« Renouer le dialogue entre monde agricole et monde urbain, parce que c’est le monde agricole qui nourrit la ville », Gad Weil

Gad Weil, délégué général et directeur artistique de la Happy Vallée, est passé par le micro d’Ariane Artinian lors du premier forum Global Cities Makers. Il raconte l’idée incroyable qui réside au coeur de ce projet.

« Il faut réapprendre à nouer des relations entre le monde agricole et le monde urbain, d’abord parce que c’est le monde agricole qui nourrit la ville », la phrase est dite et Gad Weil la prononce sans sourciller. MySweetImmo a croisé le délégué général et directeur artistique de Happy Vallée, au cœur du premier forum des Global Cities Makers à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Hasard ou non, la première conférence de l’évènement s’intitule « Nourrir la ville ». Un sujet d’une importance capitale avec l’impératif environnemental qui est le nôtre et celui des grandes métropoles en pleine mutation, et le besoin de renouveler nos manières de consommer dans la ville. « L’agriculture urbaine ne pourra jamais nourrir la ville à elle seule (…) mais elle est un acte nécessaire, utile socialement, et écologiquement » précise-t-il.

Métamorphoser les 20 km d’autoroutes entre Roissy et Paris

Végétaliser les abords de l’A1, entre l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et la capitale, l’idée paraît un peu folle. Et pourtant, elle est portée par le projet Happy Vallée dont Gad Weil est le délégué général et directeur artistique. Ce projet, dévoilé en juin 2018, a pour objectif de métamorphoser les 20 kilomètres d’autoroute entre Roissy et Paris à l’horizon 2023. « Cette autoroute A1 qui est très abîmée, très abandonnée par l’Etat depuis 40 ans, avec des ordures sur les bords » explique Gad Weil, « on va reprendre ces délaissés, les talus, les toits des plateaux logistiques et pas à pas on va introduire de l’agriculture et de l’agriculture urbaine ». L’idée est également de permettre « à des hommes et des femmes issus des systèmes sociaux des villes un métier » précise le délégué général et directeur artistique de Happy Vallée, et pas n’importe quel métier : celui d’urbiculteur, « qui est une façon d’être agriculteur aux portes de la ville ». Un projet exportable et transposable dans le monde entier.

Des projets artistiques, culturels ou agricoles qui apportent la vie

Nourrir la ville, donner du travail et faire une vitrine de ce que peut produire la région Ile-de-France, sous les yeux du monde entier, c’est la combinaison parfaite pour Gad Weil. « Il faut se mettre en collectif autour d’un projet et en faire un espoir » explique-t-il, « ce qui fait que demain 500 000 riverains auront un environnement plus agréable pour leur vie de tous les jours, qu’ils habitent le Blanc-Mesnil, la Courneuve, mais aussi pour les millions de touristes qui arrivent par Roissy ». Dans la bouche de celui qui avait installé une ferme sur l’avenue Foch, ou encore implanté une forêt place de la République, le tout à Paris, n’importe qui se laisserait convaincre. « Je porte des projets, que je réalise, et qui sont artistiques ou culturel, ou agricoles » explique-t-il, « et j’essaie d’apporter une énergie et une vie à tout ça pour la partager avec mes contemporains ». Espérons que chaque Global City s’en inspire.

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