Le pic d’activité printanier se fait sentir partout… sauf à Bordeaux et à Nice

Calme depuis plusieurs années, le marché́ des cinquante plus grandes villes de province connaît un léger rebond (+0,4% en un mois) selon le dernier baromètre de l’immobilier établi par MeilleursAgents.

Le regain d’activité traditionnellement enregistré par le marché immobilier durant cette période semble déjà se confirmer. Le nombre de transactions réalisées tous les ans entre avril et juin connaît en effet un pic de 10 à 15% par rapport au reste de l’année, comme nous l’apprend la base Demandes de valeurs foncières récemment ouverte par le Ministère des Finances. Et 2019 ne devrait pas échapper à ce phénomène.

Motif ? Au regard de notre indicateur de délai de vente médian, les acheteurs se révèlent plus prompts à se décider. Objectif pour eux ? Réussir à boucler leur transaction avant l’été afin de déménager en toute sérénité pour la rentrée. A Marseille (70 jours), Montpellier (76 jours), Lille (74 jours) ou encore Bordeaux (64 jours), il faut désormais 4 à 5 jours de moins qu’il y a trois mois pour signer une vente. Sauf à Nice où les candidats à la propriété se montrent toujours un peu plus circonspects (94 jours) dans un contexte de marché relativement tendu. D’autant que s’ils hésitent moins, les acheteurs s’avèrent aussi plus nombreux sur le marché en ce début de printemps comme l’atteste notre indicateur de tension immobilière (ITI). Ainsi, à Lille, Strasbourg, Montpellier ou Paris, on compte désormais environ douze acheteurs pour dix vendeurs.

Bordeaux et Nice à la traine

Conséquence de cet engouement saisonnier davantage marqué cette année : les prix poursuivent leur mouvement haussier exceptés à Bordeaux et Nice, à la traîne depuis un an (respectivement -1,1% et -1,8% au cours des douze derniers mois). Si certaines communes comme Strasbourg (+0,1%), Marseille (+0,4%), Toulouse et Lille (+0,5%) ont ainsi vu leurs tarifs continuer à croître raisonnablement en l’espace d’un mois, d’autres à l’image de Montpellier (+1%), Nantes (+1,2%), Lyon et Rennes (+1,5%) ont essuyé pour leur part une pression beaucoup plus forte. Tout comme Paris qui, avec une nouvelle augmentation de 0,8% en un mois, a atteint les 9 611 €/m2 continuant de fait à creuser l’écart avec les autres grandes agglomérations françaises.

Tours, Limoges et Reims prennent leur revanche

Elles prennent enfin leur revanche sur la capitale ! Après une décennie de prix relativement calmes (+9,2% en dix ans, soit près de six fois moins que Paris au cours de la même période), les 50 plus grandes villes de province, hors banlieue parisienne, repartent à la hausse avec une augmentation de 1% depuis le 1er janvier dernier. A l’image, par exemple, de Tours, Limoges ou encore Reims qui ont respectivement grimpé en trois mois de 2%, 1,1% et 2,4%. Un sursaut d’intérêt de la part des acquéreurs qui s’expliquerait en partie d’un changement de mentalité de la part des candidats à la propriété selon une étude récente de la banque HSBC.

Adopter un rythme plus serein et apaisé, retrouver un cadre de vie plus sécurisant pour soi-même et sa famille, bénéficier d’une hygiène de vie plus saine, jouir d’un cadre de vie plus propice à l’éducation des enfants, fuir la pollution et ses conséquences sanitaires… seraient en effet autant de raisons qui justifieraient de ce désir de « mise au vert » et donc, par là-même, de ce rebond des prix.

A Paris, les prix des petites surfaces explosent

Le prix des studios et des 2 pièces à Paris n’en finit pas de grimper. Alors que les grandes surfaces ont connu une nouvelle hausse de 0,4% depuis la publication de notre dernier baromètre, les petites surfaces ont vu pour leur part leur montant flamber avec une croissance de plus de 1%.

Bilan : en un an, la hausse s’élève pour ce type de bien à 6,5%, soit près du double de celle enregistrée au cours de la même période par les 3-pièces et plus (+3,4%). La raison de ce succès ? L’appétit des acquéreurs pour ces produits. A commencer par les primo-accédants qui veulent profiter des taux d’intérêts bas pour se lancer sur le marché immobilier le plus tôt possible. Mais pas seulement… Les investisseurs, eux-aussi, aspirent à bénéficier de l’effet de levier du crédit. Et ce, alors même que la remise en place de l’encadrement des loyers dans la capitale est annoncée pour l’été prochain.

 

… malgré le retour programmé de l’encadrement des loyers parisiens

S’il est trop tôt pour anticiper leur réaction de ces derniers face à cette restriction du droit à fixer librement le montant de leur loyer, le retour de cette mesure peut néanmoins dès aujourd’hui laisser craindre deux effets pervers. Face à une rentabilité déjà faible (autour des 3,5 à 4% bruts) et qui devrait du fait de l’encadrement à nouveau se contracter, les propriétaires bailleurs pourraient en effet être tentés de réduire les dépenses liées à leur logement. Autrement dit, repousser les travaux d’amélioration de leur bien laissant ainsi présager d’une détérioration du parc immobilier. Autre écueil plus radical à redouter : le retrait des investisseurs du marché parisien. Démotivés, ils pourraient effectivement choisir de remettre leur projet à plus tard ou se détourner purement et simplement de la capitale.

© mysweetimmo/adobestock