Immobilier : La santé du marché menacée…

Si l’immobilier a affiché une bonne forme depuis le début de la crise sanitaire, des signes de faiblesse apparaissent … Le Professeur Bernard Thion décrypte la tendance du marché immobilier issue d’une enquête nationale réalisée en novembre auprès d’études notariales.

Immobilier en danger

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Quelques manifestations laissent penser que les ventes pourraient se dégrader et les prix reculer comme nous le révèle le panel de notaires qui contribue à élaborer cette tendance.

L’activité : des ventes en petite forme !

En dépit d’annonces optimistes et souvent médiatisées sur la bonne tenue du marché immobilier, cette nouvelle enquête laisse quelque peu dubitatif sur son évolution en fin d’année. Les dernières nouvelles sur la lutte contre l’expansion du virus Covid19 confortent, en outre, l’impression d’un environnement peu propice à une bonne reprise de l’activité immobilière. Après un automne grisâtre, on entame non sans une certaine frilosité le début de l’hiver. La baisse de volume a touché 29 % de nos correspondants, 27 % d’entre eux l’ayant anticipée deux mois plus tôt, alors que la proportion de ceux qui continuent à voir s’améliorer leur activité s’effrite doucement, passant de 25 % à 23 %. Le retournement de tendance s’affirme donc d’un mois sur l’autre. 

Les prévisions pour la fin de l’année plongent de nouveau tout comme ce fut le cas l’an passé. Le solde des opinions qui mesure l’écart entre ceux qui prévoient une activité en progression et ceux qui estiment son déclin passe ainsi de -0,15 à -0,29 contre -0,27 l’an passé à la même échéance. On peut espérer cependant que la reprise se fasse dès les fêtes passées comme ce fut alors le cas.

Des prix fragilisés …

Cette confirmation d’un retournement de tendance se traduit par des délais de vente plus longs et des prix beaucoup plus négociables. D’une manière générale, dans toutes les grandes villes les prix sont à la baisse. En revanche, dans les zones rurales et dans les secteurs péri-urbains, la demande est toujours présente, les acheteurs demeurant plus nombreux que les vendeurs. Sur l’ensemble du territoire et suivant l’indice Notaires-INSEE, cette augmentation a été proche de 5 % pour ces douze derniers mois, mais avec une inversion de tendance entre communes rurales et villes moyennes d’une part et grandes métropoles.

Pour décembre, la proportion de notaires prévoyant la poursuite de la hausse diminue donc très légèrement de 21 % à 20 % tandis que celle prévoyant leur baisse bondit de 4 % à 26 %. Pour les terrains, le repli est aussi net, ceux prévoyant une hausse diminuant de près de moitié (15 % contre 32 %) et ceux prévoyant une baisse augmentant de 7 % à 17 %. Seul l’immobilier commercial pourrait connaître quelques améliorations, la période des fêtes étant toujours propice a une activité débordante.

Le conseil des notaires : La vente prescrite en priorité

À plus long terme, la prudence s’impose. Tant que les taux d’intérêt demeurent à un niveau très faible, les prix de l’immobilier devraient se maintenir. Mais les augmentations qui s’annoncent dans tous les secteurs de l’économie, tant sur le prix des matières premières que sur les salaires entraîneront inévitablement une reprise de l’inflation et donc une hausse des taux d’intérêt toujours néfaste au marché immobilier. Il est donc logique qu’au niveau des logements, la part des conseils de vente en premier suivie d’un achat atteigne 68 % alors que l’autre option, celle de l’achat en premier se réduise de 47 % à 29 %. Pour les terrains, les conséquences de l’augmentation des taux d’intérêt étant moins perceptibles, les deux options sont plus équilibrées, d’autant que celle de l’attente atteint 12 %.

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