Manifestation pour le droit au logement…en gilets jaunes au Congrès de la FNAIM

Une trentaine de manifestants pour le droit au logement ont tenté d’interpeller les professionnels de l’immobilier lors du Congrès FNAIM 2018.

Leurs cris ont retenti d’un coup à l’intérieur du congrès au Carrousel du Louvre. Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, venait de terminer son discours. Il devait partir au plus vite rejoindre Emmanuel Macron, qui lui-même devait s’exprimer pour la programmation pluriannuelle de l’énergie. A l’intérieur du Carrousel du Louvre, on sent dans l’air un mélange de tension et d’incompréhension. Les portes se ferment. Visiteurs comme exposants se retrouvent cloîtrés dans les allées du salon des professionnels de l’immobilier. Dehors, ils sont une trentaine, gilets jaunes sur le dos, à hurler « Droit au logement », ou encore « le HLM c’est super ».

Aujourd’hui, il y a une colère !

« Aujourd’hui il y a une colère » martèle Jean-Baptiste Eyrault, porte-parole de l’association Droit au Logement. Quand MySweetImmo lui demande pourquoi les manifestants se sont rassemblés ici, il répond sans sourciller : « On est là pour rappeler aux professionnels de l’immobilier que c’est la crise du logement, que souvent des agents de la FNAIM louent des taudis ou des logements indécents ». Plus largement, les manifestants se sont rassemblés pour dénoncer la loi ELAN, qui selon eux, précarise les locataires. Comme un écho au mouvement des gilets jaunes, dont la protestation contre la hausse des taxes sur le carburant dure depuis plus de trois semaines, Jean-Baptiste Eyrault répond : « Aujourd’hui la population française consacre jusqu’à 60% de ses revenus au logement, et certain n’ont même plus d’argent pour mettre du gasoil dans la bagnole ». Face aux portes qui se ferment devant eux, le porte-parole se désole. « La FNAIM veut pas discuter avec les mal-logés, ça ne les intéresse pas ». Les manifestants sont restés près d’une heure, mégaphone et pancartes à la main. Mais ils finissent par repartir bredouilles. Le petit groupe en uniforme fluo finit par quitter les lieux. « Ca c’est les couleurs du DAL, on a toujours eu ça » dit Jean-Baptiste Eyrault, en montrant son gilet jaune. Convergence des luttes vous avez dit ?

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