L’immobilier parisien serait-il en panne d’attractivité ?

Et si Paris avait perdu de son attractivité au profit de la province ? Le point avec les chiffres du Baromètre LPI-SeLoger.

Paris

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Dans la capitale, les prix des logements augmentent moins rapidement qu’auparavant. Sur les 3 derniers mois, ils reculent même de 2,1 %. Et si Paris avait perdu de son attractivité au profit de la province ? 

« Il semblerait que les Franciliens ont envie d’ailleurs, commente Séverine Amate, Porte-parle du Groupe SeLoger. Selon le dernier Observatoire du Moral Immobilier SeLoger, l’Île-de-France devient de moins en moins attractive : fin 2021, seuls 18 % des acquéreurs souhaitaient s’y installer, soit une baisse de 5 points par rapport à février 2020 ».

À Paris, le prix immobilier recule de 2,1 % sur 3 mois

Avec un mètre carré qui dépasse les 11 000 € dans 14 arrondissements, les prix des logements parisiens sont sans commune mesure avec les prix constatés dans les autres métropoles de l’hexagone. Toutefois, à la lecture des données du Baromètre LPI-SeLoger, on constate que le rythme de croissance des prix de vente tend à ralentir dans la capitale. Alors que la hausse annuelle atteignait 8,7 % en janvier, elle n’est plus que de 8,2 % en février. Et ce n’est pas tout !

Voilà que le prix immobilier à Paris s’oriente à la baisse sur les 3 derniers mois. Sur cette période, le prix moyen affiché recule de 1,3 % et le prix signé (c’est-à-dire le prix relevé au moment de la signature du compromis de vente, NdlR) baisse même de 2,1 %. Cette tendance baissière des prix pourrait bien accompagner le recul que connaît la demande en Île-de-France : sur les 3 derniers mois, l’activité y recule de 15,4 % dans la région.

S’il est clairement prématuré de dire que le Grand Paris a perdu de son attractivité au profit d’une province redynamisée, on ne peut s’empêcher de remarquer que les autres grandes villes françaises ne sont pas sur la même dynamique que La Ville Lumière, bien au contraire. Ainsi, dans 31 % des villes de plus de 50 000 habitants, l’augmentation des prix de vente dépasse 10 %. Dans 11 % d’entre elles, la hausse des prix va même au-delà des 15 %. Parmi les villes de plus de 100 000 habitants, l’augmentation est la plus rapide sur Angers (+ 17,4 % sur un an), où le rythme de la hausse ne ralentit pas depuis près de 18 mois. Tours lui suce la roue avec une hausse de 17,5 % sur un an, hausse dont le rythme s’accélère depuis l’été. Nous sommes donc loin de la hausse (à un seul chiffre !) de 8,2 % constatée à Paris.

Les prix en hausse de plus de 10 % dans 8 arrondissements

Selon les chiffres du Baromètre LPI-SeLoger, les prix de vente poursuivent leur hausse dans la quasi-totalité des arrondissements parisiens. Les prix augmentent ainsi dans 19 arrondissements sur les 20 que compte la capitale. Seul le 1er arrondissement (rue des Bons Enfants, quai des Orfèvres, Avenue Victoria) voit ses prix reculer sur 1 an (- 1,9 % / 12 606 €/m²). La hausse dépasse même 10 % dans 8 arrondissements. C’est dans le 2e arrondissement (rue d’Aboukir, passage Basfour, rue Étienne Marcel) que les prix augmentent le plus, avec une hausse de 17,3 % sur 1 an. Ils s’élèvent désormais à 12 118 €/m². Suit le 5e arrondissement (rue Amyot, rue Basse-des-Carnes, rue Jacques-Henri Lartigues) où les prix ont augmenté de 17,1 % pour atteindre 13 877 €/m². Et c’est le 10e arrondissement qui complète le tableau avec une hausse annuelle de 15,9 %. Le prix au mètre carré dans le 10e arrondissement de Paris avoisine désormais 10 811 €.

Les 8 arrondissements où les prix m² au augmentent le plus

Le prix du m² est inférieur à 10 000 € dans seulement 3 arrondissements : le 13e (9 723 €), le 19e (9 639 €) et le 20e (9 386 €).

Il semblerait que les Franciliens ont envie d'ailleurs. Selon le dernier Observatoire du Moral Immobilier SeLoger, l’Île-de-France devient de moins en moins attractive : fin 2021, seuls 18 % des acquéreurs souhaitaient s’y installer, soit une baisse de 5 points par rapport à février 2020.
Séverine Amate, Porte-parole du Groupe SeLoger