Immobilier : Combien pouvez-vous négocier ?

0%, 5%, 10%, 20%… Evelyne Gielen, économiste en immobilier fait le point sur votre marge de négociation lors d’un achat immobilier.

Vous souhaitez acheter un bien immobilier. La meilleure façon de réaliser une belle opération, pensez-vous, c’est de décrocher un rabais, de l’ordre de 10% ? Erreur ! A l’heure du web, une transaction réussie ne dépend pas -uniquement ! de votre  pouvoir négociation, surtout dans les grandes agglomérations où le marché est très dynamique.

2% à 5% de remise si vous êtes pressé

Bien sûr, les propriétaires ont tendance à sur-estimer leur bien lors d’une vente immobilière. Mais ne vous attendez pas, en règle générale à des rabais de 8% à 10%. Les prix affichés sur internet se négocient peu, de 0 à 5%. Pour peu que le logement soit bien placé.

Depuis l’émergence des portails immobiliers, vendeurs et acquéreurs sont très bien renseignés sur les prix. Ils y sont donc extrêmement sensibles : 10% de plus par rapport à la vraie valeur d’un bien fait perdre jusqu’à 2/3 des acheteurs potentiels. Découragés, la plupart ne cherchent en effet même pas à visiter. Les vendeurs n’ont donc pas d’autre choix que d’afficher un prix cohérent avec ceux du marché, un prix fixe (qu’ils ne sont pas prêts à négocier), de façon à attirer sur leur produit le plus d’acheteurs possibles …

Jusqu’à 10% à 20% de remise si le bien est toujours sur le marché au bout de 3 à 6 mois

Evidement certains propriétaires ne jouent pas le jeu et rêvent encore. Ils affichent sans complexe des prix qui ne correspondent pas au marché. Leur logement, c’est leur bébé, ils le voient plus beau qu’il n’est en réalité. D’autres se calent, à tort, sur les prix de vente affichés et non les prix vendus. D’autres encore répercutent le montant des travaux réalisés, oubliant parfois que ces derniers ont depuis longtemps été amortis. La sanction des acheteurs est alors immédiate : pas dupes, ils corrigent le tir et négocient, parfois âprement, jusqu’à 20 %.

Vous souhaitez acheter un bien immobilier ? Négocier 20 % du prix reste possible à une condition : que le bien soit en vente depuis 3, voire 6 mois. Sans cela, inutile d’entamer les discussions. Attendez. Un vendeur qui refuse des offres trop basses dans les premières semaines, idéalisant son bien, finira forcément par se rendre à l’évidence et par revoir son prix à la baisse.

Vous souhaitez acheter et négocier ? Un conseil : tâtez d’abord le terrain auprès du vendeur ou posez les bonnes questions à votre agent immobilier. Celui-ci connaît son client, ses attentes, ses désidératas… Suivez donc ses recommandations. Faire une proposition reste tout de même le meilleur moyen de voir ce qu’est prêt à accepter le vendeur. A condition de rester ouvert à la discussion …

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© Evelyne Gielen