Crédit immobilier et crise sanitaire : 3 choses à savoir sur le nouveau contexte

Crédit Immobilier

Chute des demandes de crédit, envolée de l’OAT 10 ans, remontée des taux de crédit… Le courtier Emprunt Direct fait le point sur les implications de la crise sanitaire du coronavirus sur le crédit immobilier.

Effondrement de la demande de crédit dans les prochaines semaines

La décélération sur le marché du crédit avait débuté au début de l’année 2020. Malgré une demande toujours soutenue, les récentes recommandations du HCSF avaient déjà eu un impact important sur les processus d’acceptation de prêts de la part des banques. Mais la crise sanitaire du coronavirus marque une vraie rupture en amont du marché du financement, du fait de la fermeture des agences immobilières et de l’arrêt progressif des chantiers de construction. De ce fait, les transactions vont chuter et la demande de crédit va être, dans les prochaines semaines, proche de zéro. Dans ce contexte, les recommandations du HCSF apparaissent désormais un peu à contretemps, datant d’une époque où le marché immobilier était quasiment en surchauffe, tant sur le front de l’activité que sur le front des prix. En l’absence d’intermédiaires, et en période de fermeture des offices notariaux, le marché de la transaction semble donc bloqué pour plusieurs mois.

Envolée de l’OAT 10 ans

L’autre rupture majeure est constatée sur le front des taux d’intérêt. Dans un premier temps, suite à la crise du Coronavirus, les taux sur les marchés des obligations d’État européennes, très prisées, avaient nettement baissé, jusqu’à atteindre des rendements proches de ceux d’août 2019. Mais l’intervention récente de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a nettement fait progresser la volatilité. Christine Lagarde avait, il y a une semaine,déclaré que l’institut d’émission n’était pas là pour « fermer les écarts » de rémunération entre les obligations d’État des pays de la zone euro. En clair, qu’elle n’avait pas vocation à réduire l’écart de taux entre l’Italie et l’Allemagne. Ceci a été entendu par les acteurs de marché, qui ont poursuivi leurs arbitrages et leur course vers le cash, en vendant prioritairement les obligations d’État des pays perçus comme moins sûrs à l’image de l’Italie et l’Espagne, accroissant l’écart de rémunération entre les pays. Une brutale remontée des taux a été observée sur l’ensemble des pays de la zone euro, et les obligations d’État françaises, les OAT 10 ans, ont connu en quelques jours une envolée passant de -0,39% à +0,52%.

Vers une remontée des taux de crédit

Mais la Banque centrale a rapidement réagi par le lancement d’un nouveau programme d’achats d’actifs de 750 milliards d’euros. Si l’incendie semble pour l’heure avoir été un peu circonscrit, le risque est, lui, bel et bien réintégré. L’augmentation massive du volume de dette, implique un changement de perception dans le coût du risque, qui semble un peu plus rémunéré qu’hier, quand la course aux actifs – sûrs ou plus risqués – se traduisait par une pénurie sur certains segments comme les OAT ou les Bunds. Sur le marché du financement, lorsque les agences rouvriront et que le marché du crédit à l’habitat repartira, les taux appliqués par les banques seront, on peut l’anticiper, bien différents de ceux pratiqués avant la crise. De fait, le pouvoir d’achat immobilier s’en trouvera affecté, si d’aventure les vendeurs reconduisaient leurs prix d’avant crise… Ce qui semble aujourd’hui une hypothèse de plus en plus improbable.

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