Rénovation énergétique des bâtiments : le plan du gouvernement est lancé !

Jacques Mézard et Nicolas Hulot lancent un chantier de 12 milliards d’euros pour lutter contre les passoires thermiques.

Faire de la rénovation énergétique une priorité nationale

Nicolas Hulot avait déjà ouvert les hostilités au début du mois d’octobre, en se mettant en guerre contre les passoires thermiques. Aujourd’hui rejoint par Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, le ministre de la Transition Énergétique a dévoilé son arsenal de mesures destinées à accélérer la rénovation énergétique des bâtiments. L’annonce  promet une concertation, de fin novembre 2017 à fin janvier 2018. « L’ensemble des Français et des acteurs de la rénovation sont invités à s’exprimer pour enrichir le plan (…), l’objectif est d’accélérer la rénovation des bâtiments énergivores et mal isolés en faisant de la rénovation énergétique une priorité nationale », c’est ce qu’on peut lire en préambule de ce plan. Une priorité nationale qui arrive à temps quand on sait qu’au moins sept millions des logements sont mal-isolés, et que les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45% des dépenses énergétiques de l’État.

 

12 milliards d’euros pour un vaste plan de rénovation

L’objectif de ce plan est de rénover 500 000 logements par an, pour un budget compris entre 10 et 12 millions d’euros. Ce budget est compris dans le Grand Plan d’Investissement annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe. Un plan de 54 milliards d’euros d’investissement au total. En ce qui concerne les rénovations, elles seront multiples. 500 000 logements par an seront rénovés, mais surtout 150 000 « passoires thermiques » seront remises aux normes. D’après le rapport dévoilé par Nicolas Hulot et Jacques Mézard, 3,8 millions de passoires thermiques sont occupées par des ménages en situation de précarité énergétique. Le programme d’Emmanuel Macron a pour objectif d’avoir rénové en 2022 la moitié des passoires énergétiques occupées par des propriétaires précaires et d’interdire de louer de tels logements à partir de 2025. Dans le détail de ce plan de rénovation énergétique, le gouvernement vise 100.000 logements HLM rénovés par an, par les bailleurs sociaux. Il vise également 250.000 logements particuliers rénovés annuellement grâce à des mécanismes existants comme le crédit d’impôt, ou encore les certificats d’économie d’énergie. Certaines aides seront modifiées, comme le CITE qui sera transformé en prime en 2019 et exclura mi-2018 certains travaux.

L’État veut créer un guichet unique de la rénovation

L’État va évidemment agir sur son propre parc immobilier. Pour cela, 1,8 milliard d’euros au total seront consacrés aux travaux nécessaires, dans les bâtiments scolaires en priorité. L’État veut également créer « un guichet unique » pour permettre aux Français de mieux s’informer sur la rénovation des logements, et notamment sur les aides qui existent pour cela. Les collectivités territoriales pourront également bénéficier de « 3 milliards d’euros de prêts et fonds propres » de la Caisse des dépôts (CDC) sur le quinquennat. Le plan de rénovation espère aussi pouvoir massifier certains travaux « simples », comme l’isolation des combles ou le changement d’équipement de chauffage, et ainsi faire baisser leur coût grâce aux économies d’échelle dégagées. De plus, le diagnostic de performance énergétique (DPE) sera « renouvelé » fin 2018.

Des réactions mitigées chez les professionnels de l’immobilier

Après ces quelques annonces gouvernementales, Frédéric Verdavaine, directeur général adjoint de Nexity, et président des activités de services immobiliers aux particuliers a déclaré que « tout ce qui va dans le sens de la rénovation énergétique est utile, à condition d’inclure tous les acteurs dans l’identification des solutions. Stigmatiser encore une fois des bailleurs privés qui n’ont pas toujours les moyens de réaliser des travaux ne produira pas de résultats différents des dispositifs précédents. Nous avons au contraire besoin d’engager collectivement un état des lieux de ce qui marche vraiment sur le terrain. Les professionnels comme les bailleurs privés peuvent être les meilleurs alliés de la rénovation énergétique, pour peu qu’on les mette en situation d’agir ». 

 

En ce qui concerne les bonus-malus attribués aux propriétaires de logements « énergivores » ou non, Jean Perrin a réagit. Le président de l’UNPI a déclaré qu' »il s’agit une nouvelle fois d’imposer aux propriétaires de nouvelles obligations lourdes et toujours sans aucune concertation (…), notre Fédération n’a jamais été reçue par Nicolas Hulot, malgré des demandes réitérées » regrette-t-il. Pour lui, le gouvernement ne doit pas imposer de contraintes aux propriétaires, mais seulement récompenser ceux qui suivent le mouvement de la rénovation énergétique.

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