Le mercure grimpe en août… mais les de taux de crédit baissent encore

Alors que l’inflation remonte, les taux restent à des niveaux historiquement bas et les durées de prêts s’allongent… Mais jusqu’à quand ? Pour l’instant, selon Vousfinancer, réseau de 185 agences de courtage en crédit, rien n’indique que les taux devraient remonter avant la fin de l’année…

Encore quelques baisses de taux en août

En août, alors que traditionnellement les taux évoluent peu durant l’été, quelques banques ont renvoyé de nouvelles grilles de taux, en baisse de 0,05 % à 0,20 % selon les établissements, les durées et les profils… D’autres banques les ont laissé stables… Seule une banque qui avait fortement baissé ses taux en juin (de 0,30 à 0,50 % selon les durées) les a remontés. « Si les barèmes sont un indicateur de l’appétence des banques à davantage prêter et un moyen de cibler les emprunteurs qui deviendront leurs futurs clients, la plupart d’entre elles accordent des décotes supplémentaires importantes sur les taux affichés – pouvant aller jusqu’à 0,60 % de baisse – conduisant à un retour des taux à leur plus bas niveau historique pour certains emprunteurs… » souligne Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.  Les taux moyens sont actuellement à 1,30 % sur 15 ans, 1,50 % sur 20 ans et 1,70 % sur 25 ans mais avec des taux planchers négociés à 0,65 % sur 15 ans, 0,80 % sur 20 ans et 1,35 % sur 25 ans pour les meilleurs profils.

Pas de surchauffe sur la production de crédit pour l’instant

Alors que traditionnellement les taux évoluent peu durant l’été, avec même plutôt quelques remontées habituellement pour freiner la demande durant les congés estivaux durant lesquels les délais de traitement peuvent s’allonger, cette année, les banques restent présentes avec des taux très attractifs et aucun signe de surchauffe… « Après un 1er trimestre 2018 marqué par un attentisme des acheteurs et une demande de crédits en baisse de 20 %, ces dernières semaines, le marché immobilier a retrouvé un dynamisme inédit en 2018. Les banques veulent ainsi profiter de ce regain d’activité pour rattraper le retard pris en début d’année sur leurs objectifs de production de crédits qui restent élevés dans un marché plus difficile qu’il ne l’était en 2017, notamment compte tenu de la baisse des renégociations de prêt, dont les volumes ont été quasiment divisés par trois »,  complète Sandrine Allonier.  Toutefois, même avec ce regain d’activité constaté au 2ème trimestre, il est peu probable que les niveaux de production de crédit de 2017 (272 milliards d’euros) soient à nouveau atteints cette année. Nous devrions plutôt revenir au niveau – à l’époque record – de 2016, à 252 milliards d’euros de production de crédits. Chez Vousfinancer, au 31 juillet 2018, la production de crédit ressort en baisse de 11 % par rapport à celle de l’année 2017 à la même période… Mais elle était en baisse de 20 % au 1er trimestre par rapport à 2017, témoignant de ce retour de la demande…

Jusqu’à quand les taux vont-ils rester aussi bas ?

Alors que l’inflation repart, avec une hausse des prix à la consommation de 2,3 % en juillet – un niveau inédit depuis 2012 au moment où les taux de crédit étaient à plus de 4 % – on pourrait s’attendre à une remontée des taux de crédit… Pour autant à ce jour rien n’indique que les conditions de crédit devraient se dégrader d’ici la fin de l’année.
• Les taux d’emprunt d’Etat restent stables à des niveaux très bas, aux alentours de 0,60 %-0,70 % (contre 0,90 % début février)
• La Banque centrale européenne, si elle compte mettre fin à son programme de rachats d’actifs d’ici la fin de l’année, a réaffirmé souhaiter maintenir ses taux directeurs « à leurs bas niveaux actuels au moins jusque l’été 2019 », contrairement à la Fed qui a commencé à remonter progressivement ses taux…
• Les banques ont toujours la volonté de prêter et le besoin de conquérir de nouveaux clients via le crédit immobilier, et ce, avec un niveau de risque faible, permettant le maintien des taux bas.
« A ce jour nous n’anticipons pas de remontée des taux de crédit immobilier avant l’année 2019. Le contexte, de ce point de vue-là, va donc rester très favorable aux emprunteurs qui pâtissent toutefois de la hausse des prix qui se poursuit dans les grandes villes et de la diminution des aides à l’achat pour les primo-accédants… En revanche, de nombreuses incertitudes demeurent pour l’année 2019, il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’évolution des taux. Avec un risque tout de même d’ores et déjà identifié : la mise en place du prélèvement à la source pourrait avoir un impact psychologique négatif et déstabiliser les acheteurs potentiels en début d’année » conclut Sandrine Allonier.

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