Comment purifier l’air de nos intérieurs ?

Détergents, peintures, parfums… sans le savoir, de nombreux produits du quotidien polluent l’air intérieur de nos logements, le rendant parfois plus nocif que l’air extérieur.

C’est une étude de l’administration nationale américaine de l’atmosphère et des océans qui nous l’apprend. L’air intérieur de nos maisons et appartements est souvent dix fois plus pollué que l’air extérieur. Publiée en février dernier dans la revue « Science », l’enquête met en cause des produits du quotidien comme les détergents, les peintures, les lotions, les parfums ou encore l’encre des imprimantes. Des produits dérivés du pétrole et qui génèrent, sans qu’on ne le remarque, d’importantes émissions toxiques ayant des conséquences sur la santé des individus : « S’il y a 20 ans, le professionnel de santé n’y songeait presque jamais, depuis, il a pris conscience des méfaits de la qualité de l’air intérieur. Maux de tête récurrents, excès de fatigue, irritation des yeux, du nez, de la gorge et de la peau, vertiges, asthme, ces symptômes ne surgissent pas de nulle part et peuvent trouver une explication toute rationnelle dans l’environnement immédiat, le logement ou le lieu de travail », écrit Yannick Ainouche, PDG du réseau de diagnostic immobilier EX’IM et administrateur du bailleur 3F Immobilière Nord-Artois dans son ouvrage Demain nos logements et autres lieux de vie.

En effet, nous passons 85 % de notre temps dans un bâtiment clos. Or, d’après une étude de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, on retrouve près de 31 substances nocives dans les produits de décoration et d’ameublement jugés cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques.

Prévenir avant de n’avoir à guérir

Mais comment savoir si son environnement est pollué ? Tout d’abord, vous pouvez réaliser depuis votre ordinateur ou votre smartphone un petit test conçu par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie nommé « un bon air chez moi ». Ce dernier vous donnera le degré de pollution de vos intérieurs tout en délivrant quelques conseils pour améliorer la qualité de l’air. Il est également possible de recourir à des kits de mesure de la pollution de l’air intérieur pour une dizaine d’euros. Toutefois, comme le précise Yannick Ainouche, aucun modèle de référence pour ces kits n’existe à ce jour : « Le marché n’est absolument pas réglementé, on trouve de tout et aussi n’importe quoi. L’UFC-Que Choisir a déjà mis en garde par le passé contre le manque de pertinence de certains kits en raison de seuils de détection trop indulgents. »

La pollution de l’air intérieur n’est pas une fatalité. Quelques bonnes méthodes à mettre en place régulièrement suffisent. Tout d’abord, limiter les sources de pollutions intérieures comme le tabac, les émanations des feux des cheminées ouvertes ou encore les bougies et l’encens. Pour l’ameublement, il est bon de se référer à l’étiquetage des produits qui prend en compte la pollution de l’air intérieur. Il est également nécessaire d’aérer régulièrement son logement, entre dix et quinze minutes par jour. Enfin, ne pas oublier de nettoyer ses équipements de VMC et la chaudière, le cas échéant.

© Ludovic Clerima