Crise sanitaire : Le marché français de l’hôtellerie continue de susciter l’intérêt des investisseurs !

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Après un an de crise Covid, heureusement, en France, les performances hôtelières résistent mieux que chez nos voisins européens et les investisseurs continuent de montrer un intérêt particulièrement marqué pour le secteur. L’analyse de Bruno Juin, Directeur Senior Hôtels de CBRE France.

Plus d’un an après le début de la crise de la Covid-19, il est l’heure de faire le bilan du marché français de l’hôtellerie qui a connu la plus forte contraction dans l’histoire récente et sur lequel l’impact de la pandémie mondiale continue d’être important. Si les performances hôtelières ont reculé dans tous les pays européens, la France résiste mieux et les investisseurs continuent de montrer un intérêt particulièrement marqué pour le secteur. En fonction de l’état d’avancement de la campagne vaccinale et compte tenu des conséquences socio-économiques, un retour à un niveau égal à celui d’avant pandémie n’est pas attendu avant 2024, même si le rebond pourrait s’enclencher à très court terme, dès les mesures de restriction levées. Une analyse commentée par Bruno Juin, Directeur Senior Hôtels de CBRE France.

Après plusieurs années de croissance, 2020 a été un point de retournement pour le marché français

En 2019, la France avait enregistré un chiffre record de 215 millions de nuitées. Un rebond initié dès 2016 à la suite des attaques terroristes et qui illustre la résilience et la capacité forte de rebond du marché français qui a enregistré une croissance cumulé supérieure à 8,5% sur la période 2016-2019. 

« Si les statistiques de 2019 montrent que la France est restée l’une des premières destinations touristiques, le pays n’a pas non plus été à épargné par la pandémie qui s’est déclenché au 1er trimestre 2020. En effet, la récession économique mondiale a eu un impact significatif en 2020, et l’industrie hôtelière française ne montre aucun signe de reprise rapide », déclare Bruno Juin.

En 2020, les nuitées ont plongé à 90 millions, représentant une baisse de 58,1% sur un an. La baisse des visiteurs internationaux a eu un impact particulièrement fort sur Paris et la Côte d’Azur, marchés traditionnellement fortement dépendants de la clientèle internationale et d’affaires. Entre les confinements, la clientèle domestique et de loisirs (notamment du littoral) a été le principal moteur de la performance des hôtels en France et les marchés régionaux ont été les plus dynamiques. Les segments de marché entrée et milieu de gamme ont su tirer leurs épingles du jeu contrairement à l’hôtellerie haut de gamme.

Des investisseurs en quête d’opportunités

En Europe, de 2016 et 2019, la part de l’hôtellerie dans l’investissement total en immobilier commercial a augmenté, en raison de performances opérationnelles solides. En 2020, la crise de la Covid a engendré une baisse significative des investissements (9,4 Mds € soit une baisse de 66% vs 2019) qui résulte plus d’un manque d’offres sur le marché, d’un resserrement des conditions de crédit et d’un delta important dans les attentes de prix entre vendeurs et acheteurs que d’une désaffectation des investisseurs.

La France a plutôt mieux résisté que les autres marchés avec 1,1 Md € d’investissement, soit une baisse de 57% devant le Royaume-Uni et l’Allemagne (-60%) et l’Italie (-69%). Le secteur conserve un intérêt marqué pour une large gamme d’investisseurs à la recherche de diversification et des levées de fonds significatives ont été réalisées en Europe en 2020 pour cibler toute opportunité sur ce marché. « Le ralentissement de l’activité s’est accompagné d’une baisse similaire des investissements hôteliers en France sur un an. Alors qu’un attentisme prolongé aurait pu être le scénario privilégié, nous avons été rassurés par les nombreuses marques d’intérêts de la part d’investisseurs « cash-rich » n’ayant peu ou pas recours à la dette», ajoute Bruno Juin.

Compte tenu des perspectives opérationnelles à court et moyen terme et d’un accès plus cher et complexe à la dette, les valeurs vénales devraient rester inférieures en 2021 à celles de 2019. Cependant, cette décote variera en fonction des caractéristiques et de la typologie de l’actif.

« Malgré les efforts du gouvernement, il est peu probable que les conditions de financement s’améliorent rapidement. Nombre d’investisseurs, qui jugeaient la classe d’actifs trop chère, sont amenés à y revenir, à la vue de la baisse des performances opérationnelles et de l’impact sur les valeurs, alors que les fondamentaux à long terme restent inchangés. Mais surtout nous sommes à la veille de changements majeurs dans le secteur qui peuvent rebattre les cartes», précise Bruno Juin.

Paris reste l’une des destinations les plus attractives au monde

Si les performances hôtelières de Paris ont plongé, la ville bénéficie toujours d’une économie diversifiée et reste l’une des destinations les plus attractives au monde, comme en témoigne sa forte résistance historique aux ralentissements par rapport à d’autres destinations moins établies. La capitale française ne souffrira pas d’un excès d’offre grâce aux événements majeurs qui s’y dérouleront dans les années à venir.

Le marché de l’hôtellerie français a de beaux jours devant lui 

En 2021, nous prévoyons donc une reprise, à des degrés variables, des performances opérationnelles, une plus grande digitalisation et automatisation, une évolution des structures d’exploitation s’adaptant au nouvel environnement. 

« La forte attractivité du marché français couplée à sa résilience reconnue continuera à stimuler l’intérêt des investisseurs dans les mois à venir. Les processus de vente actuels prouvent que la France reste dans le peloton de tête des intentions d’investissement, notamment via des transactions exceptionnelles qui sont sur le point de se conclure. Les investisseurs rechercheront des opportunités value-add, profitant de l’amélioration des performances opérationnelles», conclut Bruno Juin.

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