Immobilier post-confinement : la revanche des petites et des moyennes villes

Choisy le Roi

Les petites et moyennes villes seront-elles les grandes gagnantes de la crise du Covid-19 ? Celle que certains surnomment – non sans condescendance – la « France périphérique » tient-elle là sa revanche ? Tout le laisse à penser selon une enquête dévoilée par SeLoger.

La banalisation du télétravail nous donnerait-elle des envies d’espace ? Au sortir du confinement, il semblerait que les Français soient de plus en plus nombreux à s’interroger sur leurs logements. Car si l’on n’a plus l’obligation de se rendre tous les jours sur son lieu de travail, pourquoi se contenter d’un appartement exigu dans une métropole alors qu’à quelques dizaines de minutes de transport, et pour le même prix, on pourrait s’offrir une maison avec un jardin et/ou une pièce en plus pour pouvoir télé-travailler ?

Ce bouleversement de l’ordre des priorités des acquéreurs pourrait-il conduire à que soient rebattues les cartes du marché de l’immobilier hexagonal ? Est-on en train d’assister à la revanche de la France périphérique ? C’est ce que laisse à penser une récente enquête de SeLoger

Choisy-le-Roi capitalise sur le désir d’espace des Parisiens

Claquemurés dans leurs appartements pendant deux mois qui leur parurent interminables, les Parisiens sont, plus que jamais, en manque d’espace ! Rien d’étonnant, donc, à ce que les recherches immobilières qu’ils effectuent aient évolué car celles-ci s’étendent, de plus en plus, bien au-delà du périphérique, là où l’herbe est plus verte, la verdure plus présente et les prix au m² moins élevés.

Il ressort ainsi de l’enquête SeLoger que dans la toute proche (20 minutes en voiture la séparent de la capitale) Choisy-le-roi, les maisons sont largement plus recherchées qu’elles ne l’étaient auparavant. Jugez plutôt, en analysant les recherches immobilières ciblées sur cette commune du Val-de-Marne, nous avons découvert que l’occurrence du terme « maison » avait bondi de 25 % par rapport à l’année dernière. Ce regain d’attractivité pour les maisons choisyennes peut notamment s’expliquer par le gain d’espace dont le prix immobilier à Choisy-le-Roi permet à un acheteur parisien de profiter car en quittant la Ville-Lumière pour Choisy, il triplera la superficie de son logement ! Enfin, l’enquête nous apprend qu’en retraçant les contours du marché immobilier francilien, le Covid-19 a mis un coup de projecteur sur des villes comme Alfortville et Gennevilliers qui permettent aux Parisiens intra-muros de gagner respectivement, en termes de mètres carrés, 114 % et 152 %.

« La période d’isolement, à laquelle ont été soumis les Français, a impacté leurs recherches immobilières, souligne Séverine Amate, Porte-Parole du groupe SeLoger. L’audience de nos sites révèle ainsi que le type de biens recherché et leur localisation ont évolué. Plus de recherches ont été effectuées en province qu’avant le confinement. En Bretagne, le taux de consultation des annonces a bondi de 17 % à mi-avril. On constate également une appétence accentuée pour les maisons qui concentrent les 2/3 des recherches contre la moitié avant la crise et cela dans l’ancien comme dans le neuf ».

Givors, Ambarès-et-Lagrave, Saint-Herblain… des villes où il fait bon vivre et télé-travailler !

Il n’y a pas que le marché de l’immobilier francilien dont les cartes semblent avoir été rebattues par le Covid-19. Selon l’enquête, la province fait, elle aussi, l’objet d’un rééquilibrage du marché immobilier. Car métropolisation de l’économie oblige, après avoir littéralement siphonné les villes en périphérie de leurs habitants, voilà que les métropoles commencent à manquer d’arguments pour convaincre les citadins de résister aux sirènes de la campagne. Sont ainsi mises à l’honneur, dans le marché immobilier post-confinement, des villes comme :

  • Ambarès-et-Lagrave (à ½ heure de Bordeaux mais où un Bordelais pourra s’acheter, pour 251 000 €, 35 m² supplémentaires),
  • Saint-Herblain (à 23 min de Nantes / 41 % de gain en superficie),
  • Ronchin (à 13 min en voiture de Lille / 75 % de gain),
  • Givors (à 26 min de Lyon / 155 % de gain),
  • Marignane (à 24 min de Marseille / 19 % de gain, soit 15 m² en plus),
  • La Trinité (à ¼ d’heure de Nice / 60 % de gain),
  • Bruz (25 min de Rennes / 42 % de gain),
  • Castelginest (½ heure de Toulouse / 30 % de gain),
  • Hoenheim (14 min de Strasbourg / 73 % de gain).

Bon à savoir : 251 000 € : le prix moyen d’un logement en France, dans l’ancien (Source : LPI-SeLoger).

Le nombre de recherches sur le mot-clé « maison » a explosé !

Entre l’intention que l’on a de faire quelque chose et le passage à l’acte, il existe parfois un décalage. Lorsque l’on consulte une annonce immobilière, cela peut être sans intention d’acheter mais seulement pour se tenir informé des prix du marché, s’imaginer un autre cadre de vie ou s’évader de son quotidien. Toujours est-il qu’en ce moment, les maisons semblent exercer une réelle fascination sur les internautes français, que ceux-ci se contentent de « flâner » sur les pages d’annonces des portails ou qu’ils recherchent activement un bien. En effet, par rapport à 2019, la présence du terme  « maison » dans les recherches immobilières effectuées sur nos sites a augmenté de :

  • 55 % à Gennevilliers (près de Paris)
  • 54 % à Hoenheim (près de Strasbourg)
  • 52 % à Chantepie (près de Rennes)
  • 37 % à Saint-Herblain (près de Nantes)
  • 36 % à Écully (près de Lyon)
  • 28 % à La Trinité (près de Nice)
  • 22 % à Ronchin (près de Lille)
  • 20 % à Floirac (près de Bordeaux)
  • 19 % à Castelginest (près de Toulouse)

« Je me bats pour qu’au-delà des métropoles, on fasse des villes de taille moyenne de vrais pôles de centralité, indique Julien Denormandie, Ministre chargé du Logement . Notre programme Action Coeur de Ville vise justement à revitaliser ces villes de quelques dizaines de milliers d’habitants qui ont parfois été délaissées; à redynamiser ces coeurs de ville qui périclitent, où les commerces de proximité ferment les uns après les autres et où les logements se dégradent. Mais la période que l’on vient de vivre nous fait nous interroger sur l’aménagement du territoire. Or ce que l’on constate depuis que les visites ont repris, c’est une très forte appétence pour des territoires qui, en termes d’immobilier, ne jouissaient pas d’autant d’attractivité avant la crise. Et le télétravail y est pour beaucoup. Aujourd’hui, on se rend compte que de nouveaux modèles sociétaux sont possibles. Et cela aura un impact sur l’aménagement du territoire ».

 

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