Immobilier neuf : Tout va mal, ne changez rien !

Selon l’Observatoire du logement neuf de la FPI, le début de l’année 2024 est encore pire que la fin 2023. La baisse des ventes totales de logements neufs du 1er trimestre est toujours à deux chiffres (-15,4%).

grue a l'arret sur un chantier de construction pour illustrer la crise de l'immobilier neuf

© adobestock

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Depuis 2009, la FPI a développé son propre outil de suivi de la conjoncture du marché national des logements neufs. Elle publie les résultats de l’Observatoire du logement neuf au 1er trimestre 2024.

Si ça continue, il n’y aura bientôt plus d’offre

Les chiffres de la construction au 1er trimestre 2024 sont historiquement bas sur tous les segments de logements. Rien dans les chiffres publiés par le Ministère ne suggère de véritable éclaircie. Le niveau des autorisations de logements collectifs, 40 600 ce trimestre, demeure extrêmement bas, alors qu’entre 2015 et 2018, le volume trimestriel moyen représentait 59 600 logements collectifs.

Par ailleurs, les mises en chantier de logements collectifs baissent encore et toujours, de 23% ce 1er trimestre. Ainsi, seulement 26 100 logements ont été commencés.

Le début de l’année 2024 est encore pire que la fin 2023. La baisse des ventes totales de logements neufs du T1 2024 est toujours à deux chiffres (-15,4%). Pour la deuxième fois en 6 mois, un trimestre passe sous les 20 000 logements vendus.

Pour Pascal Boulanger, Président de la FPI France : « Compte tenu de la disparition progressive de l’offre, tout retour de la demande sera tué dans l’œuf, faute de logements adéquats aux besoins des ménages (en type, en lieu, en prix). L’avenir risque d’être encore plus sombre qu’il ne l’est actuellement ».

La demande n’est même pas soutenue par le programme de rachat lancé il y a un an

La crise actuelle est double, avec à la fois une baisse de la demande (en dépit des besoins de logements en zones tendues) et une crise de l’offre durable.

Malgré une légère amélioration des conditions de financement, les ventes aux propriétaires occupants continuent de baisser ( -19,9% sur le trimestre). Dans le même temps, les ventes aux investisseurs particuliers chutent de plus d’un tiers.

Globalement, les réservations nettes des particuliers baissent de 26,8%. Les ventes en bloc augmentent de 29,4%, en raison du programme de rachat en bloc de CDC Habitat et Action Logement. En volume, et sur le temps long, les ventes en bloc ne compenseront pas la chute des ventes aux particuliers.

« Au regard de la réglementation, de la fiscalité et de la rareté des autorisations de construire, les prix des logements neufs ne baisseront pas. Une réduction significative des taux d’intérêt ou la mise en œuvre de nouveaux dispositifs fiscaux seront nécessaires pour resolvabiliser la demande. Il faut d’abord relancer la demande pour ensuite relancer l’offre et non l’inverse comme l’État souhaite le faire. Nous vivons une crise majeure du logement. Le gouvernement ne s’approprie pas les solutions non coûteuses que j’avance, avec d’autres, depuis deux ans. Déni, désinvolture, cynisme ? Les Français jugeront », conclut Pour Pascal Boulanger.

Par MySweetImmo