Grèce : « Ce n’est pas tourisme ou immobilier, les deux vont ensemble ! », Gregoris Stergioulis

Gregoris Stergioulis, Président directeur général de « Greece Invest & Trade », est passé par le micro de MySweetImmo après le colloque consacré aux opportunités immobilières en Grèce organisé par l’ambassade de Grèce en France et la Chambre de Commerce et d’Industrie France Grèce en partenariat avec MySweet’immo.

Il y a un choix à faire entre investir dans le tourisme en Grèce, et investir dans l’immobilier, un équilibre doit en tout cas être trouvé. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que les infrastructures dédiées au tourisme en Grèce ne suivent pas suffisamment les besoins. C’est pourquoi il nous en faut plus, plus d’infrastructures, plus d’hôtels, plus que des hôtels même et surtout des lieux durables. Dans le même temps, l’immobilier est une opportunité, car les prix sont bas. D’ailleurs certaines parties de la Grèce se développent à une allure impressionnante, grâce tant à l’immobilier qu’au tourisme. Les investissements menés par Costco ont véritablement changé la donne sur place. Et toutes les installations, de bureaux, d’enseignes, nécessitent des bâtiments. C’est pourquoi je ne dirais pas tourisme ou immobilier, car les deux vont ensemble.

Nous avons entendu lors ce colloque que la Grèce ce n’était pas que la mer et l’histoire. Sur quels autres atouts pouvez-vous appuyer pour faire venir en Grèce ?

Eh bien, vous êtes français, vous pouvez me dire ce que les français attendent. Partout où je me rends l’été, je peux voir des français : ils sont aventuriers, tous ne désirent pas la même chose mais ils peuvent tout de même nous apprendre plein de choses. Certes, c’est une approche totalement différente, si nous avons une approche globale, les attraits de la Grèce ce n’est pas seulement son histoire, sa culture, la mer, les montagnes, la gastronomie, c’est tout. D’ailleurs et cela va sûrement vous surprendre mais la région avec le plus de touristes en Grèce n’est pas là où sont les îles et la mer, c’est Tricala. Tricala est une région située au centre du pays. C’est là que se trouvent tous les monastères des Météores. C’est une surprise car je ne pensais pas que les monastères pouvaient attirer tant de touristes.

Les monastères des Météores, sont aujourd’hui encore pour certains, en activité.

Est-ce que c’est un phénomène qui change avec les années ?

Ca change forcément un peu puisque les arrivées de touristes viennent de plus en plus de partout. Les allemands et les russes par exemple, viennent pour voir les monastères et pas pour les îles. Les touristes qui viennent de France veulent plus d’aventures, ils vont faire de la voile, ou alors ils recherchent la gastronomie. En effet, il y a de plus en plus de nos produits qui s’exportent partout dans le monde. Il faut dire que nous avons des produits de grande qualité, de la cuisine méditerranéenne, du vin, du raki, etc. Nous en sommes très fiers, et tout le monde doit connaître ces produits. Le mois dernier je me suis rendu à New-York pour un évènement sur la nourriture, et à ma grande surprise, tous les exposants voulaient tout savoir à propos du yaourt grec, du miel grec et du fromage grec. Ce n’est pas quelque chose qui se serait produit il y a quelques années. Concernant la culture, si on a l’impression de tout connaître, il y a encore plein d’éléments qui sont encore trop méconnus. Du coup en sachant cela, il faut pouvoir rediriger les millions de touristes qui viennent chez nous. Il faut qu’ils apprennent à connaître notre pays, notre culture, notre histoire, nos habitants et leur manière de vivre.Beaucoup de gens viennent en Grèce, puis reviennent et reviennent encore

Est-ce que vous les dirigez aussi car le tourisme de masse peut faire du mal aux populations en Grèce ?

Il est vrai qu’il y a un seuil touristique qui peut rendre les choses très complexes, il y a une ligne à ne pas franchir. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous savons que nous avons un fort taux de retours, c’est à dire que beaucoup de gens viennent en Grèce, puis reviennent et reviennent encore. Et c’est parce que le pays est vaste, rien que pour les îles, nous en avons à peu près 6 000 ! Nous avons des montagnes, les montagnes de l’Olympe, nous avons un tourisme d’hiver car c’est possible de skier. Plus précisément, rediriger les visiteurs, c’est faire en sorte qu’ils aiment ce qu’ils font. Ce qui est nouveau, c’est que beaucoup de gens veulent maintenant acheter des maisons. L’an dernier j’étais dans le sud du Péloponnèse, il y a un village là-bas qui est occupé en entier par des allemands. Tout est en allemand là-bas, ils vivent telle une grande communauté. Vous savez, en Grèce vous pouvez vivre uniquement de Watermelon, ce qui n’est pas possible dans beaucoup de pays du monde. Les hivers sont doux, vraiment faciles à vivre, les gens sont sympathiques, cosmopolites. D’ailleurs la Grèce est cosmopolite, par son histoire, il ne faut pas l’oublier.

© Andreane Meslard