Les crédits immobiliers attendus en légère baisse en 2022, selon la Banque de France

La production de crédit à l’habitat l’an dernier est attendue en baisse de 3% par rapport à 2021 mais « reste élevée » par rapport à la moyenne des dix dernières années, a annoncé jeudi la Banque de France.

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Hors renégociations de prêts, la production des nouveaux crédits sur l’année 2022 « ressortirait à 218,4 milliards d’euros », selon les dernières données de la banque centrale arrêtées à fin novembre mais qui intègrent une projection du dernier mois de l’année.

C’est « un plus haut historique en dehors de la production exceptionnelle de l’année 2021 », année de rattrapage après une année 2020 chamboulée par le Covid-19, indique le document de suivi mensuel sur le sujet.

« L’offre de crédit est restée abondante et moins chère que chez nos principaux partenaires européens« , a affirmé lors d’une conférence de presse Marie-Laure Barut-Etherington, directrice générale adjointe à la direction des statistiques, études et international à la Banque de France.

Elle constate cependant une « phase d’atterrissage sur la deuxième partie de l’année », moins pourvoyeuse de nouveaux dossiers.

Un constat partagé par le groupe d’agences Century 21, qui a fait état mardi d’un « vrai ralentissement durant l’été« . Au global, l’activité immobilière sur l’année recule de 4,1%, selon le réseau d’agences.

La banque centrale table par ailleurs sur un taux moyen de crédit (hors assurances et frais annexes) à 2,04% en décembre, au-dessus des 2% pour la première fois depuis avril 2016.

Cette barre avait déjà été franchie dès le mois d’octobre selon le tableau de bord de l’observatoire Crédit Logement/CSA, qui ne remonte cependant pas des données aussi complètes que la Banque de France.

La facture de l’emprunteur s’alourdit

Le taux moyen était presque deux fois inférieur un an plus tôt, à peine au-dessus de 1%. Cette hausse, liée à celle des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), est donc très rapide.

La facture pour l’emprunteur s’alourdit en conséquence. A titre d’exemple, lorsque le taux d’un emprunt de 150.000 euros sur 20 ans passe de 1% à 2%, le montant à rembourser in fine passe d’environ 165.500 euros à plus de 182.000 euros, soit quelque 16.500 euros supplémentaires.

Mme Barut-Etherington a de nouveau écarté tout blocage du marché immobilier du fait du taux d’usure, un taux plafond destiné à protéger les emprunteurs de conditions de crédit abusives.

Ce maximum légal, monté au 1er janvier à 3,57% tous frais compris pour un emprunt de 20 ans et plus, est sous le feu des critiques, notamment des courtiers qui y voient un frein à l’accès au crédit immobilier.

Plusieurs associations professionnelles ont d’ailleurs appelé mercredi au « déblocage de l’accès au crédit » dans une lettre ouverte adressée au ministre délégué au Logement Olivier Klein.

Le nombre de compromis annulés au motif de refus de prêt est « bien moins important que ce qu’ont pu déclarer certains opérateurs du marché dont la communication alarmiste a sans doute contribué à freiner les projets immobiliers davantage encore que le durcissement des conditions d’emprunt », observait mardi le président de Century 21 Charles Marinakis.

Plus prosaïquement, un taux plus élevé permet aux courtiers de mieux défendre leurs commissions, variable d’ajustement des banques lorsque la marge de manœuvre entre taux nominal et taux d’usure se resserre.

Par My Sweet Immo avec AFP