« Le digital n’est pas une fin en soi. On a besoin d’être en contact avec les autres, c’est primordial », Christine Fumagalli, ORPI

Christine Fumagalli, présidente du réseau ORPI est l’invité Mon Podcast Immo d’Alexis Thiebaut.

Mon podcast Immo se tourne vers l’avenir. Quel visage aura demain le secteur de l’immobilier en France ? Quelles leçons les grands acteurs ont-ils tiré de cette crise ? Qu’est ce qui va changer ? Christine Fumagalli, présidente du réseau ORPI a répondu aux questions d’Alexis Thiebaut.

Comment se passe le déconfinement pour Orpi ?

Le déconfinement se passe plutôt très bien puisque le marché a redémarré pratiquement tel que nous l’avions laissé deux mois auparavant. C’est plutôt une surprise, une bonne surprise, pour l’ensemble du secteur d’activité et pour notre réseau. On note une fréquentation de nos agences, tant en visites qu’en appels téléphoniques. Avec de vrais projets et bien souvent des projets revus en termes d’objectifs qu’il faut donc remettre en perspective par rapport à tout ce que cette période de confinement a pu amener de réflexion dans la tête de nos clients.

Nous avons également de nouveaux projets. Toute une partie de notre clientèle prend contact avec nous pour démarrer un nouveau projet. Ce projet a été initié pendant la période de confinement, avec l’impression d’avoir été « enfermé » pendant deux mois dans un environnement qui ne correspond peut-être pas forcément aux besoins d’espaces et de plein air que l’on ressent. Forcément, cela crée des envies de changement. Ces clients viennent nous voir pour initier un projet qui était plutôt un rêve.

Le bilan du confinement

D’abord, on constate que le logement est, encore plus aujourd’hui, une valeur refuge. On voit que cette période a fait renaître le goût de l’habitat pour certains qui avaient considéré leur logement comme étant un accessoire. Aujourd’hui, on devient plus attentif à son habitation. Il faut qu’il corresponde complètement à la façon dont on a envie de vivre. C’est la corrélation entre le logement que l’on a aujourd’hui et la façon dont on a envie de vivre à l’avenir qui a beaucoup changé.

Autre point positif : l’accélération des visites virtuelles et la dématérialisation des relations entre professionnels et particuliers. Bien sûr, nous avions déjà mis ces outils en place avant le confinement, mais cela s’est considérablement développé, car nous avons tous été contraints. En fin de compte, on s’aperçoit que ça peut correspondre à une vraie étape dans le parcours d’un client. Faire ses recherches et ses pré-visites de façon virtuelle peut être un vrai gain de temps.

On a même développé, chez Orpi, l’estimation en visioconférence. Il n’y pas que la visite d’un acheteur qui peut être fait en virtuel. On peut aussi estimer un bien à distance. Estimation qui sera confirmée, bien sûr, par une visite sur le terrain. Aujourd’hui, on peut aller très loin dans son projet de façon dématérialisée.

Bien sûr, on ne sera jamais dans le « tout digital ». Chez Orpi, nous sommes plutôt sur le « Phygital », c’est-à-dire le bon dosage entre l’utilisation des outils digitaux et la présence physique. Car, si le digital permet de gagner du temps et d’aller loin sur un projet, en matière immobilière, que ce soit un achat ou une estimation, on a vraiment besoin d’avoir un contact physique. Il faut ressentir les lieux. Il faut toujours visiter un bien parce que le diable se cache dans les détails et il y a parfois des choses importantes à vérifier avant de se lancer.

Qu’est-ce que la crise du Covid-19 a changé dans votre façon de voir votre métier ?

Pour nous, il n’y a pas de réel changement puisque nous étions déjà très en avance sur l’utilisation de tous ces outils digitaux. Donc pour nous, ça n’a fait que renforcer l’utilisation de ces outils. Et s’il restait quelques agents immobiliers ou commerciaux un peu réfractaires à ces pratiques, ils y sont passés, car chacun y a bien vu son intérêt. Cette crise a fait prendre conscience à tous que cette visite virtuelle pouvait être une vraie première étape dans un projet.

Quelle leçon de vie tirez-vous de cette crise ?

La première leçon, c’est la relation à l’autre et la bienveillance. Cette importance d’être en relation avec les autres. Et si j’extrapole cette relation à mon métier, c’est de constater que rien ne remplacera, ni aujourd’hui ni dans les années à venir, ce contact physique. Le digital est une première étape, mais pas une fin en soi. On a besoin d’être en contact avec les autres. C’est primordial.

Alexis Thiebaut : Journaliste
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