« Les Français anticipent un durcissement de conditions de crédit immobilier », Ludovic Huzieux (Artémis Courtage)

Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage est l’invité d’Alexis Thiebaut.

Mon Podcast Immo continue de s’intéresser aux conséquences de la crise du covid19 sur le secteur de l’immobilier.
En ce début de dé-confinement, l’activité est-elle en train de repartir ? Quelles sont les perspectives pour le marché du crédit immobilier dans les prochaines semaines ? Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage nous apporte son éclairage au micro d’Alexis Thiebaut.

L’activité repart très progressivement

On est sorti du confinement depuis ce lundi 11 mai, mais depuis déjà la fin du mois d’avril nous avions noté que la plus grande partie des établissements bancaires acceptaient d’étudier de nouveaux projets. Des nouveaux projets qui avaient été initiés avant le confinement et qui n’ont pas pu être financés en raison de la crise sanitaire. Ces projets-là sont repartis et nous avons aussi de nouveaux appels pour de nouveaux projets, de nouvelles demandes de cotations, de calcul d’enveloppes, de simulation de crédit immobilier, pour des projets qui sont qui sont à mûrir, qui démarrent puisque les agences immobilières étaient elles aussi à l’arrêt. Tous les maillons de la chaîne transactionnelle étaient à l’arrêt. Donc il faut aussi rentrer de nouveaux mandats, avoir de nouveaux biens à faire visiter pour que ces nouveaux projets se concrétisent.

En tout cas, depuis une dizaine de jours et même une semaine avant la fin du confinement, on a senti que ça frémissait, qu’il y avait de plus en plus de demandes. C’est à croiser avec les banques qui ont également repris une activité, et donc l’étude et l’analyse de nouveaux dossiers. En effet, ces banques ont été elles aussi confinées avec des équipes réduites. Elles se sont focalisées sur les urgences, à savoir traiter les dossiers qui étaient sur le point d’aboutir et ont mis de côté pas mal de dossiers pendants pendant deux mois. Aujourd’hui tous les maillons de la chaîne sont rouverts et on s’aperçoit qu’on commence à retravailler.

Les souhaits des Français ont évolué en matière de logement

Nous avons publié, avec OpinionWay, une étude réalisée les 13 et 14 avril. On s’est aperçu qu’il y avait des rêves de changement de logement, des rêves de d’espaces verts, des rêves d’éloignement des grandes villes, des zones urbaines. Les plus urbains des interrogés ont une vraie volonté d’avoir accès à un espace extérieur, un jardin, une terrasse… C’est notamment une volonté très forte chez les 25-34 ans, puisque sur cette tranche d’âge, un quart des interrogés qui ont émis le souhait d’avoir un espace extérieur. C’est aussi un souhait très présent à Paris et en Ile-de-France, où les espaces sont plus petits et où le confinement a probablement été moins bien vécu que dans des petites villes ou dans des zones plus rurales.

Les Français craignent que les conditions d’obtention de crédit se durcissent

Une très grande majorité de Français anticipent des difficultés d’obtention des crédits immobiliers, notamment à cause des conditions d’octroi et des conditions de sélection. Huit français sur dix anticipent des conditions plus drastiques. Ils s’attendent aussi à une augmentation des taux de crédit immobilier et savent que les délais vont être allongés.

Côté, taux de crédit immobilier peut leur donner raison, puisqu’on constate une hausse comprise selon les établissements bancaires, entre 0,15 et 0,50% selon les différentes durées de crédit. Une augmentation qui laisse les taux sur des terrains très bas mais qui sont quand même plus importants qu’avant le début du confinement.

Sur les conditions d’octroi, on va vite le savoir : il y a effectivement des signaux. Avant le confinement, une recommandation du Haut Conseil de stabilité financière demandait aux banques de prêter majoritairement sur des dossiers endettés à 33% et sur des durées n’excédant pas 25 ans.

Le confinement chez Artémis Courtage

Nous avons traversé cette période comme tout le monde, c’est à dire confiné, travaillant à distance. Nous avons eu une activité très ralentie car les dossiers qu’on avait initiés avant le confinement ont été gérés dans l’urgence. En revanche, les nouvelles affaires n’existaient plus. À partir du 17 mars, le marché s’est mis en pause.

Ça a été aussi l’occasion de mettre en place ou de redécouvrir des outils qui nous ont permis de télé-travailler, de garder le contact avec tous les chaînons de la transaction, c’est à dire les notaires, les agents immobiliers, les clients emprunteurs et évidemment, les assurances, pour pouvoir continuer à dispenser du conseil.

Depuis lundi, nous avons rouvert progressivement et partiellement nos bureaux à travers toute la France, en horaires décalés et exclusivement sur rendez-vous. Nous avons mis en place des règles de sécurité sanitaire pour le bien de nos collaborateurs et pour le bien de nos clients. On envoie un petit guide par mail avant chaque rendez-vous pour expliquer dans quelles conditions se déroulera le rendez-vous.

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