Le bilan immobilier 2018 ? Une hausse modérée des prix et un recul des transactions

Alors que les prix de l’immobilier progressent encore, le volume des transactions recule, laissant présager une année 2019 des plus difficiles pour le secteur. Ce qu’il faut retenir de l’année immobilier écoulée.

Les prix ont augmenté de 3,8% en moyenne en 2018 avec de fortes disparités selon les territoires

Un bilan en demi-teinte. Alors que contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, le nombre des transactions en 2018 tutoie encore le million, le marché n’est, selon le baromètre LPI Se Loger, pas en si bon état qu’il n’y paraît. Les prix progressent en moyenne de 3,7 % en 2018 avec des hausses spectaculaires dans certaines villes comme Bordeaux (+ 11,6 %), Rennes (+11,3 %) ou encore… Limoges (+ 12,8 %). Des résultats à mettre en parallèle avec les très fortes baisses que connaissent bon nombre de villes moyennes de plus de 100 000 habitants comme Saint-Étienne (-5,6 %), Amiens (-3 %) ou Le Mans (- 13,9 %). Parmi les segments les plus touchés, l’immobilier neuf vacille avec une baisse de 15 % des ventes de maisons individuelles et de 7 % pour les appartements.

Le nombre de vente a baissé de 5,8% l’an passé

Malgré tout, les prix augmentent dans 40 % des grandes villes de France et parfois bien en deçà du revenu disponible des ménages. Le crédit immobilier et la relative souplesse des banques sur les conditions d’octroi sont, selon LPI Se Loger, les moteurs du marché de l’immobilier. Les demandes de prêts s’allongent encore un peu plus. Mais comme l’indique la Banque de France, le moral des ménages, lui, est en berne. Pour le 18ème mois consécutif, la demande de crédit immobilier recule. Les transactions se contractent alors de 5,8 % en 2018.

L’année 2019 sous surveillance

Un contexte morose, auquel il faudra ajouter les nuages sombres qui planent en 2019, sur le plan législatif. Tout d’abord, nul ne sait encore si le prélèvement à la source et l’appauvrissement apparent des ménages qu’il engendrera fera reculer les particuliers qui souhaitent acheter. L’attentisme pourrait se prolonger sur l’ensemble du premier semestre chez ces acquéreurs, ce qui dégraderait encore un peu plus le marché. Les spécialistes présagent déjà un nouveau recul du marché de l’ancien de 5 % en 2019, ainsi qu’une hausse des prix plus limitée (de l’ordre de 2,5 %) associée à une légère hausse des taux.

Tous les ingrédients en somme pour amorcer un repli du marché immobilier : « Le risque d’une dégradation des conditions d’octroi des prêts devrait se renforcer. En l’absence d’une amélioration et /ou du rétablissement des dispositifs de soutien à la demande (accession à la propriété et investissement locatif privé) », anticipe LPI Se Loger. L’euphorie immobilières des années précédentes toucherait-elle à sa fin ?

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