Chine : Les prix de l’immobilier accusent une chute inédite depuis 2015

Les prix des logements neufs en Chine ont reculé en octobre, le plus important repli depuis sept ans, selon des chiffres officiels publiés mercredi, sur fond de ralentissement économique et de crise de l’immobilier.

Immobilier Chine

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Ce secteur a longtemps été le moteur à la croissance, galvanisé par la hausse du niveau de vie des Chinois et une frénésie d’achats, dans un pays où l’acquisition d’un bien immobilier est souvent un prérequis au mariage.

Les incertitudes liées au Covid-19, qui pénalisent l’activité et in fine pèsent sur le revenu des ménages, refroidissent cependant les acheteurs, au moment où de nombreux groupes immobiliers en Chine sont en difficulté financière.

Résultat, les prix des logements neufs se sont contractés en octobre de 1,6% sur an, selon des calculs réalisés à partir des chiffres du Bureau national des statistiques (BNS).

Il s’agit du repli le plus important depuis août 2015 de cet indicateur qui agrège la moyenne des prix dans 70 villes de Chine.

Signe d’une conjoncture difficile: en octobre, les prix dans l’immobilier s’affichaient en baisse dans 58 villes sur 70 par rapport au mois précédent – contre 54 en septembre.

Les grandes métropoles de Pékin et Shanghai font figure d’exception et ont encore vu leur prix progresser le mois dernier.

Face à cette crise de l’immobilier, les autorités ont pris la semaine dernière des mesures de soutien. Révélées par la presse chinoise lundi, elles comprennent un soutien au crédit pour les promoteurs en bonne santé financière.

Elles prévoient par ailleurs pour les groupes endettés un prolongement des échéances pour le remboursement de leurs prêts.

L’immobilier et la construction, qui avaient servi de moteur à la reprise post-pandémie en 2020, pèsent plus du quart du PIB de la Chine.

Pour réduire l’endettement du secteur, Pékin avait durci depuis 2020 les conditions d’accès au crédit pour les promoteurs.

Nombre de groupes se retrouvent de ce fait à court de liquidités, dont l’ex-numéro un du secteur Evergrande.

Faute d’argent, certains groupes ont mis fin à leurs travaux ces derniers mois.

Et un nombre croissant de propriétaires furieux ont refusé d’honorer leurs mensualités, au risque d’aggraver davantage la crise et les défauts de paiement.