Immobilier : « Vous avez un projet ? Ne tardez pas, le temps joue contre vous ! », Brice Cardi

Brice Cardi est l’invité de Mon Podcast Immo. Au micro d’Ariane Artinian, le président de l’Adresse fait le point sur le ralentissement du marché immobilier.

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Brice Cardi, président du réseau coopératif l’Adresse, est l’invité Mon Podcast Immo d’Ariane Artinian. Fort de plus de 300 agences immobilières sur l’ensemble du territoire, Brice Cardi fait le point sur le marché immobilier dans un contexte de baisse des prix, d’augmentation des taux d’intérêt et de délais de ventes qui s’allongent. Extraits choisis.

Mon Podcast Immo : Comment se porte le marché de l’immobilier ?

Brice Cardi : Nous sommes en train de revenir à un certain équilibre, avec le retour à la négociation. Depuis la sortie du dernier confinement, nous n’avions jamais connu autant de disparités dans le comportement du marché : entre les grandes villes et l’hyper centre des grandes villes et les petites et moyennes villes qui enregistrent un exode urbain sans précédent. Aujourd’hui, nous avons, d’un côté, un marché très dynamique avec une rareté de l’offre, et, de l’autre des délais qui s’allongent et mécaniquement des prix qui baissent.

Mon Podcast Immo : Concrètement où observez-vous la baisse des prix ?

Brice Cardi : Le mécanisme démarre là où les prix ont le plus augmenté. Par exemple, à Paris, qui est un indicateur pour le baromètre des prix, le prix moyen est repassé sous la barre des 10 000 euros, ou à Montreuil qui fait partie des villes ayant connu les plus grosses augmentations ces trois ou quatre dernières années et où l’on observe des délais qui s’allongent et des prix qui se négocient à la baisse depuis plus de douze mois. D’une façon générale, le bien qui résiste encore est la maison individuelle bien isolée, de moins de 10 ans. En revanche, pour un projet de vente d’un bien de type familial, dans un immeuble collectif relativement ancien, sans terrasse ni balcon, il ne faut pas trop tarder.

Mon Podcast Immo : Ce qui est paradoxal, c’est que les prix résistent malgré la situation internationale…

Brice Cardi : Si on regarde juste la partie macro, on constate qu’au niveau national les volumes sont encore présents avec près de 1,2 million de vente et que les prix sont en hausse. Mais dans le détail, en fonction des régions, des villes et des secteurs, l’offre devient de plus en plus importante, les délais augmentent et les prix baissent.

Mon Podcast Immo : À combien peut-on espérer négocier ?

Brice Cardi : Tout dépend bien sûr du type de bien comme nous l’avons vu. Et, élément important, ça dépend aussi de sa performance énergétique. Depuis que le DPE est passé d’informatif à opposable, un bien qui a une étiquette négative est devenu un vrai sujet pour un acheteur qu’il soit investisseur, primo- ou secundo-accédant. Peut-être plus qu’une démarche environnementale collective, je pense que la préoccupation est surtout d’ordre financier.

Mon Podcast Immo : Que dites-vous aux vendeurs de passoires thermiques ?

Brice Cardi : Le message que je voudrais faire passer est que le temps ne joue pas en leur faveur. Nous avons une démarche très motivante de la part de nos gouvernants qui encourage l’amélioration du confort thermique des logements, notamment avec MaPrimeRenov’ cumulable avec d’autres dispositifs. Dans trois ou quatre ans, on pourra dire que les bons élèves ont su s’y mettre. Aujourd’hui, il faut s’occuper des personnes qui n’ont pas bien compris qu’il faut améliorer les choses, sous peine de sanctions. Nous, professionnels de l’immobilier, nous nous devons d’informer, d’inciter nos clients et pourquoi pas de se substituer à eux pour pouvoir engager les démarches dans le bon timing.

Mon Podcast Immo : Et pour acheter ?

Brice Cardi : Dans un marché d’opportunités, les professionnels de l’immobilier ont la capacité de faire entendre aux acquéreurs que le mécanisme de la baisse des prix ne se fait pas forcément par rapport à la volonté de négocier suite à l’inflation et au contexte géopolitique que l’on traverse. C’est tout simplement un mécanisme qui est très simple : quand on emprunte à des très taux compétitifs et bas, ça profite aux vendeurs, et à partir du moment où les taux augmentent, ça profite aux banques. Les prix qui baissent, c’est la face visible de l’iceberg, le coût du crédit qui augmente, c’est la face cachée. Les mensualités sont plus importantes tout comme le coût global de l’acquisition. À L’Adresse, nous avons d’ailleurs développé un mécanisme automatisé  – avant, aujourd’hui, demain – qui en fait la démonstration.

Mon Podcast Immo : Est-ce le meilleur moment pour se lancer dans l’immobilier aujourd’hui ?

Brice Cardi : C’est le bon moment. Beaucoup de nos collaborateurs qui sont là depuis quatre ou cinq ans n’ont connu qu’un marché ultra dynamique. Quelqu’un qui rentre aujourd’hui va pouvoir faire son métier pleinement tant auprès du vendeur que de l’acquéreur. Et surtout donner du temps à nos clients pour les rassurer dans une phase où le moral des Français s’est inversé dans le contexte actuel. Et aussi de pouvoir les faire bénéficier de tout l’écosystème qui tourne autour d’un acteur : réseau pour faire des travaux, réseau pour être accompagné dans le courtage en crédit, etc…

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