Savez-vous qui était André Pux ?

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Une crise du logement après la seconde guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale a partiellement ou totalement détruit deux millions de logements en France, soit un cinquième du parc immobilier existant. Mais en s’en tenant à ce seul nombre, on sous-estimerait les énormes et urgents besoins de reconstruction de la fin des années 1940. Car, outre qu’il fallait reconstruire les logements détruits, il fallait aussi remédier à un habitat souvent vétuste et surpeuplé.

Or, bien qu’un ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme fut institué en 1944, seulement 200 000 logements sortirent de terre entre la fin de la guerre et 1950. La pénurie de logements ne fit donc que s’aggraver vingt bonnes années durant, parce que, parmi toutes les urgences de la reconstruction, il fallait aussi remettre le pays en route, c’est-à-dire l’appareil productif et, naturellement, pour sortir la France de la misère, cette urgence-là était prioritaire.

La Seconde Guerre mondiale entraîna une très forte croissance économique dont tous les Français profitèrent et, dans cette période d’optimisme et de confiance en l’avenir, la population marqua son goût pour l’habitat individuel.
Dès 1947, l’Institut national d’études démographiques (Ined) publia une étude de grande ampleur intitulée Désirs des Français en matière d’habitation urbaine. La grande majorité des personnes interrogées manifestèrent leur désir d’être propriétaires d’une maison avec un jardin.

La renaissance de la maison individuelle

André Pux fonda en juillet 1945 la Société des Maisons Phénix, en s’inspirant de la méthode américaine des home builders. Ce procédé industriel consiste à produire des maisons individuelles en recourant à des éléments préfabriqués en grande série en usine. Ensuite, ces différentes parties préfabriquées sont montées sur place par des techniciens à moindre coût. André Pux recourra au béton et à l’acier pour lancer ses modèles.

André Pux dirigea les Maisons Phénix durant 30 ans

À l’origine, l’objectif était de reconstruire les logements détruits par la guerre, d’où l’appellation de Phénix, la maison qui renaît de ses cendres. D’une centaine de maisons construites dans les années 1950, Maisons Phénix en construira 20 000 en 1979 (Claude Thibaut, Histoire/histoires de la propriété immobilière, Document éditions Résidence, 1997). André Pux resta à la tête des Maisons Phénix durant trente ans. La profession des constructeurs de maisons individuelles va se structurer en donnant naissance en 1961 au Syndicat national des constructeurs de Maisons Individuelles (SMI) dont le premier président sera André Pux. Le SMI laissera place à l’Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles (UNCMI) en 1984. L’UNCMI, devenue l’Union des Maisons Françaises (UMF) fusionnera en 2016 avec l’Union des Constructeurs de la Fédération Française du Bâtiment (UCI-FFB) et prendra pour nom Les Constructeurs et Aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB), aujourd’hui première organisation représentative de la construction immobilière en France. Elle est actuellement présidée par Patrick Vandromme, Président Directeur Général du Groupe Maisons France Confort.

Par ailleurs en 1949, un certain Robert Leroy créa le Groupe Maison familiale (GMF), structure associative tentant de proposer la construction de maisons individuelles à prix bas.

70.000 « Chalandonnettes » crées entre 1969 et 1972 pour répondre aux besoins d’après guerre

De son côté, l’Etat encouragea aussi l’émergence des pavillons réalisés par les acteurs privés. En 1969, le ministre de l’Equipement et du Logement, Albin Chalandon organisa ainsi le Concours International de la Maison Individuelle pour faire émerger une offre en quantité importante de maisons pour les classes populaires : les « Chalandonnettes ».

Même si sur la période 1969-1972, on estime que 70 000 maisons furent construites, ces « Chalandonnettes » ne connurent pas le succès escompté par les pouvoirs publics. Deux raisons à cet échec relatif : la qualité de construction et de conception était discutable et ces maisons construites côte à côte s’apparentaient de bien trop près à de grands ensembles.

Cette volonté de promotion de la maison individuelle s’inscrivait dans le sillage d’une tendance qui avait déjà émergé bien avant la Seconde Guerre mondiale, grâce notamment à deux textes législatifs : la loi Siegfried de 1894 accordait une aide aux sociétés de construction philanthropiques et en particulier en faveur de la maison individuelle ; quant à la loi Loucheur de 1928, elle prévoyait de faire émerger en cinq ans 100 000 petits propriétaires par financement de l’Etat.

L’habitat participatif avant l’heure

Parallèlement, d’autres initiatives se développèrent. Citons le mouvement des Castors qui apparut en 1948. Les Castors, comme leur nom l’indique, était un mouvement coopératif d’auto-construction qui reposait sur l’apport travail. Ses membres, des particuliers, unissent leurs forces pour franchir eux-mêmes toutes les étapes nécessaires à la construction de leur propre logement : conception des plans, assainissement du terrain, construction. Cette initiative, qui peut sembler utopique, prit sa source dans l’insuffisance des initiatives publiques pour doper la reconstruction et favoriser la construction à moindre coût.

Les premières réalisations importantes des Castors se trouvent en Aquitaine, la cité des Alouettes à Pessac près de Bordeaux (1948) et la cité Saint-Amand à Bayonne (1951).

Les Castors se fédérèrent en 1951 en une Union Nationale des Castors (UNC), dont l’objectif était de « coordonner l’activité des Castors, c’est-à-dire de ceux qui, en dehors de leur activité professionnelle normale, travaillent à la construction de leur logement ». Le premier dirigeant de l’UNC fut Michel Anselme. Enquête après enquête, année après année, le désir des Français de posséder leur propre maison individuelle s’est toujours confirmé.

© SweetRédaction