Immobilier : le groupe Adler de nouveau épinglé pour une erreur massive dans le bilan

Le superviseur allemand du secteur financier Bafin a fait état jeudi de nouvelles erreurs massives au bilan 2019 du géant de l’immobilier allemand Adler dans la tourmente après des accusations de fraude.

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Le superviseur allemand du secteur financier Bafin a fait état jeudi de nouvelles erreurs massives au bilan 2019 du géant de l’immobilier allemand Adler dans la tourmente après des accusations de fraude.

Trois erreurs manifestes ont été constatées faisant que « le total du bilan consolidé a été surévalué de 3,9 milliards d’euros et le résultat net de 543 millions d’euros », a déclaré la Bafin dans un communiqué.

La holding du groupe Adler, sise au Luxembourg, a annoncé jeudi qu’elle ferait appel des conclusions du superviseur.

Un erreur comptable de plus de 200 millions d’euros

En août, la Bafin avait déjà pointé une erreur comptable de taille autour d’un projet immobilier surévalué de plus de 200 millions d’euros.

Le superviseur peut décider de transmettre le dossier à la justice pénale qui a déjà été saisie d’autres volets des comptes du groupe Adler. Ce dernier possède un important parc de biens locatifs en Allemagne.

Il y a un an, une note au vitriol publiée par Viceroy Research, une société américaine qui mène des enquêtes indépendantes sur des pratiques douteuses de la part des grandes entreprises, avait accusé Adler d’être « un foyer de fraude, de tromperie et de fausses déclarations financières ».

Le nouveau cas épinglé par le Bafin porte sur « la consolidation d’ADO Properties S.A. », qui a donné naissance en 2020 au groupe Adler.

Cette consolidation, une pratique encadrée visant à regrouper les comptes d’un groupe d’entreprises selon le degré de contrôle de l’une sur l’autre, « n’était pas légale », selon le communiqué de la Bafin.

La participation indirecte de 33,25% d’Adler Real Estate AG dans ADO Properties à fin 2019 « n’était pas suffisante » pour intégrer cette filiale dans les comptes du groupe, explique la Bafin.

Adler est de son côté « fermement convaincu » que cette participation indirecte représente une majorité de contrôle au vu de « la participation habituelle à l’assemblée générale » chez Ado Properties.

La Bafin accuse en outre Adler d’une information insuffisante sur les risques associés à une évaluation incorrecte du contrôle d’Ado Properties.

La Bafin est habilitée depuis janvier à contrôler directement les comptes jugés suspects de certaines entreprises.

C’est la conséquence de la faillite frauduleurse de la fintech Wirecard précipitée par un trou de près de 2 milliards dans sa comptabilité, sans que la Bafin ni les auditeurs de l’époque ne s’en rendent compte.

A la Bourse de Francfort, le titre Adler Group SA était stable, à 1,63 euro, en ayant perdu environ 95% depuis les premières accusations de fraude.