« Adapter la construction des logements aux nouveaux usages », Jean-Michel Wilmotte, architecte

Jean-Michel Wilmotte, architecte fondateur de Wilmotte et Associés, est passé par le micro d’Edouard du Penhoat lors du forum Global Cities Makers. Il explique les changements vécus par la profession d’architecte, avec l’émergence des métropoles de demain.

Imaginer la métropole de demain passe évidemment par imaginer son allure, ses formes et ses composantes. Qui de mieux qu’un architecte (et pas n’importe lequel !) pour raconter à quoi va ressembler la Global City ? Jean-Michel Wilmotte, du cabinet d’architecture Wilmotte & Associés, participait à une conférence du premier forum Global Cities Makers, qui s’est tenu à la Chambre de Commerce et d’Industrie, les 14 et 15 février 2019 à Paris. Pour cet éminent architecte, urbaniste et designer français, la problématique de la métropole de demain fait partie du quotidien. En effet, la ville de demain doit répondre aux différentes aspirations de ses habitants, dont la première est, comme son nom l’indique, habiter, se loger.

S’adapter aux changements

Jean-Michel Wilmotte travaille dans la conception de logements et de bureaux. Selon lui, le changement de paradigme s’est fait petit à petit, surtout au cours des dix dernières années. « On  nous donnait des grilles de dimension d’appartements qui n’étaient pas pas du tout acceptables, on demandait même d’avoir des logements assez traditionnels puisque il fallait une entrée, des couloirs… », explique-t-il ,  « finalement c’est de l’espace qui ne sert à rien donc on a commencé à déstructurer ces logements complètement ». Jean-Michel Wilmotte cite l’exemple de sa participation à la construction de la Station F, cet immense campus de start-ups du XIIIe arrondissement de Paris inauguré en 2017 et créé par Xavier Niel : « là on était vraiment noyés au coeur de la nouvelle énergie au coeur de ce qu’allait devenir le bureau », or selon lui, le logement suit l’évolution du bureau. Cette évolution, ce sont des espaces « plus libres, plus souples et (…) à surface variable ».

Flexibilité et réversibilité

« Un jour ça peut être trois étages de bureaux, puis on met deux étages en logement, puis on va garder un bureau en co-working, explique le designer. Ce sont des nouvelles donnes  que nous n’avions pas auparavant et ces nouveaux usages sont fantastiques parce que grâce à cela on va pouvoir faire de nouvelles architectures ». Jean-Michel Wilmotte parle de nouvelles manières de construire l’immobilier commercial. « Il y a de grands magasins aujourd’hui qui veulent avoir de tout petits espaces juste pour leur image puisque après les gens commandent sur internet » précise-t-il. Etre flexible, s’adapter au monde de demain, aux nouvelles façons de consommer, c’est l’aspect passionnant de son métier : « on écoute les besoins et on les traduit avec notre vocabulaire dans l’espace, c’est ça notre travail ». Jean-Michel Wilmotte cite de nouveau l’exemple de la Station F : « Jamais je n’aurais imaginé  dans ma vie que je ferai un jour 1000 start-ups  sous le même toit, dans trente cinq mille mètres carrés, pour 3000 jeunes qui développent des nouvelles entreprises…c’est ça qui m’a fait prendre conscience qu’il y avait un tournant générationnel ». Un tournant qu’il ne faut pas refuser d’emprunter selon l’architecte.

© Andreane Meslard