisations du président de la Centrale de financement, puisqu’elle souhaite créer une “France de propriétaires” alors qu’Emmanuel Macron a davantage axé son programme sur l’accès à la location. Les mesures de ce dernier concernant la construction et la rénovation sont cependant plus nombreuses et davantage en lien avec la recommandation de Sylvain Lefèvre de favoriser la construction. Enfin, aucun des deux candidats n’a développé de mesures concernant une augmentation de la liberté et de la souplesse pour les banques, ce qui serait pourtant une piste envisageable pour faciliter l’accession au logement, comme l’indique Sylvain Lefèvre.

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