En Californie, une ruine carbonisée vendue plus de 650 000 euros

Une « maison » ravagée par les flammes et les 540 mètres carré de terrain adjacents ont trouvé preneur dans la ville de San José. La proximité des géants d’internet pourrait expliquer ce prix.

Tout bon agent immobilier aimerait probablement relever le défi : comment rédiger une annonce alléchante pour mettre en valeur une maison pareille ? Une ossature en bois, ravagée par les flammes, avec un trou béant dans le toit… Une ruine inhabitable dans la ville californienne de San José, mais qui a pourtant trouvé preneur pour au moins 677 000 euros.

Plusieurs acheteurs ont fait monter les prix

Début avril, lorsque l’agent immobilier a posté son annonce sur les réseaux sociaux, la presse américaine s’est emparée du sujet : de nombreux habitants historiques de ce quartier de San José s’indignaient d’un prix qu’ils jugeaient indécent, tandis que la professionnelle en charge de la vente estimait au contraire qu’il n’était pas excessif.

L’histoire lui a donné raison, puisque plusieurs acheteurs se sont manifestés. On ignore finalement le montant exact de la transaction, mais les journaux locaux indiquent que toutes les offres étaient supérieures aux 800 000 dollars demandés.

San José, berceau du futur Google Village

Outre que San José se trouve déjà en pleine Silicon Valley, la ville a récemment signé un projet de grande ampleur avec Google. L’entreprise a désormais le droit d’y fonder son « Google Village », futur centre de recherches et d’innovations de 557 000 mètres carré.

Or, les ingénieurs de la firme perçoivent en moyenne 4 700 euros par mois, d’après le site spécialisé Glassdoor. Une telle concentration de hauts salaires permet donc d’expliquer le prix de la demeure pourtant en ruine ; et plus généralement la hausse faramineuse des prix de l’immobilier dans le comté de Santa Clara.

L’agent immobilier, elle, se défend, en précisant que les 540 mètres de carré de terrain constructible justifient le prix d’achat. À 1253 euros le mètre carré, San José reste encore huit fois moins onéreuse que Paris.

© Édouard du Penhoat